Auguste_Ernest_Mathieu

Le 19 décembre 1887, le serrurier Charles Auguste Mathieu se rend à la mairie d’Épinal pour venir  y déclarer la naissance d’Auguste Ernest, né le jour même, dans son appartement situé au numéro six de la place Guilgot. La mère, Marie Duroch est une femme âgée de 25 ans. Elle n’exerce pas de profession. Charles Auguste qui n’est pas encore marié avec Marie se reconnaît comme étant le père d’Auguste Ernest.

Aucune information connue sur l’enfance et l’adolescence d’Auguste Ernest n’a pu traverser le temps. Nous savons simplement qu’il a eu une sœur, Lucie Louise, qui est née en 1889.

La fiche signalétique et des services de cet homme est consultable sur le site des archives départementales d’Épinal. Hélas, comme pour beaucoup de Vosgiens, il n’y a pas d’informations concernant son parcours militaire. En dehors de son état civil, cette fiche nous indique simplement qu’il est inscrit sous le numéro 398 du canton d’Épinal et qu’il a été classé dans la 1ère partie de la liste en 1908. Ce futur soldat était donc en parfaite santé au moment où il est passé devant le conseil de révision.

Nous apprenons également qu’Auguste Ernest exerce le métier d’artisan coloriste et que son degré d’instruction est de niveau 3.

Peu avant d’effectuer ses obligations militaires, il épouse une Spinalienne nommée Julie Apoline Besancene le 27 juin 1908. De cette union naitront deux filles, Georgette et Juliette. La première voit le jour en 1911, la seconde en 1913.

Une fois la conscription terminée, il retourne à la vie civile. En dehors des périodes d’exercices obligatoires, il aurait pu se croire définitivement débarrassé de l’obligation de porter l’uniforme. Mais l’avenir proche va en décider tout autrement. En août 1914, Auguste Ernest Mathieu doit rejoindre la caserne Courcy. Il est réserviste. En tant que tel, il y a de fortes probabilités pour qu’il ait rejoint le régiment qui se trouve dans le secteur de Vanémont, le 4 août 1914, avec le 2e échelon.

Auguste Ernest est maintenant inscrit dans les effectifs de la 6e compagnie du 149e R.I. sous les ordres du capitaine François.

Le soldat Mathieu ne survivra pas à l’été 1914, il est tué le 21 août au cours des combats qui se déroulent au nord d’Abreschviller.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés au cours de cette journée, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante.

Carte__journee_du_21_aout_1914

Le nom de cet homme est inscrit, avec 19 autres de ses camarades de compagnie, dans la liste des disparus du régiment pour cette journée.

Ce n’est que le 24 novembre 1920 que le tribunal d’Épinal officialise la date de son décès.

Le soldat Mathieu repose actuellement dans une sépulture individuelle du cimetière national mixte de Plaine-de-Walsch. Sa tombe porte le n°4.

Sepulture_Auguste_Ernest_Mathieu

Auguste Ernest Mathieu a été décoré de la Médaille militaire à titre posthume.

« Soldat courageux et dévoué. Tombé glorieusement au champ d’honneur, le 21 août 1914 à Abreschviller. Croix de guerre avec étoile de bronze. »

Son nom est gravé sur le monument aux morts de la ville d’Épinal.

Monument_aux_morts_d_Epinal_Auguste_Ernest_Mathieu

L'histoire à partir de 1914 sans Auguste Ernest nous est connue grâce à la mémoire familiale. Julie Apoline, l’épouse d’Auguste Ernest décède en 1919. Les petites Georgette et Juliette, alors âgées de 8 et 6 ans, sont aussitôt confiées aux religieuses de la doctrine chrétienne d’Épinal qui n’ont fait aucune recherche pour que ces petites orphelines puissent faire leur deuil.

Ce n’est qu’en 2016 que le petit fils d’Ernest Auguste à découvert la sépulture de son grand-père. Sa mère, pupille de la Nation, a cherché toute sa vie à en savoir plus. À chaque demande effectuée, il lui était répondu : « Votre père a été porté disparu ».

Sources

La fiche signalétique et des services et l’acte de naissance de cet homme ont été consultés sur le site des archives départementales des Vosges.

Le portrait et la plupart des informations concernant le soldat Mathieu ont été fournis par son petit-fils, M. Saleck.

La photographie de la sépulture d’Ernest Mathieu a été réalisée par M. Saleck.

La photographie du monument aux morts de la ville d’Épinal a été réalisée par J. N. Deprez.

Journal officiel de la République française du 16 mai 1922 (volume 2)  lu sur le site « Gallica ».

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à J.N. Deprez, à M. Porcher, à M. Saleck, à la famille descendante d’Auguste Ernest Mathieu, au Service Historique de la Défense de Vincennes et aux archives départementales des Vosges.