06 mai 2016

Petite correspondance rédigée à Seigneulles.

Gaston_de_Chomereau_petite_correspondance

Les témoignages et les récits des batailles focalisent le plus souvent l’attention du lecteur sur les activités militaires du soldat. Pourtant, les correspondances montrent régulièrement que le contact épistolaire permettait aux hommes de conserver un lien fort avec l’arrière, avec la famille. Les nouvelles du « pays », les nouvelles de la famille, les activités professionnelles, le lien n’était pas rompu. Y compris pour apprendre le décès de membres de la famille ou de l’entourage. Y compris dans les épisodes paroxystiques pour le régiment.

Début mars 1916, le 149e R.I. cantonne dans la petite commune de Seigneulles qui se trouve dans le département de la Meuse.

Nous sommes dans une période très anxiogène pour les hommes. Ils savent qu’ils ne vont pas tarder à remonter en ligne pour aller combattre dans le secteur de Verdun où les Allemands ont déclenché une vaste offensive depuis le 21 février. Personne ne sait vraiment ce qui les attend. Le bruit court que les combats sont terribles. Dans cette période un peu chaotique, le capitaine Gaston de Chomereau de Saint-André, qui vient apprendre le décès d’un membre de sa famille, prend le temps de rédiger une petite carte à sa cousine.

« Aux armées 5 mars 1916,

Ma chère cousine,

J’apprends aujourd’hui le grand malheur qui vous frappe et veux vous dire la part bien vive et sincère prise à votre chagrin et la peine personnelle éprouvée dans le deuil qui nous atteint. Je sais, hélas, la douleur ressentie en pareil cas et je joins mes prières aux vôtres…

Pardonnez la brièveté de cette carte, mais je suis dans un coin terriblement agité depuis quelques jours et veuillez, je vous prie, ma chère cousine, agréer avec l’hommage de mon plus profond respect, l'expression de ma sympathie bien attristée et affectueuse.

G. de Chomereau »

Petite_correspondance

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi et à T. de Chomereau.

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13 mai 2016

Le commandant Gaston de Chomereau de Saint-André quitte le 149e R.I...

Photo_de_groupe

Cette photographie a été réalisée le 11 avril 1918 sur la commune vosgienne de Corcieux. Le 149e R.I. est installé dans ce secteur depuis le 7  avril, il y restera une dizaine de jours. Le commandant Gaston de Chomereau de Saint-André quitte le régiment le lendemain de la prise de ce cliché pour aller pendre le commandement du 48e B.C.P..

Tous les officiers du 1er bataillon du 149e R.I. représentés ici sont identifiés.

De gauche à droite : le Lieutenant Lesserteur, le capitaine Liétout, le lieutenant Alexandre de Parseval, le lieutenant Joseph Bihr, le Capitaine Pierre Quinot, le commandant Gaston de Chomereau de Saint-André, le sous-lieutenant Jean Loubignac, le médecin sous-aide major Raymond Bonnefous, le lieutenant Paul Bloch, le lieutenant René Boudène et le sous-lieutenant Robert.

Pour en savoir plus sur le capitaine Alexandre de Parseval, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Alexandre_de_Parseval

Pour en savoir plus sur le lieutenant Joseph Bihr, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Joseph_Bihr

Pour en savoir plus sur le commandant Gaston de Chomereau de Saint-André, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Capitaine_de_Chomereau

Pour en savoir plus sur le médecin sous-aide major Raymond Bonnefous, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Raymond_Bonnefous_janvier_1918

Pour en savoir plus sur le lieutenant Paul Bloch, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Paul_Bloch

Pour en savoir plus sur le lieutenant Gabriel René Boudène, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Gabriel_Ren__Boud_ne

Cette photographie fait partie de la collection personnelle de N. Bauer.

Un grand merci à N. Bauer.

 

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20 mai 2016

Une longue retraite pour la C.H.R. du 149e R.I..

Girecourt_sur_Durbion

Tous mes remerciements à D. Browarsky et à T. Cornet qui me permettent de retranscrire sur ce blog le passage suivant du témoignage de Louis Cretin qui a été à la C.H.R. du 149e R.I. du début à la fin du conflit.

Le 22 août, la retraite continue. Un dirigeable allemand vient d’être abattu près de la frontière. Nous passons à Badonviller puis à Pexonne. Finalement, nous atteignons Raon-l’Étape après avoir fait au moins 50 km de repli depuis deux jours. Le service de brancardiers est impossible à assurer. Tout homme blessé, qui ne peut pas continuer, tombe fatalement entre les mains des Allemands. Plusieurs tentatives sont faites pour enrayer la poursuite. Sur les hauteurs de Neuf-Maisons, nous ne sommes pas parvenus à les arrêter. Nous continuons à battre en retraite en direction du col de la Chipotte. Nous arrivons le 24 au soir au village de Saint-Benoît. Nous sommes sans ravitaillement depuis quatre jours. Nous sommes exténués, les jambes sont raides. Les bretelles du sac nous scient les épaules et, toujours, toujours, quand nous croyons prendre quelques repos, les obus allemands nous harcèlent et nous poursuivent. Nous devenons des machines inconscientes.

Les civils se sauvent devant l’invasion, le spectacle est angoissant…

Le 25 août, l’avance allemande est maintenue sur les hauteurs boisées du col de la Chipotte. Notre régiment se bat sans arrêt dans le secteur et dans les environs de Ménil-sur-Belvitte. Les pertes sont grandes.

Le 28, le service de santé vient, en partie, se reposer aux casernements de Rambervillers. Dans la nuit, les Allemands marmitent le quartier. Nous sommes obligés de déménager en vitesse.

Le 30, je reçois la première lettre de chez nous. Celle-ci me rassure. J’étais inquiet en voyant mon pays occupé par les Allemands après notre retraite. Heureusement que le 7e C.A. a réussi à maintenir les Allemands sur les hauteurs de Thann. Tranquillisé de ce côté-là, je reprends courage.

Chaque fois que cela est possible, nous relevons nos blessés, mais nous ne pouvons pas le faire à découvert, car l’ennemi nous tire dessus.

La bataille est toujours aussi acharnée au cours des derniers jours du mois d’août, mais, maintenant, nous tenons nos positions. Les Allemands sont définitivement arrêtés.

Le 1er septembre, des officiers d’un autre corps viennent reconnaître le secteur. Le 2 septembre, le régiment est relevé. Il vient cantonner à Girecourt-sur-Durbion. Le 3, nous reformons les compagnies et nous nous reposons. Dans la nuit du 4, nous partons embarquer à Darnieulles où nous faisons l’embarquement des voitures.

Le 21e C.A. quitte les Vosges pour une destination que l’on ignore. Le grand quartier général savait la valeur de nos hommes et voulait nous employer utilement. Les nouvelles commencent à transpirer. Nous apprenons avec effroi que les troupes allemandes, après avoir envahi la Belgique et nous avoir défaits à Charleroi, s‘approchent de Paris.

Référence bibliographique :

Témoignage de Louis Cretin.

Un grand merci à M. Bordes,  à D. Browarsky et à T. Cornet.

 

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27 mai 2016

Verdun… Retour en première ligne.

Fort_de_Tavannes

Le 149e R.I. est installé à Dugny depuis le 26 mars 1916. Les corvées et les travaux en tout genre sont le lot quotidien des hommes. Ici, personne ne se plaint vraiment, le secteur est considéré comme calme en comparaison avec ce qui se passe sur la ligne de front située à une petite poignée de kilomètres !

Mais cette situation ne va pas durer…

Le général de Boissoudy, chef de la 43e D.I., transmet un ordre écrit au responsable de la 85e brigade. Ce document atteste qu’une grande partie de ces troupes va devoir se tenir prête à remonter en 1ère ligne.

Le 1er et le 3e bataillon du 149e R.I., qui ont dû se rendre à Belrupt, arrivent dans ce village, tôt dans la matinée du 30 mars 1916. Ils sont accompagnés de deux compagnies de mitrailleuses du régiment.

Le 2e bataillon est resté à Dugny avec la 3e compagnie de mitrailleuses qui est rattachée à la brigade.

Le bataillon du commandant Magagnosc et celui du capitaine de Chomereau de Saint-André, officier qui vient tout juste de remplacer le commandant de Witkowski, reçoivent l’ordre de quitter Belrupt à la tombée de la nuit.

La plupart de ces hommes connaissent bien le secteur qu’ils vont devoir occuper. Ils retrouvent, tout simplement, les positions quittées quelques jours plus tôt.

Carte_1

Legende_carte_1_journee_du_30_mars_1916

Le gros du 10e B.C.P. et le 3e bataillon du 149e R.I. sont désignés pour aller s’installer dans les premières lignes.

Deux compagnies du 3e B.C.P. constituent la réserve de brigade avec deux compagnies du 10e B.C.P.. Le 1er bataillon du 149e R.I assure la réserve de division avec deux compagnies du 31e B.C.P..

Le 3e bataillon du 149e R.I. quitte Belrupt vers 19 h 00. Le témoignage laissé par le capitaine de Chomereau de Saint André nous donne le parcours suivi par ses compagnies.

« Le bataillon passe par les casernes Chevert, le Cabaret, la voie ferrée et le tunnel »

Le témoignage du mitrailleur Paul Portier nous indique celui qui est utilisé par la 1ère compagnie de mitrailleuse et probablement par celui du 1er bataillon du 149e R.I..

« Nous devons relever, dans la nuit du 30 au 31 mars le 159e R.I.. À 19 h 00, les mouvements de relève commencent. Nous nous dirigeons d’une façon générale, sur la ferme de Bellevue, en passant par la haie Houry, le Tillat et nous prenons ensuite le boyau qui conduit au tunnel de Tavannes… »

Ce parcours ne semble pas être tout à fait celui qui est emprunté par le 3e bataillon. Les informations données dans le J.M.O. de la 85e brigade ne sont pas suffisamment détaillées pour permettre une certitude absolue concernant les déplacements effectués.

Les fantassins du 149e R.I. sont rejoints en cours de route par les compagnies de chasseurs qui ont également reçu l’ordre de remonter en ligne.

Carte_2_journee_du_30_mars_1916

Legende_carte_2_journee_du_30_mars_1916

Ces éléments de la 85e brigade doivent se présenter à la sortie est du tunnel de Tavannes.

Selon les ordres reçus, la tête du 10e B.C.P. doit atteindre le tunnel vers 22 h 00, celle du 3e bataillon du 149e R.I. doit arriver vers 23 h 00. Des guides les attendent. La tête des compagnies du 3e B.C.P. se présente vers minuit. Le 1er bataillon du 149e R.I. rejoint le fort de Tavannes vers 3 h 30.

Les horaires inscrits sur le papier ne seront pas respectés, la réalité sera tout autre !…

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. de la 88e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 521/4.

J.M.O. de la 93e Brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 523/3.

J.M.O. de la 139e Brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 533/3.

J.M.O. du 42e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 827/8.

J.M.O. du 57e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 831/3.

J.M.O. du 60e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 832/8.

J.M.O. du 75e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 661/5.

J.M.O. du 97e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 672/12.

J.M.O. du 159e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 701/1.

J.M.O. du 226e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 721/1.

J.M.O. du 269e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 733/9.

Les archives du Service Historique de la Défense ont été consultées.

Le fond de carte,qui aservi de support à la réalisation de la carte donnant les emplacements approximatifs des 70e et 77e D.I. provient du J.M.O. du groupement D.E. de la place de Verdun. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 70/7.

La carte dessinée du secteur de Verdun, qui peut se voir ici, a été réalisée simplement à partir des indications données dans les différents J.M.O. cités dans les sources. La marge d’erreur indiquant les positions des régiments des 70e et 77e D.I. risque d’être assez importante. Cette carte n’est donc là que pour se faire une idée approximative des lieux occupés par ces unités durant la journée du 30 mars 1916.

Un grand merci à N. Bauer, à M. Bordes, à A. Carobbi, à A. Orrière, à M. Porcher, et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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