01 avril 2016

Souvenirs de la bataille de Verdun de Paul Portier.

Temoignage Paul Portier

Je me propose de retranscrire ici la partie du témoignage de Paul Portier qui est consacrée à Verdun.

Je n’ai en ma possession que le volume dédié à l’année 1916. Je doute que son auteur se soit contenté de coucher sur le papier cette seule année de sa guerre.

Quoi qu’il en soit, le soin apporté à son travail montre toute l’importance et le poids qu’eurent pour lui ce conflit.

En mars 1916, le 149e R.I. va être engagé dans le secteur du fort de Vaux. Voici ce que cet homme raconte :

« Précipitamment, le 25 février 1916, nous faisons mouvement sur Auxi-le-Château où nous devons embarquer. Le temps est maussade et bientôt il neige. Nous ne connaissons rien sur la destination, mais celle-ci, d’après les bruits qui circulent, serait assez lointaine.

Le 26 février à 4 h 00, nous terminons les préparatifs d’embarquement et le train quitte la gare peu après. Le froid est devenu plus rigoureux et notre voyage devient, de ce fait, plus pénible. Enfin, le 27 à 8 h 00, nous débarquons dans la Marne à Saint-Eulien.

Carte_1_temoignage_Paul_Portier

Sans perdre de temps, nous nous mettons en marche pour Haironville, par la forêt des 3 Fontaines, Chancenay et Saudrupt. Nous cantonnons aux Forges d’Haironville.

Le 28 à 8 h 00, nous reprenons notre marche pour aller cantonner à Combles le 1er mars à Seigneulles.

Nous savons maintenant que les Allemands ont déclenché, sur Verdun, une attaque formidable et que notre corps d’armée est destiné à prendre contact assez rapidement. Nous restons en attente à Seigneulles jusqu’au 6 mars à 7 h 00, puis nous embarquons en autos pour nous rendre près de Verdun.

Le débarquement s’effectue sur la grande route, entre le fort du Regret et Verdun. Le régiment cantonne à Haudainville (E.M., C.H.R., 1er bataillon et 1ère C.M.R.) et dans les péniches amarrées sur le canal de l’est (2e et 3e bataillons et 2e et 3e C.M.R.).

Le 7 mars, conformément aux ordres reçus, la 85e brigade se porte, dans la soirée, en réserve de secteur, dans la zone « bois des Hospices et haie Houry ». Des emplacements de bivouac ont été retenus dans le bois des Hospices pour les unités du 149e R.I. qui s’y rendent dès 16 h 30. Elles empruntent la route d’Haudainville à Verdun, jusqu’au carrefour 800 m est des casernes Bevaux ; elles suivent ensuite les cotes 218 et 222, le cabaret ferme et la ferme Bellevue. Il fait très froid.

L’artillerie allemande déverse sur tout le secteur un déluge d’acier. Nous sentons que des heures douloureuses nous attendent. Les bruits qui circulent ne sont d’ailleurs guère de nature à relever le moral. Nous sommes las d’une attente prolongée où chaque minute ajoute encore à l’angoisse. Nous préférons, pour la plupart, entrer au plus vite dans cette danse macabre d’où, peut-être, nous ne reviendrons pas.

Malgré un barrage intense de l’artillerie lourde ennemie, sur la route et aux abords de la ferme Bellevue, nous parvenons sans trop de dégâts sur nos emplacements. Il n’existe ici aucun abri contre le bombardement qui continue d’être très violent.

Une certaine confusion semble régner et les ordres qui nous parviennent le reflètent bien. Il faut s’organiser. L’heure est grave et décisive. Les Allemands sont dans les parages du village de Vaux. Douaumont est tombé. L’artillerie qui fait rage risque de couper, ou, tout du moins, de rendre difficile les relations avec l’arrière.

En hâte, nous nous mettons au travail et nous creusons quelques tranchées sur nos emplacements.

Le 8 mars, le bombardement qui, le matin, avait quelque peu perdu de son intensité redouble dans la soirée.

Dans la nuit du 8 au 9, le 149e R.I. doit relever la 26e brigade sur les positions qu’elle occupe dans le secteur. En conséquence, dès 16 h 00, nous nous portons au bois de l’Hôpital, par la route Bellevue - fort de Souville.

Un avion allemand suit nos mouvements pour régler le tir de son artillerie. Nos pertes sont lourdes et nous sommes déprimés. Quel tableau d’horreur ! Des morts de tous les côtés, des blessés qui gémissent sans secours et les obus qui tombent toujours. Des sections sont complètement fauchées, quelle affreuse journée !

Au bois de l’Hôpital, un contre-ordre nous arrive. Les mouvements de relève sont suspendus. Nous devons rester à la disposition de la 26e brigade qui doit contre-attaquer sur Vaux-Douaumont. Nous restons toute la nuit en attente dans le bois. Ce n’est que le 9, vers 4 h 00, que nous nous mettons en marche dans la direction du fort de Souville. La route qui y conduit est très violemment bombardée. Les Allemands tirent des obus lacrymogènes, ce qui nous incommode très sérieusement.

À 5 h 00, nous sommes au fort de Souville dont l’entrée et les abords sont écrasés sous les obus. Nous reprenons haleine à l’abri sous les voûtes du fort, tandis qu’au-dehors, grondent sans cesse les pièces des batteries en position à proximité.

Nous attendons des ordres et de plus en plus nous devenons fiévreux. Nos nerfs sont tendus ; néanmoins, la journée s’achève dans les casemates du fort, au milieu des blessés. Nous devons monter au village de Vaux dans la nuit.

Le 10 mars, vers 3 h 00, nous quittons le fort et nous nous dirigeons par la route dans la direction du village de Vaux. La route n’est pas trop battue par l’artillerie, sauf au bois Chapitre et vers la voie ferrée où nous sommes accueillis par des rafales. Nous arrivons à Vaux en plein jour. Une mitrailleuse allemande balaye la route et il nous faut passer un à un en courant.

Carte 2 temoignage Paul Portier

Legende carte 2 temoignage Paul Portier

Nous nous arrêtons dans une maison en partie détruite où se trouvait installé le poste téléphonique de liaison. Les deux téléphonistes tués sont là, figés dans l’attitude où la mort les a surpris.

La première section place, dans un trou d’obus, à droite de la route et au sud du village, ses deux pièces. La 2e section met ses pièces en batterie, à droite de la route et à l’ouest de Vaux. Les 3e et 4e sections se tiennent en réserve dans une maison.

Le marmitage devient de plus en plus violent. Les pentes et le plateau de Vaux sont harcelés. Il faut s’attendre à une attaque à bref délai.

En effet, à la tombée de la nuit, elle se déclenche sur le plateau de Vaux. Elle cherche à nous déborder à notre droite. Nos pièces, qui étaient en batterie, ouvrent immédiatement un feu violent pendant que les deux sections de réserve viennent se joindre à nous.

L’artillerie française effectue un tir de barrage. Il est précis et dense, il décime les vagues d’assaut ennemies. Ajoutant encore au carnage, les artilleurs allemands tirent trop court. Ils massacrent leurs propres troupes.

À 20 h 00, la 4e section et une pièce de la 3e vont relever, à la barricade établie au milieu du village, les mitrailleurs du 409e R.I..

Pendant la nuit du 10 au 11, les Allemands lancent plusieurs attaques en essayant de progresser dans le village. Nous les repoussons vigoureusement, à la grenade et à la mitrailleuse.

Au cours d’une de ces attaques, l’ennemi a mis le feu à une maison à 40 mètres en avant de la barricade. À l’intérieur, des blessés français du 409e R.I., je crois non évacués, s’y trouvaient encore.

Quelques-uns ont pu rentrer dans nos lignes. Nous entendrons, pendant le restant de la nuit, les appels et les gémissements de ceux qui n’ont pu, en raison de leurs blessures, se traîner jusqu’à nous.

Le 11, à 2 h 00, les 1ère et 2e sections sont relevées par la C.M.B. du 158e R.I.. Elles se rendent en réserve au fort de Souville. Pendant la journée, les Allemands continuent de bombarder la région de Vaux.

Nous devons à notre tour être relevés dans la nuit du 11 au 12 par le 158e R.I.. Mais la compagnie de relève, en arrivant à Vaux, subit des pertes tellement lourdes qu’elle est obligée de se reconstituer, ce qui retarde d’autant cette relève.

Enfin, le 12 à 4 h 00, nous nous établissons dans les ébauches de tranchées et d’abris au bois des Hospices. Nous nous mettons immédiatement au travail pour améliorer ces positions. Les 1ère et 2e sections viennent dans la matinée se joindre à nous.

La journée du 12 s’écoule assez calme ainsi que celles allant du 13 au 16 mars. Quelques obus tombent de temps en temps dans nos parages. En ligne, le bombardement continue avec autant d’intensité.

Le 17 au matin, nous descendons aux casernes Bevaux où nous devons prendre quelques jours de repos dont nous avons d’ailleurs bien besoin.

Le 26 mars, le régiment se rend dans la région de Dugny et du fort de Landrécourt… »

Une seconde information trouvée sur l’acte de décès de Joseph Poulet nous apprend que Paul Portier appartient à la 1ère compagnie de mitrailleuses du 149e R.I..

Cette compagnie de mitrailleuses accompagne les 1ère et 4e compagnies du bataillon Magagnosc qui ont été engagées dans les attaques du village de Vaux-devant-Damloup.

Pour en savoir plus les déplacements et les positions occupées par ces éléments du 149e R.I. durant les journées évoquées dans le témoignage de Paul Portier, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Vaux-devant-Damloup 2

Sources :

Témoignage de Paul Portier, soldat du 149e R.I., inédit, collection personnelle.

La roulante qui se trouve sur le montage fait partie de la collection du musée du fort de Seclin.

Pour en savoir plus sur le musée du fort de Seclin, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante :

Fort_de_Seclin

Site « Mémoire des Hommes ».

Copie de l’acte de décès de Joseph Poulet.

Un grand merci à M. Bordes, à S. Agosto, à A. Carobbi, à la famille Boniface, au musée du fort de Seclin et à la mairie de Vienne, sans qui l’auteur de ce témoignage n’aurait pas pu être identifié.

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08 avril 2016

Joseph Poulet et André Canque, les camarades de Paul Portier.

Joseph Poulet et André Canque

Joseph Poulet et Louis André Canque, les frères d’armes de Paul Portier ont, tous deux, été évoqués dans le témoignage de ce dernier. Aucun de ces hommes ne rentra au pays après la guerre.

Joseph Poulet (1895-1916).

Joseph voit le jour le 16 septembre 1893, dans la ville de Vienne située dans le département de l’Isère. Il est le fils de Louis et de Marie Augustine Perroud. Ses parents sont de conditions modestes, le père est menuisier et la mère ménagère. Très bon élève, il va pouvoir accéder aux études supérieures. Sa fiche matricule nous indique qu’il possède un degré d’instruction de niveau 4. Joseph est étudiant à l’école des beaux-arts de Lyon, dans la section architecture, avant d’être rattrapé par les obligations militaires.

L’année de ses 20 ans, l’étudiant doit se préparer à faire son service militaire. Joseph est inscrit sous le numéro 109 de la liste du canton de Vienne-Sud. De constitution fragile, il se retrouve classé dans la 5e partie de cette liste ; Il est exempté de service militaire en 1913, puis une seconde fois en 1914.

Le 24 octobre 1914, le jeune célibataire doit de nouveau se présenter devant le conseil de révision qui va, cette fois-ci, le reconnaître « bon pour le service armé ». La guerre est là et la France a besoin de soldats.

Joseph Poulet est incorporé le 15 décembre 1914 au 158e R.I. pour y suivre une instruction accélérée. Malheureusement pour nous, sa fiche signalétique et des services reste très succincte. Celle-ci ne nous indique pas la date de son arrivée au 149e R.I.. Seule certitude, en mars 1916, le soldat Poulet fait partie de la 1ère compagnie de mitrailleuses du 149e R.I..

La fiche signalétique et des services et l’acte de décès de ce soldat nous font savoir qu’il est mort des suites de ses blessures, au fort de Vaux, le 4 avril 1916.

Après le décès de Joseph, la situation du père est particulièrement difficile. Cet homme, devenu veuf, exerçait la profession d’ébéniste, il n’avait pas d’autre enfant. Un secours de 150 francs lui a été alloué le 11 juillet 1916.

Le nom de cet homme est inscrit sur la plaque commémorative qui est placée à gauche de la nef, en entrant par la grande entrée de la cathédrale Saint-Maurice de Vienne.

Cathedrale_Saint_Maurice_de_Vienne

La localisation de sa sépulture est inconnue. Par contre, les circonstances de sa mort sont racontées dans le témoignage laissé par Paul Portier. Voici ce qu’il écrit :

« Dans la nuit du 4 au 5 avril, avec mon ami Poulet et mon camarade Canque, nous décidons d’aller chercher de l’eau…

… Un obus tombe près de nous sur le bord du parapet. Je suis à demi enterré et mon ami Poulet s’effondre près de moi, frappé à mort. Dans mes bras, il rend le dernier soupir, un gros éclat lui a fait dans le dos une blessure béante… »

Louis André Canque (1893-1918).

Louis André Canque n’a pas été blessé ou touché cette nuit du 4 avril 1916. Né le 12 août 1893 dans le petit village jurassien de Gevingey, il est le fils d’Émile Alphonse Jean Baptiste et de Marie Euphrasie Secretant.

André Canque vit toujours dans sa commune de naissance lorsqu’il reçoit sa convocation pour se présenter devant le conseil de révision de Lons-le-Saunier.

Il est classé dans la 1ère partie de la liste de ce canton. André doit laisser ses outils de paysan pour rejoindre le 149e R.I. le 27 novembre 1913.

Le soldat Canque est toujours à la caserne Courcy lorsque le conflit contre l’Allemagne voit le jour en août 1914.

Sa fiche signalétique et des services est totalement vierge concernant son parcours de soldat. Nous pouvons supposer que cet homme a dû participer, sans aucune blessure grave, à la grande majorité des combats dans lesquels le 149e R.I. a été engagé. Le témoignage de Paul Portier nous fait tout de même savoir qu’il a échappé de justesse à la mort le 4 avril 1916.

Le 1er juin 1918, André Canque décède, avant d’être fait prisonnier, des suites de ses blessures reçues au cours des combats qui se sont déroulés dans le secteur d’Arcy-Sainte-Restitue. C’est dans le Feldlazaret de Courcelles qu’il rend son dernier soupir. Ce soldat est, dans un premier temps, inhumé dans le cimetière de Courcelles, dans une tombe qui porte le n° 23. En janvier 1924, son corps est transféré dans le cimetière national mixte de Vauxbuin dans une sépulture numérotée 855.

Sepulture_Andre_Canque

Le soldat André Canque a été décoré de la Médaille militaire à titre posthume.

« Soldat énergique et brave. Mort pour la France des suites de ses blessures, le 1er juin 1918. »

Cette citation lui donne également droit à la Croix de guerre avec étoile de bronze

Sources :

Témoignage de Paul Portier, soldat du 149e R.I., inédit, collection personnelle.

La fiche signalétique et des services de Joseph Poulet a été consultée sur le site des archives départementales de l’Isère.

Une copie de la fiche signalétique et des services d’André Canque m’a été envoyée par les archives départementales du Jura.

La photographie de la plaque commémorative de la cathédrale Saint-Maurice de Vienne a été réalisée par Y. Voyeaud.

La photographie de la sépulture d’André Canque à été réalisée par J. Baptiste.

Un grand merci à M. Bordes, à J. Baptiste, à A. Carobbi, à Y. Voyeaud et aux archives départementales de l’Isère et du Jura.

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15 avril 2016

Paul Henri Durafour (1889-1916).

Paul DURAFOUR

Paul Henri Durafour voit le jour le 5 avril 1889 dans le petit village de Lélex situé dans le département de l’Ain. Son père se prénomme François Léonard. Il a 44 ans à la naissance de son fils. Facteur, c’est un homme qui est bien connu de tous dans la commune. Sa mère, Marie Suzanne Mallet, est une femme qui exerce le métier de cultivatrice. Elle est âgée de 41 ans.

Devenu adulte, Paul Henri est resté célibataire. Il pratique la profession de lapidaire. Il passe ses journées de travail à tailler des petites pierres fines et précieuses pour révéler leurs éclats et leurs couleurs tout en éliminant leurs défauts.

Ce jeune Lélerand est inscrit sous le numéro 10 du canton de Gex pour la conscription de 1910, année de ses 21 ans. Il est classé dans la 2e partie de la liste lors de son passage devant le conseil de révision. En raison d’une « musculature insuffisante », il se retrouve affecté au service auxiliaire et non au service armé.

Dispensé des exercices difficiles, il ne sera pas véritablement formé à la vie de fantassin. Il sera désigné pour effectuer une fonction administrative ou de service durant son service actif.

Paul Henri Durafour doit rejoindre la ville de Besançon pour accomplir ses devoirs de soldat au 60e R.I. au début du mois d’octobre 1910. Il arrive au régiment le 5 du mois.

Un peu moins de deux ans plus tard, c’est le retour au pays. Il est envoyé en disponibilité avec son certificat de bonne conduite en poche le 27 septembre 1912, puis versé dans la réserve de l’armée active trois jours plus tard.

Lorsque le conflit contre l’Allemagne commence en été 1914, Paul Henri Durafour est bien évidemment rappelé à l’activité militaire. Toujours soldat au service auxiliaire, il n’est pas envoyé dans une unité qui doit partir dans la zone des armées. Appartenant à la 24e section d’infirmiers militaires, il doit rejoindre un poste à l’hôpital de Gray.

Après les hécatombes dans les troupes d’août 1914, l’armée française a besoin d’hommes. La décision est prise de réexaminer la santé de tous les hommes du service auxiliaire… Le 10 novembre 1914, la commission de réforme spéciale de Gray doit statuer sur le sort du soldat Durafour. Comme beaucoup de ses camarades, il se retrouve classé dans le service armé. Paul Henri Durafour va devoir intégrer une unité combattante. 

Le soldat Durafour passe au 149e R.I. le 3 août 1915. Ce régiment combat en Artois, près d’Aix-Noulette, depuis la fin du mois de décembre 1914. Il restera dans ce secteur jusqu’en janvier 1916.

À cette période, le nom de Paul Henri Durafour figure sur la liste du registre des effectifs de la 2e compagnie du 149e R.I.. Au cours de l’hiver 1916, le régiment est engagé dans la bataille de Verdun. Le soldat Durafour ne va pas survivre à cette épreuve. Les circonstances et la date de son décès vont rester un peu floues durant plusieurs années.

En consultant la fiche personnelle de ce soldat sur le site « mémoire des hommes », nous pouvons remarquer une rature et un changement de date concernant sa mort. Celle-ci a été enregistrée une première fois au 23 mars 1916 puis remplacée par celle du 9 mars.

Qu'est-ce qui a pu justifier un tel changement ? L’écart entre les deux dates est tout de même de 19 jours !

Le 5 octobre 1921, cinq ans après sa disparition, le tribunal de Gex valide officiellement son décès à la date du 9 mars.

Comment faire la part des choses pour essayer de comprendre ce qui s’est réellement passé, à défaut de pouvoir consulter son dossier de jugement qui se trouve aux archives départementales de l’Ain ?

La première date figurant sur sa fiche M.D.H. pourrait bien être celle de sa disparition ; moment où le soldat Durafour aurait pu quitter la ligne de front pour tenter de rejoindre le poste de secours après avoir été blessé. L’autre date pourrait correspondre à celle de la découverte de son cadavre reconnu grâce à la lecture de sa plaque d’identité, ou d’un papier comportant une indication sur son identité.

Mais tout ceci ne reste bien évidemment qu’une hypothèse puisqu’il m’est impossible de la vérifier pour l’instant. Seule la lecture du dossier de jugement pourrait nous apporter un éclaircissement.

Le soldat Durafour est actuellement inhumé dans le cimetière national français meusien de Belleray. Sa sépulture porte le numéro 380.

Paul Henri Durafour

Son frère aîné, Sylvain Camille a également été tué dans le secteur du village de Vaux-devant-Damloup. Il servait au 158e R.I., régiment frère de division du 149e R.I., lorsqu’il trouve la mort le 2 avril 1916. Avait-il vu son frère pendant la période qui précède leurs arrivées à Verdun ? A-t-il été informé de la disparition de son frère ? Vu les contacts qui existaient entre les unités proches, c’est hélas fort probable !

Le nom et les prénoms de ces deux hommes ont été gravés sur la plaque commémorative qui est fixée sur le mur de la mairie de Lélex.

Sources :

Le portrait de Paul Henri Durafour provient du site « MémorialGenWeb ».

Les informations concernant ce soldat sont extraites de sa fiche signalétique et des services consultée sur le site des archives départementales de l’Ain, de sa fiche individuelle vue sur le site « Mémoire des Hommes » et du site « MémorialGenWeb ».

La photographie de la sépulture de Paul Henri Durafour à été réalisée par F. Radet.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à F. Radet, au Service Historique de la Défense de Vincennes et aux archives départementales du département de l’Ain.

 

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22 avril 2016

Albert de Longeaux (1865-1930).

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Les années d’enfance et de  jeunesse

Marie Étienne Albert Xavier de Longeaux voit le jour le 2 décembre 1865 à Charleville, dans les Ardennes. Son père, qui est garde général des forêts, se prénomme Angélique Charles Henri Marie. Il a 27 ans à la naissance de son fils. Sa mère, Marie Marguerite Hélène de Lescale est une femme qui est âgée de 25 ans.

Le parcours scolaire d’Albert ne nous est pas connu, mais il a certainement obtenu son baccalauréat, clé d’accès qui lui a permis de tenter et de réussir le concours d’entrée de l’école spéciale de Saint-Cyr.

C’est comme simple élève qu’il commence sa formation d’officier le 28 octobre 1885. Les études vont être difficiles. Deux ans plus tard, il termine avec le n° 368, ce qui le place dans les tout derniers de la promotion de l’Annam.

Albert_de_Longeaux_promotion_d_Annam

Albert de Longeaux : 3e compagnie de la promotion de l’Annam (1885-1887)

Le 1er octobre 1887, l’homme entre comme sous-lieutenant élève à l’école d’application de cavalerie de Saumur. Là aussi, les résultats ne seront pas exceptionnels. Le futur officier occupe la 75e place sur 78 étudiants. Il obtient tout de même la note générale « assez bien ».

Une expérience africaine

Muté au 6e régiment de chasseurs, le sous-lieutenant de Longeaux prend ses quartiers dans un escadron du régiment qui est cantonné à Saint-Mihiel, une ville du nord-est de la France. Il restera dans cette unité pendant quatre années.

Le 18 juin 1891, il épouse Marie Louise Magdeleine Voisin, une jeune femme qui est domiciliée à Reims. C’est une fille de général habituée à la vie militaire. De cette union naîtra le futur sous-lieutenant Jean de Longeaux qui verra le jour dans leur petit appartement sammiellois.

Le 1er juillet 1891, Albert de Longeaux est nommé lieutenant de 2e classe. L’année suivante, il est affecté au 13e régiment de dragons, il va falloir se rapprocher de la région parisienne. C’est la première mutation de sa carrière et il y en aura bien d’autres !  Le lieutenant de Longeaux quitte le 6e régiment de chasseurs à la fin du mois de décembre 1892 pour  venir s’installer dans la nouvelle caserne,construite dans le quartier Pajol de la ville de Melun.

L’officier est nommé lieutenant de 1ère classe, le 26 février 1894.

Tenté par l’aventure africaine, il fait une demande écrite à ses supérieurs qui y répondent de manière favorable. Une décision ministérielle du 1er octobre 1898 l’oblige à se mettre à la disposition du département des colonies ; pour raison administrative, il est mis hors cadre. L’officier trésorier du 6e régiment de chasseurs ne s’occupe plus de lui faire verser sa solde.

Albert de Longeaux quitte la France au début du mois d’août 1898 pour venir prendre ses nouvelles fonctions sur les terres soudanaises. Cet officier rejoint l’escadron des gardes-frontières du Sahel. Le lieutenant de Longeaux occupe, dans un premier temps, un poste à responsabilité sur le territoire du Néré-Nampala. Il quitte cette position retirée du monde en août 1899, pour être ensuite détaché à la région de Tombouctou. C’est au cours de cette période qu’il est incorporé dans la colonne de novembre 1899 qui sera amenée à combattre les Arabes Bérabiches.

En février 1900, Albert de Longeaux est nommé adjoint au commandant du cercle de Sakolo. Il quitte cet emploi en avril 1900 pour revenir dans la région du Néré-Nampala, un secteur qu’il connaît bien. Il y reste jusqu’au 6 juin 1900.

De cette expérience africaine, il revient avec plusieurs décorations.

Un officier de cavalerie mal noté

De retour en France, le lieutenant de Longeaux va connaître une carrière classique, probablement ralentie par les appréciations de ses supérieurs.

Il intègre à nouveau un régiment de dragons. Cette fois-ci, ce sera sur un cheval du 18e dragons qu’il devra poser sa selle. Le 3 décembre 1900, il est installé dans la ville de Lure.

Le 16 mars 1901, il obtient ses galons de capitaine en 2e. Cette promotion ne le fait pas pour autant changer d’affectation. Il va lui falloir attendre le 10 janvier 1905 pour être muté au 9e régiment de dragons.

Le 23 mars 1910, c’est le retour au 18e dragons. Il prend le commandement du 2e escadron du régiment.

18e_dragons_Lure

On sait qu’Albert de Longeaux est assez mal noté par ses supérieurs tout au long de son séjour dans ce régiment. En 1910, le colonel écrit dans son feuillet individuel de campagne : « Bien qu’il soit animé de la meilleure des volontés, cet officier n’a malheureusement rien produit de bon pendant le semestre. »

En 1912, il est carrément écrit que c’est un officier sans avenir !

En 1913, les appréciations ne sont guère plus encourageantes : « Très ancien capitaine, manque de feu sacré et agit beaucoup par routine. Caractère foncièrement honnête et loyal. Monte très vigoureusement à cheval, mais ne semble pas fait pour la fonction de major »

Cette évaluation ne l’empêchera pas pour autant d’être nommé major le 23 septembre 1913.  

Surtout, il est très difficile de savoir  s’il était un officier aussi peu méritant que ce qui transparaît dans les appréciations ou s’il s’agissait plutôt d’un problème de personne. L’affaire des fiches n’est pas si lointaine. Il serait intéressant de connaître l’avis renvoyé à la préfecture concernant sa loyauté vis-à-vis de la République, sa pratique de la religion. Cela pourrait expliquer le changement majeur dans ses appréciations entre l’avant-guerre et le début du conflit. En effet, tout cela va diamétralement changer avec l’entrée en guerre.

D’affectation en affectation

1914, c’est un tout autre officier qui se révèle dès le début de la campagne.

Albert de Longeaux débute le conflit contre l’Allemagne au sein du 18e dragon, mais il n’est pas envoyé au front au début de la guerre.  En fait, cet homme est resté au dépôt du régiment comme chef d’escadron en surnombre. Ce qui veut dire qu’il se retrouve sans commandement. Ce n’est que le 29 août 1914 qu’il rejoint le régiment qui est positionné dans les Vosges. Les premières missions qui lui sont confiées vont être purement d’ordre intérieur (Commandement de l’état-major et des convois, surveillance du personnel). Trois mois plus tard, il est muté au 11e régiment de dragons. C’est à partir de cet instant que les choses vont complètement changer pour lui.

Le lieutenant-colonel Vieillard est content du travail de son subordonné. Il écrit : « Le commandant de Longeaux à fait d’excellents débuts au 11e dragons à la tête de son demi-régiment. C’est un homme qui a de l’autorité, du calme et une grande valeur morale. Il a prouvé, au service des tranchées, son mépris complet du danger. »

C’est au cours de l’hiver 1915, que le major de Longeaux fait une demande pour  aller faire un stage dans un régiment d’infanterie. Ce sera au 149e R.I. qu’il sera affecté ! Concours de circonstances? Fait du hasard ? Demande personnelle ?

Cette affectation n’a probablement rien à avoir avec le hasard. Son fils fut tué en août 1914 dans les rangs du 149e R.I. !

Pour en savoir plus sur le fils du commandant de Longeaux, il suffit de cliquer une  fois sur l’image suivante.

Jean_de_Longeaux

Il lui faut maintenant abandonner « sa selle de cavalier  pour venir chausser les godillots du fantassin »...

Albert de Longeaux doit rejoindre sa nouvelle affectation au cours du mois de décembre 1915. Le 149e R.I. s’apprête à quitter le front de l’Artois, une région où il a été particulièrement malmené durant toute l’année 1915. Albert de Longeaux donnera, là encore, entière satisfaction au responsable du régiment.

Le lieutenant-colonel Abbat note l’appréciation suivante dans son feuillet individuel de campagne : «  Stagiaire au 149e R.I. depuis plus de trois mois. Monsieur le commandant de Longeaux a beaucoup travaillé et appris. Il peut être, sans aucun inconvénient, mis à la tête d’un bataillon, auquel il communiquera son sentiment élevé du devoir. Officier vigoureux, plein de santé, de zèle et de dévouement sur lequel on peut absolument compter. »

Le 9 mars 1916, le commandant de Longeaux est blessé par une balle reçue dans le genou droit, au cours d’une attaque qui a lieu dans le village de Vaux-devant-Damloup près de Verdun. Rapidement évacué vers l’arrière, il est soigné dans un l’hôpital de Chalon-sur-Saône.

Après sa convalescence, il passe ensuite au 95e R.I.T. le 29 juillet 1916. Il rejoint sa nouvelle unité le 3 août pour être mis à la tête d’un des bataillons du régiment. Cette expérience sera de courte durée.

Quelques mois plus tard, le commandant de Longeaux reçoit l’ordre de réintégrer son arme d’origine.

Le 31 août 1916, il assure le commandement du 3e groupe du 8e régiment de chasseurs.

Le 25 janvier 1917, Albert de Longeaux est muté au 1er régiment de Hussards pour commander le 2e groupe.  Il passe à l'état-major de cette unité le 8 avril 1917.

Cet officier est remis à la disposition du ministre en vue de son emploi à l’intérieur (proposé pour être admis à la retraite). Il est maintenu au service dans le cadre des officiers de complément, suite à une décision prise par le général commandant en chef du 10 décembre 1918 et par une application de la décision ministérielle du 5 janvier 1919.

Le commandant de Longeaux est rayé des contrôles de l’armée active par décision présidentielle du 8 mars 1919. Cette décision prend effet le 15.

Il est ensuite nommé chef d’escadron de réserve des services spéciaux du territoire de la 11e Région à partir du  24 novembre 1920.

Le petit sous-lieutenant « mal classé » de Saint-Cyr, représenté comme étant peu doué et sans avenir par ses supérieurs de l’époque, va terminer sa carrière de soldat avec le grade de lieutenant-colonel de réserve.

Albert de Longeaux décède le 16 décembre 1930 à Nantes.

Cet officier a obtenu les décorations suivantes :

Chevalier de la Légion d’honneur le 10 juillet 1907.

Officier de la Légion d’honneur à compter du 1er avril 1917

« Officier supérieur très distingué, au front depuis le début de la campagne, s’est fait remarquer en toutes circonstances par son allant, sa bravoure, son énergie. Une blessure, a déjà été cité.

Croix de guerre avec deux étoiles d’argent et une étoile de bronze

Une citation à l’ordre de la 124e D.I. n° 12 en date du 7 septembre 1915 :

« De juillet au 28 août a exercé le commandement d’une zone de tranchées, s’est consacré avec un zèle infatigable à la préparation minutieuse d’une ouverture de parallèle qui s’est effectuée les 24, 25 et 26, malgré l’action énergique d’un ennemi très rapproché. Par son sentiment du devoir, son mépris du danger et son dévouement absolu, a donné le plus bel exemple qui puisse être proposé. »

Une citation à l’ordre de la 43e D.I. n° 114 en date du 25 mars 1916 :

« S’est fait remarquer en maintes circonstances par son courage et son mépris du danger. Blessé le 9 mars 1916 d’une balle au genou, a continué, malgré sa blessure, à s’occuper de la direction des premiers éléments de combats »

Une citation à l’ordre du régiment n° 202 en date du 23 décembre 1918.

« Officier supérieur d’un moral très élevé au cœur chaud qui, pendant deux ans,n’a cessé de donner à tous l’exemple le plus complet du dévouement à la patrie. D’un courage admirable, n’hésitant jamais pour entraîner ses hommes, soit dans les tranchées de Régneville, soit, tout dernièrement encore, dans les reconnaissances lancées sur Voharies, à affronter le feu de l’ennemi »

Les autres décorations :

Albert de Longeaux a obtenu le 25 octobre 1896, une médaille d’honneur en argent de 2e classe de la part du ministre de l’Intérieur. Cet officier a sauvé un dragon qui était sur le point de se noyer dans la Seine.

Médaille coloniale avec agrafe « Soudan » en 1898.

Chevalier de l’ordre de l’Étoile noire le 30 juin 1899.

Officier de l’ordre de l’Étoile noire le 21 avril 1902.

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

La photographie de la 3e compagnie de promotion de l’Annam provient de la collection personnelle du général D. de Longeaux.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, au général D. de Longeaux, à  M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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29 avril 2016

Une lettre adressée à l’épouse du sous-lieutenant Maurice Gaudin.

Albert_de_Longeaux_1

En juin 1917, le commandant Albert de Longeaux fait le tri dans ses papiers. Il retrouve des documents concernant le sous-lieutenant Maurice Gaudin. La période de Verdun lui revient en mémoire, les souvenirs douloureux se ravivent…

Il décide de prendre le temps d’écrire une lettre à Madame Gaudin, l’épouse de son subordonné.

Madame,

Je retrouve dans mes papiers quelques feuilles qui portent des notes prises par votre regretté mari pour son service d’adjoint au chef de bataillon. Ces feuilles sont une preuve du soin qu’il apportait à l’accomplissement de ses devoirs militaires. Je prends la liberté de vous les envoyer sachant bien que les moindres souvenirs de l’héroïque défunt vous sont extrêmement précieux.

C’est très intentionnellement, Madame, que j’applique l’épithète d’héroïque à votre mari.

Je n’ai connu, en trois ans, aucun militaire qui neméritât autant que lui ce qualificatif.

J’admire particulièrement les officiers de réserve d’infanterie, et, parmi ceux que j’ai connus, c’est le souvenir de votre mari qui entraîne plus particulièrement l’admiration. Il avait le pressentiment de sa mort prochaine dès le jour où le l’ai rencontré. Il était sans cesse angoissé par la pensée de votre avenir à vous et à votre petite fille. Cependant, personne ne s’en doutait, sauf notre ami, son « petit-fils » Jacques Rousset, qui était son confident.

Il faisait son service avec une scrupuleuse exactitude, sans tenir compte ni de la fatigue, ni du danger. Il était toujours prêt à marcher. Non seulement cela, malgré ses angoisses pour vous et sa fille, il était toujours d’une humeur charmante, très gai, plein d’entrain et bienveillant pour tous.

Dans la nuit du 7 au 8 mars 1916, celle qui a précédé sa blessure mortelle, nous étions au bois des Hospices. Il vit que pour dormir, je n’avais rien sous moi. Sans rien me dire, il s’occupa de trouver un brancard d’ambulance. Au bout d’une heure de recherches, il me l’apporta lui-même.

Le lendemain, vers cinq heures du soir, j’appris qu’il avait un bras cassé et au côté, une plaie qu’on disait légère. Je n’ai pu aller jusqu’à lui. Le 9, j’étais blessé moi aussi.

J’ai su plus tard qu’à la relève, brusquement, les camarades s’étaient trouvés en face de sa tombe.

Oui Madame, votre mari restera pour moi le type de héros le plus pur. Celui qui sacrifie pour l’honneur et pour la patrie, sans bruit, sans phrases, sans éclat, tout ce qu’il aime et tout ce qu’il a, sans parler de lui – même ; celui qui sait que ce sacrifice lui sera demandé et qui va au-devant, sans faiblesse. Celui enfin qu’on ignore et qu’on ne récompense pas.

Depuis le 6 mars, je ne commandais plus rien au 149e R.I..

Je n’ose espérer, Madame, que ces quelques mots d’un inconnu soit un adoucissement à votre douleur qui ne saurait accepter de consolation. Votre mari disait : « Si je suis tué, la Providence s’occupera de ma femme et de ma fille. » Je souhaite vivement que cette protection se manifeste sur vous de la façon la plus heureuse et la plus constante. Et, daignezagréer, Madame, l’hommage de mon plus profond respect.

Commandant de Longeaux

Le 19 juin 1917

1er Hussard, S.P. 229

Pour en savoir plus sur le sous-lieutenant Maurice Gaudin, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Maurice_Gaudin_

Pour en savoir plus sur le commandant Albert de Longeaux, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Albert_de_Longeaux_2

Sources :

La lettre rédigée par le commandant Albert de Longeaux provient de la collection personnelle de l’arrière-petite-fille du sous-lieutenant Maurice Gaudin.

Un grand merci à M. Bordes, à A.C. Mazingue-Desailly et  à A. Carobbi.

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