01 février 2014

Capitaine Roger de Parseval (2) au centre (juin 1917)

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02 février 2014

Capitaine Roger de Parseval (1) à gauche (juin 1917)

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03 février 2014

29 mai 1918.

Arcy_Sainte_Restitue_2

Dès 4 h 00, les hommes du 149e R.I. se lancent dans une attaque sur la cote 140. Ils ont la ferme intention de reprendre le terrain qu’ils ont perdu la veille. Dans un premier temps, cette attaque est un succès, mais une demi-heure plus tard, l’ennemi déclenche une offensive si puissante qu’il oblige toutes les unités de la 43e D.I. à reculer.

Le bataillon de droite du 149e R.I., qui est sous l’autorité du commandant Hassler, est obligé de céder le terrain fraîchement conquis. Des éléments de la 2e compagnie se regroupent autour de pièces d’artillerie abandonnées par le 236e R.A.C. à la cote 138. Ces soldats du 149e R.I. se transforment en artilleurs et font feu sur l’adversaire. Le tir des canons, qui surprend les Allemands, enraye momentanément leur progression. Les hommes du commandant Hassler parviennent à ramener plusieurs pièces d’artillerie à Arcy-Sainte-Restitue.

 Au même moment, de violents combats se déroulent autour de Branges. Suite au mouvement de recul, le bataillon de gauche du 149e R.I. se retrouve en flèche. Il parvient à se dégager difficilement de cette situation, sous la protection d’un bataillon du 158e R.I., qui est installé sur les croupes à l’ouest de Maast-et-Violaine. Les 1er et 31e  B.C.P. se sont repliés  sur la ligne Foufry-Vaux, tout en continuant le combat.

Vers 7 h 00, la nouvelle ligne française est reconstituée sur l’axe Maast-et-Violaine, cote 180, Foufry, passage à niveau de Vaux.

Carte_journee_du_29_mai_1918

Legende_carte_29_mai_1918

Tous les éléments de la 43e D.I. sont maintenant engagés. La division ne dispose plus de réserve.  La situation est critique et l’ennemi se fait d’heure en heure plus menaçant. Des éléments du 147e R.I. viennent prêter main-forte à la division. 

Vers midi, le 149e R.I. est contraint d’évacuer la cote 180 au nord d’Arcy-Sainte-Restitue. Des fractions ennemies viennent de se glisser dans le bois d’Arcy, à 2 km en arrière de la ligne sur laquelle résiste l’infanterie française de la division. C’est la percée au centre ! À la droite de la division, le danger est encore plus sérieux. La liaison avec le 1er corps de cavalerie ne se fait plus. De forts contingents allemands s’approchent de Fère-en-Tardenois, ils progressent par la forêt de Nesles. La 43e D.I. se trouve maintenant sous la menace d’être tournée par la droite et prise à revers.

Vers 13 h 00, le général commandant le 21e C.A. fait parvenir un ordre qui doit modifier complètement la zone d’action de la division.

Sa nouvelle zone d’occupation sera limitée à sa droite par la ligne «  Mareuil-en-Dôle, Seringes-Nesles, Villers-sur-Fère, Beuvardes, Courpoil » et à gauche par la ligne « Corne sud-est du bois d’Arcy, raperie sud-est de Cramaille, ferme de Corbeny,  cote 123,  moulin 1500 m à l’est d’Armentières ».

Les deux  B.C.P. doivent se déployer sur la ligne « Raperie de Saponay, Saponay, moulin de Parchy. Ils ont pour mission de retarder la progression de l’ennemi qui  débouche de Fère-en-Tardenois. À partir du moment où ils auront pu passer la défense du terrain  qu’ils occupent aux éléments de la 4e D.I., les 149e R.I. et 158e R.I. devront, sous la protection des B.C.P., se regrouper de la manière suivante :

158e R.I. : au sud du Rû du pont-Brûlé pour y défendre le front moulin de Parchy, Villemoyenne.

149e R.I. : en réserve vers Villeneuve-sur-Fère.

La réalité sur le terrain est toute autre. Cet ordre ne peut pas s’appliquer. Vers 14 h 00, les Allemands débouchent en force de Fère-en-Tardenois et progressent vers Trugny-Saponay, avec quelques éléments déjà signalés aux abords de Villeneuve-sur-Fère. Vers 15 h 30, le P.C. de la 43e D.I. est dans l’obligation de se transporter à Bruyères. Les combats se poursuivent dans la région du bois d’Arcy et d’Arcy-Sainte-Restitue. Les troupes de la 4e D.I. ne sont pas encore en mesure de relever celles de la 43e D.I..  Les 149e et 158e R.I. ne seront libérées de la zone d’Arcy-Sainte-Restitue que tard dans la soirée.

De nouveaux ordres sont transmis. Ceux-ci doivent permettre aux troupes d’effectuer leurs mouvements de repli dans les meilleures conditions possible. Heureusement, l’ennemi est devenu un peu moins mordant dans ce secteur.

Le 12e bataillon malgache a rejoint la division dans l’après-midi. Ce bataillon est rapidement engagé ; il dispute le terrain pied à pied avec les Allemands dans le bois de Villeneuve-sur-Fère qui se trouve au sud de Fère-en-Tardenois.

Vers 22 h 00,  le nouveau dispositif de défense est en place. La nouvelle ligne de position occupée par la 43e D.I. se situe entre Armentières et Epieds.

 Les 1er et 31e B.C.P. se positionnent aux abords du ruisseau. À leur droite se trouvent quelques unités du centre d’instruction divisionnaire qui ont été appelées comme toute dernière ressource. Les régiments d’infanterie ont été regroupés, le 149e R.I. est en arrière à la gauche vers la Croix et Breny, le 158e R.I. derrière le centre, vers Grisolles.

À l’issue de cette journée particulièrement mouvementée, la dislocation du front a été évitée de justesse. Le soir du 29 mai, la division est très fatiguée, mais celle-ci reste bien homogène sous l’autorité de son supérieur qui maîtrise au mieux la situation. Toutes les liaisons sont maintenant établies. Malgré les pertes subies, la 43e D.I. est de nouveau capable de fournir des efforts coordonnés. Elle peut également accueillir dans de bonnes conditions les unités qui lui arriveront en renfort.

 

                                Tableau des tués pour la journée du 29 mai 1918

 

                       Sépultures individuelles des tués pour la journée du 29 mai 1918

 

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. du 1er  B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 819/5.

J.M.O. du 31e  B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 826/29.

J.M.O. du 1er Régiment de Chasseurs Malgaches : Réf : 26 N 875/1.

Historique du 149e Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

« Une manœuvre en retraite, opération de la 43e D.I. du 27 mai au 4 juin 1918 » du lieutenant-colonel de Charry.  Revue militaire française tome 35. Librairie militaire Berger-Levrault  1930.

La liste des tués pour cette journée du 28 mai 1918 a été établie à partir de l’historique du 149e R.I., elle reste certainement incomplète.

Un grand merci à M. Bordes, à J. Buttet, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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P.C. de la Sablière (juin 1917)

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10 février 2014

Louis Schalck (1864-1918).

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Louis est né le 12 août 1864 dans la petite ville du Bas-Rhin de Barr. À sa naissance, son père Philippe est un jeune commis négociant âgé de 28 ans,  sa mère Louise Albertine Julien est âgée de 23 ans. D’origine alsacienne, le père de Louis déclare opter en sa faveur pour la nationalité française à la date du 25 septembre 1872, à Paris. Louis réussit son certificat d’études primaires et secondaires et obtient également son brevet d’anglais et d’allemand.

Les débuts

Devenu adulte, il choisit de s’engager dans l’armée. Le 10 mars 1885, Louis Schalck signe un contrat d’une durée de cinq ans à la mairie de Versailles. Il devance ainsi son incorporation de quelques mois, puisque sa classe est normalement appelée à la fin de l’année 1886. Il débute sa carrière militaire comme simple soldat au 42e R.I. de Belfort. Louis Schalck est successivement nommé caporal fourrier le 26 septembre 1885, sergent le 30 mars 1886,  sergent-fourrier le 4 juillet 1887, puis sergent-major le 2 octobre de la même année. Sa carrière de sous-officier est très rapide.

Durant cette période, le sergent-major séjourne au fort de Mont-Vaudois du début du mois de décembre 1885 à la mi-octobre 1886, puis aux forts des Basses-Perches et de Bessoncourt du 16 octobre 1886 au 26 septembre 1887.

En mai 1888, ce sous-officier signe de nouveau un contrat de cinq ans à compter du 10 mars 1890, un acte qui vient confirmer sa volonté de poursuivre sa carrière militaire.

La période de formation comme officier

Cet alsacien réussit le concours d’entrée qui lui permet d’intégrer l’école militaire d’infanterie. Arrivé à Saint-Maixent le 27 avril 1889, cet officier-élève intègre la promotion Drapeau. Nommé sous-lieutenant dès sa sortie de l’école, il doit rejoindre le 39e R.I. de Rouen. Nous sommes le 24 mars 1890. Mais une décision ministérielle lui fait savoir qu’il est détaché à l’école militaire d’infanterie. Louis Schalck retrouve les anciennes salles de classe qu’il a fréquentées quelque temps auparavant, mais cette fois-ci, comme officier instructeur auxiliaire. Il enseigne à Saint-Maixent du 24 avril au 23 juillet 1890. Son expérience de formateur prenant fin, il doit intégrer le 39e R.I. le régiment auquel il est rattaché. Le 24 mars 1892, il peut coudre ses galons de lieutenant sur son uniforme.

Premières responsabilités

Le 26 avril 1892, Louis Schalck retrouve le Territoire de Belfort, une région qu’il connaît bien, puisqu’il réintègre le 42e R.I., le régiment où il a fait ses débuts.

Au cours de cette même année,  il épouse Anna Winkler, une femme originaire de la ville d’Épinal.

Le lieutenant Schalck fait un séjour au fort du bois d’Oye du début octobre 1893 au 26 septembre 1894.

 Le 7 janvier 1895, il se voit confier la responsabilité de la garde du drapeau du régiment, une place qu’il va conserver jusqu’au 1er avril 1896.

Nommé capitaine le 30 décembre 1900, Louis Schalck quitte définitivement le 42e R.I. pour s’installer dans la caserne de Langres où il prend ses nouvelles fonctions d’officier au 152e R.I.. Il rejoint la seconde caserne de ce régiment qui se trouve dans la ville de Gérardmer, le 1er octobre 1901. Il y séjourne jusqu’au 30 septembre 1902. Il fait un second passage dans cette ville du 1er octobre 1904 au 14 septembre 1905.

Au  149e R.I.

À la fin du mois de juin 1907, le capitaine Schalck rejoint le 149e R.I. d’Épinal pour prendre le commandement de la 9e compagnie. Cette compagnie va rester sous ses ordres jusqu’à la fin du mois de septembre de l’année 1909. Durant une petite quinzaine de jours, il va également être à la tête de la 3e compagnie du 349e R.I. qui est le régiment de réserve du 149e R.I.. Il s’agit certainement d’une période d’exercices où les anciennes classes venaient former le régiment de réserve. À la suite de cela, le capitaine Schalck retrouve le 149e R.I.. En septembre 1911, il prend les fonctions de capitaine adjoint du chef de corps.

Durant l’année 1912, il effectue deux stages au 62e R.A.C., le premier alieu du 24 avril au  5 mai 1912, le second du 20 au 30 août.

Lorsque la guerre éclate, Louis Schack assume toujours les fonctions de capitaine adjoint auprès du colonel Menvielle.

Le 25 août 1914, il est grièvement blessé au cours des combats de Ménil-sur-Belvitte. Une première blessure à la tête et une seconde en bas du dos, qui est proche de la colonne vertébrale, le font évacuer d’urgence vers l’arrière. Un long séjour à l’hôpital l’attend.

Le 22 février 1915, il est nommé commandant à titre temporaire, puis à titre définitif, le 21 mars 1915.

Revenu sur le front au mois de mai 1915, le commandant Schalck retrouve son ancien régiment pour prendre la tête du 2e bataillon du 149e R.I..

Avec ce bataillon, il va participer à tous les combats menés par le 149e R.I. Artois, Verdun, la Somme, la Malmaison…

Commandant_Schalck

Souvent bien noté et apprécié pour sa bravoure, parfois critiqué par certains de ses supérieurs, il reste comme tout un chacun, un homme qui a ses défauts et ses qualités. C’est un chef dans l’âme, qui est probablement très proche de ses hommes, très exigeant au front, paternel et compréhensif à l’arrière. Certains de ses chefs lui reprochent une nonchalance préjudiciable à la discipline, mais un autre dit tout le bien qu’il pense de lui au point de le proposer pour un poste de lieutenant-colonel !

Des qualités d’initiative sont relevées, mais sa susceptibilité aussi. Certains traits de comportements laissent à penser que le commandant Schalck peut avoir une vision de la discipline qui reste personnelle. Ses hommes lui vouent une affection dévouée,  juste retour des choses. Ils apprécient leur chef et sa bravoure et ils sont prêts à  le suivre en toutes circonstances, même dans les pires moments. Bravoure reconnue par les nombreuses citations obtenues au cours du conflit.

En octobre 1917, quelques temps avant l’offensive de la Malmaison, le commandant Schalck enfreint les ordres répétés du commandement qui recommande la discrétion dans la correspondance privée. Il écope de 30 jours d’arrêt de rigueur pour avoir envoyé aux siens un télégramme donnant des indications relatives à l’opération  militaire en préparation.

Louis Schalck trouve  la mort, le 29 mai 1918. Il est, dans un premier temps, considéré comme disparu dans le secteur d’Arcy-Sainte-Restitue, une petite commune qui se situe dans le département de l’Aisne.

Le témoignage du musicien brancardier Louis Cretin évoque l’évènement, voici ce qu’il nous dit :

« … En débarquant aux environs d’Arcy-Sainte-Restitue, le 2e bataillon du 149e R.I. fut presque fait prisonnier en entier. Les Allemands occupant déjà cette position laissèrent débarquer les nôtres et les capturèrent. D’après ce que les copains me confièrent par la suite, il paraitrait que le commandant du 2e bataillon (Schalk) se fit sauter la cervelle plutôt que de se rendre, on ajoutait qu’il n’avait pas voulu tomber vivant aux mains des Allemands dont l’unité opposée à la nôtre était commandée par un de ses parents. Le fait réel est qu’il était bien d’origine alsacienne et qu’il figure effectivement sur la liste des morts du régiment… »

 Il faut rester prudent avec ce qui est dit ici. C’est une histoire qui a fait le tour après la guerre parmi les anciens du régiment. L’effet de surprise et la désorganisation d’une troupe, qui descend des transports au moment où elle prise au piège par l’ennemi, le fait qu’il n’y ait pas eu la possibilité de résister longtemps à la situation, soulèvent plusieurs questions. Le commandant Schalck s’est-il senti déshonoré ? S’est-il réellement suicidé ? A-t-il été tué au court d’un combat en tentant désespérément de résister pour ne pas être fait prisonnier ? Toutes ces questions sont sans réponses assurées, même si la version de Louis Cretin colle bien avec la bravoure reconnue du commandant Schalck.

Le 20 février 1920, son décès est confirmé par un jugement rendu par le tribunal de la Seine.

Tout au long de sa carrière, le commandant Schalck reçoit les récompenses suivantes :

Il obtient en juillet 1906, une médaille de bronze du ministre de l’instruction publique pour avoir organisé des conférences et des cours pour adultes. Il reçoit également une autre médaille de bronze du ministre du Travail et de la prévoyance sociale en avril 1910, pour sa collaboration à la caisse nationale des retraites.

Louis Schalck est également décoré de la Médaille d’argent de la valeur militaire italienne.

Le commandant Schalck a obtenu les citations suivantes :

Citations à l’ordre de la 10e Armée n° 100 en date du 26 août 1915 :

« Comme capitaine adjoint au chef de corps, s’est distingué tout particulièrement au col de Sainte-Marie le 9 août 1914 en portant lui-même, sous le feu, les ordres du colonel, aux différentes unités, avec le plus grand mépris du danger, et, le 25 août 1914 à Ménil-sur-Belvitte, où il fut grièvement blessé, après avoir défendu, jusqu’à épuisement de munitions, avec un groupe d’une quarantaine d’hommes, qu’il avait rallié une corne de bois, d’où l’on arrêtait la progression des Allemands sur le village. »

Citation à l’ordre de la 43e D.I. n° 127 en date du 15 mai 1916 :

« Au combat du 25 septembre 1915 a arrêté une attaque allemande avec les deux compagnies dont il disposait, en les lançant judicieusement à la contre-attaque. »

Citation à l’ordre de la  10e Armée n° 242 en date du 5 décembre 1916 :

« Officier supérieur d’une bravoure et d’une activité incomparables. Chargé de mener, le 7 novembre 1916, une opération offensive particulièrement délicate, a su communiquer l’ardeur dont il était animé à son bataillon, qui, sous son énergique impulsion, s’est élancé à l’assaut d’une position fortement organisée, malgré des barrages très meurtriers d’artillerie, et y a maintenu près d’une heure, un farouche corps à corps. A soutenu victorieusement, contre tous les retours offensifs de l’ennemi, le terrain conquis, faisant 40 prisonniers, dont 3 officiers (déjà 2 citations à l’ordre de l’armée et de la division).

Citation à l’ordre du 21e C.A. n° 176 en date du 10 décembre 1917 :

« Le 23 octobre 1917, a atteint tous les objectifs assignés à sa troupe dans les délais indiqués et s’est installé sur le terrain conquis, malgré les résistances partielles, dans les meilleures conditions de défense."

Chevalier de la Légion d’honneur le 29 décembre 1910.

Inscrit pour officier au tableau spécial de la Légion d’honneur à compter du 22 décembre 1916.

« Officier supérieur qui s’est montré dans toutes les circonstances de guerre à hauteur de toutes les missions qui lui ont été confiées. Blessé grièvement dès le début de la campagne, est revenu en mai 1915 sur le front, s’est distingué tout particulièrement au cours des attaques du 16 au 22 décembre 1916 (a déjà été cité). »

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Témoignage inédit de Louis Cretin brancardier-musicien du 149e R.I..

Pour en savoir plus :

Le commandant Louis Schalck possède un dossier sur le site de la base Léonore. Celui-ci peut se consulter sur le lien suivant :

http://www.culture.gouv.fr/LH/LH260/PG/FRDAFAN83_OL2475053V001.htm

Un grand merci à M. Bordes, à D. Browarski, à A. Carobbi, T. Cornet à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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17 février 2014

Georges Sabiron (1882-1918).

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Histoire familiale…                                      

Jean Sabiron, le père de Georges, est originaire de la ville de La Rochelle. Il quitte la Charente-Inférieure pour venir s’installer dans la capitale. Il fait la connaissance d’une jeune parisienne, Antoinette Morel, qu’il épouse le 27 août 1871, au lendemain de la Commune de Paris. Durant cette période, Jean, qui habite au numéro 25 de la rue Jussieu, exerce la profession de tonnelier. Quelque temps plus tard, il s’installe avec son épouse au 8 de la rue des Grands Degrés. La petite Louise nait dans ce nouvel appartement le 21 juin 1873.

Georges Sabiron voit le jour le 22 décembre 1882 au numéro 7 de la rue Guy de la Brosse. Ses parents vivent maintenant près du Jardin des Plantes. Son père qui est devenu négociant est âgé de 45 ans, sa mère est une femme âgée de 29 ans.

Genealogie_Georges_Sabiron_

Un bien terrible drame…

La mère de Louise et de Georges décède au cours de l’année 1891, Georges n’est pas encore entré dans sa neuvième année. Cinq ans plus tard, ils perdent leur père. Le jeune Sabiron n’a pas quatorze ans quand il devient orphelin. Les grands-parents paternels et maternels ne sont plus de ce monde.

Heureusement, Louise est majeure, elle est âgée de 23 ans. L’orphelinat est évité… Son rôle de sœur ainée va certainement avoir une grande importance pour Georges dans les années qui vont suivre. Il y a peut-être aussi un oncle ou une tante qui veille.

La vie continue…

Georges Sabiron fait ses études au lycée d’Henri IV. Après l’obtention de son baccalauréat, il s’inscrit à la faculté de droit. Sa licence en poche, il décide de se consacrer entièrement au monde des lettres.

L’écrivain Jean Paulhan, qui sera très proche du poète Sabiron, a rédigé une petite note biographique qui peut se lire dans le tome 1 de l’Anthologie des Écrivains morts à la Guerre. Jean Paulhan le décrit de la manière suivante :

« Il est, depuis sa jeunesse, orphelin. C’est un jeune homme grave et réfléchi qui vit la plupart du temps assez seul. Il a bien quelques amis, mais il ne connaît pas beaucoup d’écrivains. Georges Sabiron vit dans le quartier de Montmartre, mais il va régulièrement prendre ses repas chez sa sœur qui demeure au numéro 7 de la rue de l’Ancienne-Comédie. 

Paris_

Georges Sabiron aime sans réserve Victor Hugo. Il découvre plus tardivement la poésie d’Arthur Rimbaud qu’il apprécie tout particulièrement. Il écrit difficilement, la méthode l’occupe autant que l’œuvre. Il a parfois des explosions de joie, et je pense, de génie. »

Peu avant le début du conflit avec l’Allemagne, Georges travaille sur un projet de roman. Tous les personnages de son livre devaient être des animaux. Ce livre ne verra jamais le jour.

Ce jeune poète a collaboré au « Mercure de France », à « La Vie »,  et aux « Soirées de Paris » d’André Billy et de Guillaume Apollinaire.

Un ouvrage, qui a pour titre « Fragments d’un dessein », et qui rassemble une poignée de ses poèmes, est publié en 1920 aux éditions Crès.

Au 149e R.I…

Portrait_Georges_Sabiron

Georges Sabiron vit avec un appareil qui lui maintient un de ses genoux en place. Malgré cela, il s’engage. Nous pouvons deviner les souffrances dues aux longues marches qui lui sont imposées tout au long du conflit, sans compter l’humidité et le froid qui sont régulièrement au rendez-vous. Durant les déplacements à pied du régiment, il doit rester la plupart du temps en arrière de ses camarades. Il est facilement distancé par ces derniers. C’est un soldat excellent au point de vue moral, détestable au point de vue physique, dit une note de son commandant !

Ses supérieurs font une demande pour qu’il soit envoyé à l’arrière. Mais il demeure avec sa compagnie, la 3e jusqu’au jour où ses camarades se font tuer ou capturer par l’ennemi, au combat d’Arcy-Sainte-Restitue. Georges Sabiron, lui, décède des suites de ses blessures le 29 mai 1918.

Son décès est officialisé le 13 février 1920 suite au jugement rendu par le tribunal de première instance du département de la Seine. L’acte de décès est enregistré le 9 avril 1920 à la mairie du 6e arrondissement de Paris. 

Sources : 

Anthologie_des__crivains_morts___la_guerre

Anthologie des écrivains morts à la guerre (1914-1918) Tome premier. Bibliothèque du hérisson, Edgar Malfère. Amiens 1924.

Le site des archives numérisées de Paris a permis de retrouver les différents actes d’état civil de la famille de Georges Sabiron.

 Le portrait de Georges Sabiron qui se trouve dans le montage provient du fonds Jean Paulhan, une collection conservée à l’I.M.E.C. de Caen. Ce portrait peint par Daniel Schoen et la photographie m’ont été envoyés par la petite-fille de Jean Paulhan.

Un grand merci à M. Bordes et à C. Paulhan.

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24 février 2014

La guerre des mulots, des taupes et des rats.

Georges_Sabiron__2_

Georges Sabiron rédige le poème qui suit quelque temps après son arrivée au 149e R.I.. Ce poème est adressé au lieutenant-colonel Gothié, l’officier qui commande le régiment. Le général Guillemot responsable de la 85e brigade a lu ce panégyrique et voici ce qu’il écrit :

Lettre_du_general_Guillemot

« La poésie du jeune soldat Sabiron est tout simplement admirable, je vous prie de vouloir bien transmettre mes chaleureuses félicitations à son auteur. Vous avez certainement pensé comme moi qu’il y aurait un grand intérêt à la vulgariser dans votre régiment en profitant de la période actuelle… Elle est de nature à maintenir très élevé le moral de votre troupe… Le soldat Sabiron est vraiment digne de ses ainés du 149e R.I.. Il me sera présenté à la première occasion, je tiens à lui exprimer moi-même les sentiments qui m’ont été inspirés par la lecture de son œuvre. »

Guillemot

                            

       

                                Salut des Bleus aux Anciens du 149e

                                                            12-13 juin 1915

                                                  Au lieutenant-colonel Gothié

                    Hommage respectueux d’un soldat du 1er Bataillon. Georges Sabiron

 

                                  Des hommes sont tombés, le Régiment demeure.

                                Nous sommes parmi vous tels que des arbres neufs

                              Dans les bois éternels qui naissent comme ils meurent.

                                     Salut à vous, anciens du cent-quarante-neuf.

 

                                    Salut. Nous apportons la tiédeur des familles,

                                    Et les derniers baisers des dernières amours,

                                   Et le sourire en pleurs des garçons et des filles

                                  Parmi vous qui luttez depuis trois cent vingt jours.

 

                                Salut. Nous sommes fiers d’entrer dans votre gloire

                              Nous connaissons vos cœurs. Nous savons vos vertus ;

                                 Quels furent vos travaux dans les batailles noires

                                 Quels aspects de la mort vous avez combattus,

 

                          Nous savons qu’au mois d’août, quand les clairons de guerre

                                Jetaient leurs premiers cris, marchant avec succès,

                                Vous franchissiez les cols et portiez nos frontières

                                  Vers le pays rhénan qui fut un champ français.

 

                                   Les forêts de sapins, Sainte-Marie-aux-Mines,

                                  Saint-Blaise où votre sort fut si noble et si beau,

                                  Tous les monts vosgiens ont vu les fières mines

                              Des vainqueurs avançant sur les morts sans tombeau.

 

                                      Mais enfin, refoulés par la vague du nombre,

                                        Vous êtes revenus jusqu’en nos horizons

                                     Où les forts d’Épinal eurent des abois sombres

                                  Comme des chiens dressés au seuil de la maison.

 

                                      L’Allemand s’arrêta sans forcer cette porte,

                                    Tandis qu’un rauque appel vous a fait accourir

                                 Vers la Marne où gisant, la France presque morte

                                     Se releva plus grande et pour ne plus mourir

 

                                 Nous savons que Souain a vu dans deux batailles

                                  Votre triomphe enfin contre un destin méchant

                                 Hélas ! Combien de vous couchés par la mitraille,

                            Combien de soldats bleus sont restés dans ces champs.

 

                                     Alors a commencé la guerre âpre et tenace

                                   Dans la terre qu’on fouille avec des pics ingrats

                                      Et que vous appelez en de drôles grimaces

                                  « La guerre des mulots, des taupes et des rats. »

 

                                    Alors a commencé votre ardeur calme et lente

                                Comme Octobre empourprait et dépouillait les bois

                                 Pied à pied, en luttant dans les sapes sanglantes

                                    Vous avez reconquis les coteaux de l’Artois.

 

                                  Mais celui qui tient en ses deux mains tragiques

                                    Et qui sait où risquer le sang de ses soldats

                                 Vous a jeté soudain dans les champs de Belgique

                                Pour un nouveau triomphe en  de nouveaux combats.

 

                                    Ypres vous admira dans ses plaines voisines

                                   Quand le flot allemand, heurtant sans émouvoir

                                  Sous un suprême assaut, le mur de vos poitrines,

                                 Se brisa comme la mer aux pieds des rochers noirs.

 

                               Vainqueurs, mais harassés, par les nuits de Décembre

                                   Ployant sous votre sac comme sous un fardeau

                                Dans la pluie et le vent qui raidissaient vos membres,

                                      Trébuchant sur la route aux pavés inégaux

 

                                       Vous êtes revenus vers la terre française,

                                      Et, puisant dans son sol la vigueur et la foi,

                                      Vous avez triomphé de la horde mauvaise

                                     Et vous avez marché sur le mont Saint-Éloi.

 

                                    Anciens, on nous a dit vos mornes aventures,

                                         Janvier et Février patiemment souffert

                               Et vos nuits sans sommeil, vos maigres nourritures,

                                    Les brûlures du froid dans le farouche hiver,

 

                                     La mitraille sautant comme la grêle tombe

                                  Les balles qu’accompagne un sifflement hideux

                              Le reploiement des corps dans les trous où la bombe

                                     Éclabousse de boue un groupe hasardeux,

 

                                   Et l’appel des blessés qui déchire et qui navre

                                      Les adieux d’un ami qui râle doucement

                                 L’angoisse et la bravoure et l’odeur des cadavres,

                                   La monotone horreur d’immobiles tourments.

 

                                     Si bien que la bataille est par vous saluée

                                  Lorsqu’en Mars furieux, terrible et plein de cris

                                      L’Allemand a tenté sous de vastes ruées

                                De vous gagner des champs que vous avez repris.

 

                                  Puis ce furent encore le guet morne et l’attente

                                   Tandis qu’avril frileux naissait autour de vous

                                    Et richement paraît de ses fleurs éclatantes

                                 La terre où les obus ont creusé de grands trous.

 

                                   Mai vînt, et vous grisa d’une ardeur printanière,

                                      Il vous a réveillés comme les arbrisseaux

                                   Les Allemands tapis au fond de leurs tanières

                                  Vous les avez chassés dans un joyeux assaut.

 

                                     Souvenez-vous de Notre-Dame de Lorette

                                     Faites sonner en vous la date du neuf mai

                                C’est sur ce jour qu’il faut que votre esprit s’arrête

                                 Pour d’autres souvenirs tenez vos cœurs fermés.

 

                                Rappelez-vous les jours luisant de claires flammes

                                    Où le sort inégal n’a pas trompé vos cœurs

                              Et pour l’effort prochain unissez-vous dans vos âmes

                                  La volonté de vaincre à l’orgueil des vainqueurs.

 

                                    Anciens, j’ai rappelé vos luttes enflammées

                                    J’ai chanté votre gloire au pur rayonnement

                                  Et j’ai dit en quels lieux le maître des armées

                                          A fixé le devoir de votre régiment.

 

                                 Hélas, bien peu de vous ont franchi ces étapes

                                       Et de tant de périls écartés avec soin,

                               Ont pu marcher toujours parmi la mort qui frappe

                                 Depuis le soleil d’Août jusqu’au soleil de Juin.

 

                              Les uns saignant soudain et mordus de blessures

                                      Au pays maternel ont connu le repos

                                Et plus tard frais des yeux et roses de figures

                           Sont rentrés dans vos rangs sous les plis du drapeau

 

                             Mais d’autres, soit tordus par de lentes souffrances,

                                Soit surpris sur un mot qu’ils n’achèvent pas,

                                Ont mélangé leur chair à la terre de France

                             Et des chefs sont tombés ainsi que leurs soldats.

 

                               Des hommes ont passé, le régiment demeure,

                                  Il s’épuise toujours mais toujours rajeuni,

                         Il faut que des vaillants remplacent ceux qui meurent

                                 Et reforment les rangs qui s’étaient désunis.

 

                             Il faut que jour et nuit, soit debout aux frontières

                                Avançant avec peine  en luttant pas à pas,

                                 Sans cesse ruinée et cependant entière

                                 La muraille de chair qui ne se brise pas

 

                    Soyez donc indulgents pour les bleus que nous sommes

                             Nous venons partager vos terribles travaux

                      Anciens, et recevez ces jeunes groupes d’hommes

                     Comme un malade accueille un sang riche et nouveau.

 

                              Nous venons avec vous défendre notre terre

                              Déjà nous partageons votre gloire avec vous

                            Mais si nous acquérons votre honneur militaire

                          Nous espérons  qu’aussi vous serez fiers de nous

 

                           Heureux si, dégageant la douce France humaine

                              Des talons ennemis qui l’oppressent encor

                             Nous pouvons refouler sur la terre germaine

                             Les épouvantements et les jeux de la mort.

 

                             Heureux si cet hiver, dispersés en nos villes,

                            Au creux de nos maisons chaudement abrités

                         Nous pouvons achever  tous nos travaux tranquilles

                              Dans un pays plus grand qu’il n’a jamais été.

 

                                           Signé Georges Sabiron

                           Jeune soldat de la 1ère compagnie du 149e R.I.

                                              12-13 juin 1915

Sources :

Le portrait de Georges Sabiron dans le médaillon du montage est extrait de la photo de groupe qui provient du fonds Jean Paulhan, une collection  conservée à l’I.M.E.C. de Caen. Cette photo m’a été envoyée par la petite-fille de Jean Paulhan.

Le poème écrit par Georges Sabiron provient de la collection personnelle de D. Gothié, le petit-fils du lieutenant-colonel Gothié.

Un grand merci à M. Bordes, à C. Paulhan et à D. Gothié.

Posté par amphitrite33 à 11:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]