02 septembre 2013

Gaston Brosse (1883-1916).

                  Sous_lieutenant_Gaston_Brosse

Gaston Brosse voit le jour le 18 septembre 1883 dans la petite commune ardennaise de Renwez. À sa naissance, son père est âgé de 32 ans, il est sous-brigadier des douanes.  Sa mère, Marie Joséphine Delmont, qui n’exerce pas de métier est âgée de 30 ans. 

Jeune soldat de la classe 1903 de la subdivision de Mézières, il signe un engagement avec l’armée en novembre 1904. Il doit alors rejoindre la caserne du 91e R.I. 

 Le 18 octobre 1905, il est nommé caporal, puis sergent le 13 juillet 1907. Il renouvelle son engagement  le 25 octobre 1906 pour une durée de 2 ans à compter du 1er octobre 1907. 

En février 1908, il épouse une jeune femme nommée Ida Amélie Michel qu’il conduit à l’église de la petite commune de Puilly et Charbeaux. 

Le 5 mai 1909, il signe de nouveau un contrat pour une période de trois ans à compter du 1er octobre 1909, puis un autre le 20 juillet 1912 pour 3 années supplémentaires à compter du 1er octobre 1912. 

Quelques semaines après le début du conflit contre l’Allemagne, Gaston Brosse est nommé adjudant, nous sommes le 1er septembre 1914. 

Neuf mois plus tard, l’adjudant Brosse est promu sous-lieutenant à titre temporaire pour la durée de la guerre par une décision ministérielle qui date du 27 juin 1915. 

Muté au 149e R.I. le 8 juillet 1915, cet officier doit se rendre sur le front d’Artois pour être immédiatement affecté à la 1ère compagnie du régiment. Le 11 septembre 1915, Gaston Brosse est évacué vers l’arrière pour raison de santé. Une fois remis sur pied, il retrouve son régiment le 16 octobre 1915. Cette fois-ci, il prend le commandement d’une section de la 3e compagnie du 149e R.I.. 

Le 8 mars 1916, le sous-lieutenant Brosse se retrouve avec les hommes de sa section, dans le bois des Hospices près de Verdun. Sa compagnie est prise sous le feu de l’artillerie allemande. Gaston Brosse est blessé par un éclat d’obus, il est évacué d’urgence vers l’ambulance 1/21. Ses blessures sont tellement graves qu’il décèdera au cours de son transport. 

Dans un premier temps, cet officier est inhumé dans le cimetière militaire des casernes Bevaux. Sa sépulture porte le numéro 14. Le lieu où il repose actuellement m’est inconnu. 

Son acte de décès a été transcrit le 17 décembre 1919, à la mairie d’Aubigny-les-Pothées. Le caporal Alexandre Doumène et le soldat Léon Charpentier confirment la mort de Gaston Brosse. 

Le sous-lieutenant Brosse a obtenu les citations suivantes : 

Citation à l’ordre du 2e C.A. n° 61  en date du 7 janvier 1915 :

« À demi asphyxié et empoisonné par un pétard tombé à ses pieds pendant qu’il postait sa section en avant, est resté avec ses hommes pour éviter un mouvement de recul, n’est revenu en arrière que sur l’ordre de son capitaine.  » 

Citation à l’ordre de la 43e D.I. n° 114 du 25 mars 1916 :

«  A fait preuve de belles qualités de courage et de sang-froid en maintenant sa section sous un violent bombardement le 8 mars 1916, a été mortellement blessé. » 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

La photo figurant sur le montage provient de la collection personnelle de T. de Chomereau. 

Un grand merci à M. Bordes, à T. de Chomereau, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes et la mairie d’Aubigny-les-Pothées.

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09 septembre 2013

9 mars 1916.

                  Village_de_Vaux_devant_Damloup

Les Allemands utilisent en permanence la même méthode de combat depuis plusieurs jours. Celle-ci consiste à déstabiliser une partie du front français pendant la journée avec des attaques répétées. Si celles-ci ne réussissent pas, ils profitent de la nuit et de la fatigue des troupes françaises qui sont en 1ère ligne pour enlever, avec des troupes fraîches, les points convoités. Cette méthode leur a déjà réussi, mais les hommes de la 13e et de la 120e D.I. vont, une fois de plus, résister devant les nouveaux assauts de l’ennemi. 

Situation au sud et au sud-est du fort de Douaumont

                  Carte_journ_e_du_9_mars_1916_

                                       Legende_carte_journee_du_9_mars_1916__1_       

 

Dans la nuit du 8 au 9 mars 1916, l’artillerie allemande poursuit son tir avec un bombardement ralenti, mais continu. Il n’y a aucune tentative d’action de l’infanterie. 

À 4 h 00, les 1ère et 4e compagnies du 149e R.I. qui sont sous l’autorité du commandant Magagnosc reçoivent l’ordre de se porter dans la direction du village de Vaux-devant-Damloup.  Elles profitent de la nuit et d’une accalmie temporaire de l’artillerie ennemie pour dévaler les pentes du ravin des Fontaines. Celles-ci atteignent leur objectif vers 6 h 30. Le bombardement retrouve toute sa violence au petit matin. 

                  Ravin_des_Fontaines_2

                                      Legende_dessin

Le commandant Magagnosc évoque la situation dans un rapport rédigé à l’attention du lieutenant-colonel Lecoanet, l’officier commandant le 21e R.I.. 

« J’ai trouvé quatre compagnies du 408e R.I. installées à peu près vers le centre du village, à une centaine de mètres des Allemands. Ces derniers paraissent solidement installés dans le milieu du village avec des mitrailleuses.

En outre, des fractions ennemies dont la force n’a pas pu être évaluée exactement, s’avancent à l’est de Vaux.

Des groupes ennemis assez nombreux ont été vus se dirigeant sur les pentes nord-est du fort de Vaux. Je me suis mis en relation avec le lieutenant-colonel Dervos du 409e R.I. qui est l’officier supérieur le plus élevé en grade dans Vaux.

Mes deux compagnies sont en première ligne concurremment avec des éléments du 408e R.I..

Il y aurait intérêt de déclencher d’urgence un tir d’artillerie sur la route à l’est du fort de Vaux, sur les pentes nord et nord-est du fort de Vaux. J’ai signalé la chose au lieutenant-colonel Dervos, mais il n’y a pas de liaison téléphonique.

Au moment où j’écris, notre artillerie tire à l’est du village, mais son tir est trop court, les obus tombent à environ 100 m de la première ligne.

La liaison n’a pas pu être encore établie avec la compagnie du 38e R.I. que le lieutenant-colonel Dervos me dit occuper à la hauteur du fort de Vaux. Les pentes nord de Vaux sont tenues par les éléments du 149e R.I. et du 38e .R.I.. » 

 L’infanterie allemande attaque de nouveau à partir de 12 h 00. Cette attaque est menée avec le même acharnement et la même violence que celle de la veille devant le bois de la Caillette. Sur la droite, l’effort ennemi vise surtout les abords immédiats du fort de Vaux. Ce secteur est défendu par les troupes encore disponibles de la 120e D.I.. 

Des éléments du 158e R.I. commencent à arriver pour relever les hommes du 409e R.I. qui sont toujours en première ligne. La veille, le 409e R.I. a dû faire face à une terrible attaque allemande. Ces pertes sont très importantes. 

Situation à l’ouest du fort de Douaumont

                                 Carte_Verdun_journee_du_9_mars_1916__2_

                                      Legende_carte_journee_du_9_mars_1916__2_

 

La 25e Brigade est attaquée en fin de matinée, en même temps que la 77e Brigade, après une préparation d’artillerie intense.

La 77e Brigade fait savoir à 15 h 20 qu’elle a conservé ses positions et mis, à sa droite, deux compagnies du 153e R.I. pour soutenir le 21e B.C.P..

Le 21e B.C.P. a été partiellement rejeté sur les tranchées de doublement situées entre le Calvaire et la corne est du bois Albain-Nawé. Sa situation est mal définie.

Le 20e B.C.P. a résisté et, bien qu’ayant subi, du fait du bombardement,de sérieuses pertes, il a reçu l’ordre d’employer ses soutiens pour reprendre contact avec le 21e B.C.P., et l’aider à se reporter en avant.

Le 17e R.I. est très fortement pris à partie par les minenwerfer du fort et par l’artillerie lourde. Violemment attaqué, il a dû engager ses dernières disponibilités pour repousser l’ennemi. Ce régiment, qui a subi des pertes importantes, est en liaison étroite avec le 109e R.I..

Le général commandant la 25e Brigade, de concert avec le colonel commandant la 77e Brigade, prépare la contre-attaque de son extrême gauche. Il ne peut, dans ce but, disposer que d’une partie du 3e bataillon du 149e R.I., qui constitue sa dernière réserve. 

Situation en fin de journée 

Pas de changement sur les positions de la 25e brigade. Le 2e bataillon du 149e R.I., qui est toujours à la disposition de la 26e Brigade, se trouve en deuxième ligne derrière le 109e R.I..

 Il n’y a pas de changement, non plus pour le 1er bataillon du 149e R.I. qui a engagé deux de ses compagnies. Celles-ci assurent toujours la liaison entre la droite du 21e R.I. et la gauche de la 120e D.I.. Les deux autres compagnies de ce bataillon sont en réserve vers le P.C. Deligny.

Le 3e B.C.P. n’a toujours pas pu franchir la crête à l’est de Souville, il reste disponible sur les pentes au sud du P.C. Deligny.

Le 10e B.C.P. est en réserve de division sur les pentes sud du fort de Souville. Dans la soirée, les 1ère et 2e compagnies de ce bataillon rejoignent le village de Fleury-devant-Douaumont. 

Pour mémoire…

En mars 1916, la 77e Brigade est constituée avec les 146e et 153e R.I., la 25e Brigade avec le 17e R.I. et les 20e et 21e B.C.P. et la 26e Brigade avec les 21e et 109e R.I.. 

Sources :

J.M.O. de la 120e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 419/2.

J.M.O. de la 13e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 292/3.

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. de la 25e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 503/3.

J.M.O. de la 26e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 503/6.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/11.

J.M.O. du 17e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 588 /2.

J.M.O. du 38e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 616/4.

J.M.O. du 109e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 680/3.

J.M.O. du 153e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 697/20.

J.M.O. du 201e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 711/4.

J.M.O. du 408e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 768/2.

J.M.O. du 409e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 768/11.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/3.

J.M.O. du 10e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 819/4.

J.M.O. du 20e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 823/2.

J.M.O. du 21e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 823/7. 

Les archives du Service Historique de la Défense ont été consultées. 

Le dessin provient d’une photographie d’une table d’orientation se trouvant dans le secteur du village de Vaux-devant-Damloup, réalisée en 2012. 

Le fond de carte, qui a servi de support à la réalisation des cartes donnant les différents emplacements approximatifs des régiments et bataillons des 13e et 120e D.I., provient du  J.M.O. du groupement D.E. de la place de Verdun. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 70/7. 

Les cartes dessinées du secteur de Verdun, qui peuvent se voir ici, ont été réalisées simplement à partir des indications données dans les différents J.M.O. cités dans les sources. La marge d’erreur indiquant les positions des régiments, des  bataillons et des compagnies risque d’être assez importante. Ces cartes ne sont donc là que pour se faire une idée approximative des lieux occupés par les régiments, bataillons et compagnies au cours de cette journée du 9 mars 1916.

Pour en savoir plus : 

Bois_FuminPour mieux connaitre le secteur du bois Fumin, il suffit de cliquer une fois sur l’image de gauche pour accéder directement sur le blog de Patrick.

« Les étapes de guerre d’une D.I. (13e Division). » du lieutenant-colonel Laure et commandant Jacottet. Éditions Berger-Levrault, 1928.

« Verdun » de Jacques Péricard. Éditions Librairie de France.1934.

« 1914-1918 les soldats de Thury dans la boue des tranchées, des Bourguignons dans la Première Guerre mondiale ». Volume 2 écrit par Gilles Vauclair et par Didier Callabre. Imprimer sur les presses numériques de Dicolorgroupe  à Ahuy en octobre 2004.

« Le 408e R.I. au fort de Vaux, février mars 1916 » de Romain Darchy. Carnet inédit déposé à la bibliothèque du Mémorial de Verdun. 

Un grand merci à M. Bordes, à S. Agosto,  à A. Carobbi, à A. Cesarini,  à T. de Chomereau, à F. Hensel, à A. Orrière, à M. Porcher, et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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16 septembre 2013

Edmond Didier (1885-1916).

                  Edmond_Didier

Edmond Didier est né dans la demeure familiale le 13 juin 1885 à Gruey-les-Surance, une petite commune vosgienne. Le jour de sa naissance, son père Théophile est âgé de 35 ans, et sa mère Léonie Viard de 34 ans. 

Jeune soldat de la classe 1905, il est incorporé le 7 octobre 1906 au 149e R.I. d’Épinal. Edmond est nommé caporal en avril 1907, puis sergent en décembre 1907. Une fois ses obligations militaires terminées, le sergent Didier qui est envoyé dans la disponibilité de l’armée à la fin du mois de septembre 1908 se retire dans la commune qui l’a vu naitre. 

Devenu employé de commerce, il épouse, le 19 mars 1912 Jeanne Combe, une Ardéchoise qu’il conduit à l’église, puis à la mairie de la petite ville d’Annonay. Rappelé à l’activité le 2 août 1914 pour cause de guerre, Edmond Didier quitte l’Ardèche pour retrouver la ville d’Épinal. Il revêt son uniforme de sergent, mais cette fois-ci, il est affecté à la 23e compagnie du 349e R.I.. Le 21 septembre 1914, ce sous-officier est blessé près de Domèvre-sur-Vézouze, un village qui se trouve en Meurthe-et-Moselle. 

Le 12 novembre 1914, le sergent Didier rentre de convalescence pour être affecté à une compagnie de dépôt. Le 17 mai 1915, il fait partie d’un groupe d’hommes constituant un renfort destiné au 149e R.I., qui se trouve durant cette période, sur le front d’Artois. Dès son arrivée, ce sous-officier est affecté à la 11e compagnie du régiment. 

Edmond Didier est nommé sous-lieutenant à titre temporaire le 30 juin 1915. Le 18 juillet 1915, il est affecté à la 6e compagnie puis à la 8e compagnie le 7 décembre 1915. 

Après avoir combattu durant plus de sept mois sur le front de l’Artois avec son régiment, il est envoyé dans le secteur de Verdun. À peine arrivé en première ligne, il est tué au cours d’un violent bombardement, à l’ouest du village de Vaux-devant-Damloup, le 9 mars 1916. Edmond Didier allait avoir 31 ans. Jean Louis Gallice et Émile Mathieu, deux soldats de sa compagnie, confirmeront son décès. 

Le sous-lieutenant Edmond Didier a obtenu les citations suivantes : 

Citation à l’ordre du régiment n° 96 du 24 juin 1915 :

« Le 18 juin 1915, a courageusement organisé et conduit une attaque de nuit, sur le fond de Buval, en avant d’une tête de Sape et à entraîné et maintenu ses hommes sous un bombardement intense. A dirigé avec beaucoup de zèle, l’organisation de la position conquise. » 

Citation à l’ordre de l’armée n° 83 du 3 avril 1916 :

« Le 9 mars 1916, au cours d’un violent bombardement, a donné le plus bel exemple de sang-froid et de mépris du danger, aux hommes de la section, a été mortellement blessé. » 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Edmond Didier provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue illustration. 

Un grand merci à M. Bordes, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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23 septembre 2013

10 mars 1916.

                 Village_Vaux_devant_Damloup_1

La situation reste critique dans le secteur du village de Vaux-devant-Damloup et du fort de Vaux. Les Allemands se préparent à lancer une nouvelle attaque sur les positions occupées par la 303e Brigade et par les éléments des unités qui lui sont rattachées. 

Depuis plusieurs jours, des groupements momentanés sont improvisés régulièrement un peu partout sur ce front de 3000 m pour faire face aux Allemands. Toutes ces fractions concentrées sur leur mission respective résistent vigoureusement.  Elles ont, jusqu’à maintenant,  réussi à stopper toutes les attaques ennemies. 

                 Carte_1_journee_du_10_mars_1916

                                     Legende_carte_1_journee_du_10_mars_1916

Dans le secteur de la 303e brigade

Les troupes de la 43e D.I. commencent à remplacer celles de la 120e D.I. Dans la nuit, le 1er  bataillon du 158e R.I. relève des éléments du 409e R.I.. Des groupements ennemis sont signalés par ce bataillon sur les pentes nord du fort de Vaux à 8 h 25. Les 1ère et 4e compagnies du 149e R.I. confirment cette situation. D’importants groupements ennemis progressent également dans la région de Dieppe-la Plume. Ceux-ci marchent dans la direction de Vaux-devant-Damloup et du fort de Vaux. L’artillerie française est sollicitée pour contrarier les projets allemands et les troupes sont informées de la situation.

 L’ensemble de ces renseignements tend à confirmer que l’ennemi se prépare à exécuter une attaque dans la journée dans le secteur du fort de Vaux. Le général Naulin, responsable de la 303e Brigade, fait immédiatement diriger deux compagnies du 3e B.C.P., pour étayer sa droite, un secteur où il ne dispose plus de réserve. Il faut absolument soutenir les hommes du 408e R.I. qui sont complètement exténués. La plupart des compagnies de ce régiment sont maintenant réduites à 60 ou 80 fusils. En faisant cela, le commandant de la 303e Brigade ne dispose plus que de 4 compagnies du 3e B.C.P. pour constituer sa réserve de brigade. Ces deux compagnies du 3e B.C.P. seront amenées à faire demi-tour. Les tirs de l’artillerie allemande sont tellement violents qu’il est impossible de passer.

 L’attaque ennemie débute en fin d’après-midi. Comme prévu, c’est le fort de Vaux qui est une nouvelle fois visé. Cette attaque est menée par 3 bataillons allemands. Ceux-ci se glissent par petits paquets aux pieds des pentes et se rassemblent dans un angle mort. Ils se retrouvent ainsi à l’abri des feux de l’infanterie et de l’artillerie françaises. Leur dispositif d’attaque comprend trois vagues d’assaut disposées en tirailleurs, qui sont appuyées par de nombreuses petites colonnes largement espacées. Dès le début de l’engagement, cette formation est prise sous le feu des mitrailleuses françaises. Elle subit de lourdes pertes lorsqu’elle gravit les pentes qui mènent au fort. Seuls, quelques éléments représentant l’équivalent de 3 ou 4 compagnies atteignent les réseaux de fil de fer français. L’attaque allemande se brise sur ce réseau, une défense accessoire qui est pourtant bien malmenée par l’artillerie allemande. Il assure toujours sa fonction de protection, interdisant le passage vers le fort. 

Aux environs de 18 h 00, deux compagnies du 3e B.C.P. reçoivent l’ordre de rejoindre le fort de Vaux. 

L’offensive enrayée, les Français doivent rester vigilants et empêcher l’ennemi de progresser sur ce terrain bouleversé qui se trouve autour du fort de Vaux. Les questions liées au ravitaillement et à l’évacuation des blessés deviennent une priorité absolue. 

Les 1ère et 4e compagnies du 149e R.I. sont toujours en place dans le village de Vaux-devant-Damloup. Le commandant de Chomereau de Saint André décrit le chaos qui règne dans le secteur : 

« … Les alertes sont perpétuelles, des tentatives sont faites pour se reprendre réciproquement des maisons. Les combats à la grenade sont fréquents. Nous en avons heureusement trouvé et rapporté des caisses abandonnées. L’évacuation nocturne des blessés se fait péniblement. Absence de nouvelles. Un sergent à cran parvient à atteindre le fort de Vaux pour s’assurer que les Allemands n’y sont pas. Les vivres de réserve, emportées pour plusieurs jours,s’épuisent. Les morts sont enterrés sur place. Il neige.

Le commandant Magagnosc est rappelé d’urgence par le colonel, il me passe le commandement des deux compagnies. » 

Le 31e B.C.P. rejoint le fort de Tavannes. Il doit relever le 408e R.I. dans la soirée 10 mars 1916. 

La relève du 408e R.I. se termine à 20 h 00. Trois compagnies du 158e R.I. occupent maintenant le village de Vaux-devant-Damloup, une autre compagnie de ce régiment prend position à la redoute de la batterie de Damloup. Deux compagnies du 31e B.C.P. se placent dans les tranchées qui se trouvent sur les pentes sud-est du fort de Vaux. Les autres compagnies du bataillon viennent s’installer en réserve sur les pentes sud du fort de Vaux et au fond du ravin de Damloup. 

Dans le secteur de la 26e brigade

 Il n’y a pas de changement dans le positionnement des troupes. Occupés à attaquer le secteur voisin, les Allemands sont peu actifs face à la 26e brigade. Cependant, l’artillerie allemande arrose copieusement de ses obus le village de Fleury-devant-Douaumont et ses environs. Le bombardement est d’une extrême violence. Quelques torpilles tombent sur les éléments du 17e R.I..

Le 75e R.I. commence à relever le 17e R.I. dans la nuit du 10 au 11 mars.

 Dans le secteur de la 25e brigade

Après une matinée relativement calme, le bombardement recommence avec violence sur la voie ferrée et sur les ravins du sud. La crête et les pentes du fort de Souville et de la batterie de l’Hôpital  sont arrosées d’obus de gros calibres et d’obus spéciaux. À 17 h 30, une première attaque allemande a lieu sur le bataillon de droite du 21e R.I qui est pris de front. Les feux de mousqueteries et de mitrailleuses suffisent à repousser l’assaillant. À 18 h 00, le 109e R.I. est attaqué à son tour, mais sans plus de succès. À 23 h 00, les Allemands lancent une nouvelle offensive devant le 21e R.I. qui ne donnera aucun résultat.

                            Carte_2_journee_du_10_mars_1916        

                                        Legende_carte_2_journee_du_10_mars_1916

 Situation en fin de journée

 Les positions françaises dans le secteur anciennement occupé par la 303e brigade restent les mêmes. La ligne de front doit cependant être consolidée avec d’importants travaux qui vont se poursuivre toute la nuit. L’attaque allemande de cette journée est un véritable échec. Les pertes ennemies sont considérables. Les relèves françaises se poursuivent.

 Il n’y a pas de changement pour le 1er bataillon du 149e R.I.. Les 1ère et 4e compagnies restent engagées dans le village de Vaux-devant-Damloup. Les 2e et 3e compagnies du bataillon sont en réserve au sud de la batterie de l’Hôpital.

 Le 2e bataillon du 149e R.I. n’est pas intervenu durant les attaques allemandes menées contre la 25e brigade. Il reçoit l’ordre de quitter ses emplacements de 2e ligne qu’il occupe depuis maintenant deux jours. Il doit être relevé par le  2e bataillon du 75e R.I.. Le commandant Schalk et ses hommes se préparent à rejoindre leurs nouvelles positions. Le général Martin de Bouillon demande au général Baucheron de Boissoudy de bien vouloir lui faire savoir où et quand il souhaite pouvoir disposer de ce bataillon.

 Il n’y a pas de changement pour le 3e bataillon du 149e R.I.. Mais nous avons vu ce qui pouvait se cacher en réalité derrière ces mots « absence de changement ». Les unités ne bougent pas, mais les hommes souffrent, la tension est permanente, proportionnelle à la pression mise par les Allemands dans ce secteur. Morts enterrés sur place, le froid, les problèmes aigus liés au ravitaillement, difficultés qui vont se poursuivre le lendemain.

 Sources : 

J.M.O. de la 13e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 292/3.

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. de la 25e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 503/3.

J.M.O. de la 26e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 503/6.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/11.

J.M.O. du 17e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 588 /2.

J.M.O. du 109e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 680/3.

J.M.O. du 158e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 700/13.

J.M.O. du 201e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 711/4.

J.M.O. du 408e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 768/1.

J.M.O. du 1er B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 815/2.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/3.

J.M.O. du 10e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 819/4.

J.M.O. du 20e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 823/2.

J.M.O. du 31e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 826/25. 

Historique du 75e R.I. pendant la guerre 1914-1918. Imprimerie Berger-Levrault. Nancy-Parie-Strazbourg. 

Témoignage inédit du général Gaston de Chomereau de Saint-André. 

Les archives du Service Historique de la Défense ont été consultées. 

Le fond de carte, qui a servi de support à la réalisation des cartes donnant les différents emplacements approximatifs des régiments et bataillons des 13e, 43e et 120e D.I., provient du  J.M.O. du groupement D.E. de la place de Verdun. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 70/7. 

Les cartes dessinées du secteur de Verdun, qui peuvent se voir ici, ont été réalisées simplement à partir des indications données dans les différents J.M.O. cités dans les sources. La marge d’erreur indiquant les positions des régiments, des  bataillons et des compagnies risque d’être assez importante. Ces cartes ne sont donc là que pour se faire une idée approximative des lieux occupés par les régiments, bataillons et compagnies au cours de cette journée du 10 mars 1916.

Pour en savoir plus : 

Bois_FuminPour mieux connaitre le secteur du bois Fumin, il suffit de cliquer une fois sur l’image de gauche pour accéder directement sur le blog de Patrick.

« Les étapes de guerre d’une D.I. (13e Division). » du lieutenant-colonel Laure et commandant Jacottet. Éditions Berger-Levrault, 1928. 

« Verdun » de Jacques Péricard. Éditions Librairie de France.1934. 

« 1914-1918 les soldats de Thury dans la boue des tranchées, des Bourguignons dans la Première Guerre mondiale ». Volume 2 écrit par Gilles Vauclair et par Didier Callabre. Imprimésur les presses numériques de Dicolorgroupe  à Ahuy en octobre 2004. 

« Le 408e R.I. au fort de Vaux, février mars 1916 » de Romain Darchy . Carnet inédit déposé à la bibliothèque du Mémorial de Verdun. 

Un grand merci à M. Bordes, à S. Agosto,  à A. Carobbi, à A. Cesarini,  à T. de Chomereau, à A. Orrière, à M. Porcher, et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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30 septembre 2013

Maurice Gaudin (1882-1916).

                   Maurice Gaudin 1

Maurice Gaudin est né le 20 février 1882 de l’union d’Auguste et de son épouse Julie Blary.

Il voit le jour au domicile de ses parents, situé au 6 rue de la Cerisaie, dans le 4e arrondissement de la ville de Paris. À sa naissance, son père est un employé de commerce qui est âgé de 46 ans, sa mère, qui n’exerce pas de profession, est âgée de 33 ans.

Soldat de la classe 1902, il est réformé temporairement, à la suite d’une décision prise par la commission spéciale de Paris datant du 12 novembre 1904. Maurice souffre de problèmes pulmonaires.

En juin 1905, il épouse Camille Marthe Dubois à la mairie de Neuilly-Plaisance. Durant cette période, Maurice Gaudin exerce la profession d’employé de commerce.

En septembre 1905, il est réformé numéro 2, toujours pour les mêmes raisons médicales. Cet homme ne mettra pas les pieds dans une caserne. Mais quelques mois après le début des hostilités avec l’Allemagne, Maurice Gaudin doit, comme tous les hommes exemptés ou réformés avant-guerre, une nouvelle fois, passer devant le conseil de révision de l’Oise.

Cette fois-ci, il est déclaré bon pour le service armé, nous sommes le 7 décembre 1914.

Il va devoir bientôt quitter son appartement du 12 rue François Millet qu’il occupe avec son épouse et sa fille Mathilde.

Maurice_et_Mathilde_Gaudin

Ce futur officier, qui est alors âgé de 33 ans et qui n’a pas pu bénéficier d’une formation militaire pour des raisons de santé, est envoyé au dépôt du 152e R.I. qui se trouve à Humes dans la Haute-Marne.

Maurice Gaudin débute ses apprentissages de soldat à partir du 24 février 1915.

Du_152e_R

Il est ensuite envoyé au centre d’instruction de Saint-Maixent comme élève aspirant. Cette école qui a fermé ses portes le 2 août 1914 a laissé la place à un hôpital temporaire. La guerre, qui, soit disant devait être courte, va s’inscrire dans la durée. Après les lourdes pertes du début du conflit, la nécessité d’assurer l’encadrement des sous-officiers instruits et des officiers subalternes se fait bientôt sentir. L’hôpital va rapidement quitter les lieux. Un centre d’instruction pour élèves aspirants (C.I.E.A.) est créé.

Le premier cours, qui débute le 1er avril 1915, accueille plus de 900 élèves. Il y a de fortes probabilités pour que Maurice Gaudin fasse partie de cette 1ère série du C.I.E.A..

Th_orie_du_mercredi_14_avril_1915

Sa formation d’aspirant se termine en août 1915.

De retour au dépôt du 152e R.I., il apprend qu’il va devoir rejoindre le 149e R.I. à compter du 20 août 1915. À cette date, ce régiment occupe un secteur sur le front d’Artois. Le 13 octobre 1915, l’aspirant Gaudin est nommé sous-lieutenant de réserve à titre temporaire.

Le 8 mars 1916, le sous-lieutenant Gaudin est grièvement blessé par un éclat d’obus. Il se trouve, avec la 2e compagnie de son régiment, dans le secteur du bois des Hospices, près de Verdun. Évacué d’urgence vers l’arrière, Maurice Gaudin décède peu après à l’ambulance n° 2/21. L’officier d’administration de 3e classe, gestionnaire de l’ambulance, Eugène Bataille, qui remplit les fonctions d’officier de l’État civil et le médecin-major de 2e classe, Georges Carpanetti, signent son extrait d’acte de décès, le 10 mars 1916.

Le sous-lieutenant Gaudin a obtenu la citation suivante :

Citation à l’ordre de la 2e Armée n° 117 en date du 21 avril 1916.

« Officier d’une bravoure et d’un dévouement au dessus de tout éloge, s’est toujours fait remarquer dans les circonstances les plus critiques, par son sang-froid et son intelligente initiative ; a été blessé mortellement le 8 mars 1916, pendant un bombardement intense au moment où il assurait l’exécution des ordres de son chef de bataillon. »

Citation_Maurice_Gaudin

Maurice Gaudin est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume en 1919.

Legion_d_honneur_Maurice_Gaudin

Le corps de Maurice Gaudin a été transféré au cimetière d'Andeville dans l'Oise où se trouvait l'usine de son beau père.

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Les photographies et les documents proviennent tous de la collection personnelle de l’arrière-petite-fille du sous-lieutenant Maurice Gaudin.

Livre « Saint-Maixent-l'École » Imprimerie Garnier & Cie 1927

Un grand merci à M. Bordes, à A.C. Mazingue-Desailly, à A. Carobbi,  à M. Porcher,  à « Scolari » intervenant du forum pages 14-18, et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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