06 novembre 2012

Louis Chevillard (1893-1916).

                   Louis_Chevillard 

 Louis HenrI Chevillard est né le 8 novembre 1893 dans le 10e arrondissement de la capitale. Il est le fils d’HenrI et de Louise Payer.

Jeune célibataire, il vit au numéro 107 de la rue du temple qui se trouve dans le 3e arrondissement avant de partir faire son service militaire. 

Soldat de la classe 1913, il rejoint la caserne du 170e R.I. à Épinal. Louis Chevillard est toujours dans cette unité lorsqu’il est blessé en Artois à la fin du mois de septembre 1915. 

Louis est caporal dans la 6e compagnie lorsqu’il trouve la mort dans le bois de Soyécourt le 6 septembre 1916. Dans un premier temps, il est inhumé à proximité d’un chemin traversant ce bois. 

Les soldats Eugène Sagnès et Victor Boisson confirment le décès du caporal.   

 Lieu de sépulture actuel inconnu. 

Le caporal Chevillard a obtenu les citations suivantes : 

1ère citation : Henri Chevillard, du 170e R.I. :

« Toujours volontaire pour les missions périlleuses a, dans les journées des 23, 24 et 25 septembre 1915, fait preuve du plus bel entrain ; sous un violent bombardement, détaché comme homme de liaison, sut mener à bien toutes ses missions et fut grièvement blessé par un éclat d’obus. » 

2e citation : Henri Chevillard, du 149e R.I. :

« Très bon et très brave soldat, belle attitude au feu, a toujours été un exemple de courage pour ses camarades, trois blessures. » 

Références bibliographiques :

« Livre d’or de la compagnie mécanique du bureau de Paris et du Bourget ». Imprimerie L. Hardy, 40 rue du chemin vert.

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13 novembre 2012

Louis Demengeon (1881-1916).

                   Louis_Demengeon

Né à Dompierre le 24 décembre 1881, Louis Joseph Demengeon est le fils de Jean Joseph et de Marguerite Cuny. Ses parents étaient cultivateurs sur les terres vosgiennes de Dompierre. En 1911, Louis se marie avec Marie Claire Philippe au Tholy, une petite commune avoisinante à la sienne. 

À la mi-novembre 1902, il est incorporé comme simple soldat au 21e R.I.. Nommé caporal en septembre 1903 puis sergent en septembre 1904, ce jeune sous-officier quitte momentanément l’armée en septembre 1905. Il reprend du service en signant un nouvel engagement d’une durée de 5 ans en mars 1906. Le sergent Demengeon rejoint le 149e R.I. à Épinal. Ce premier contrat arrivant à échéance, il signe un nouveau contrat avec l’armée de 5 ans. Louis est nommé sergent-fourrier à la fin de l’année 1913. La guerre le retrouve comme sergent-major garde-magasin à la caserne Courcy. Il ne quittera le dépôt du 149e R.I. qu’au début du mois de mai 1915 pour rejoindre le régiment qui se trouve, à ce moment-là,  sur le front d’Artois. 

Nommé sous-lieutenant à titre temporaire, il se retrouve à la tête de la 2e compagnie du régiment en mai 1915. Le 16 juin 1915, il est blessé et évacué. Il ne retrouvera son régiment qu’en avril 1916, après les combats de Verdun, pour reprendre le commandement de son ancienne compagnie. Décédé à Soyécourt le 6 septembre 1916, le sous-lieutenant Louis Demengeon  est inhumé par l’ambulance 7/21 dans le cimetière militaire d’Harbonnières. Il repose actuellement dans le cimetière national de Lihons, sa sépulture porte le n° 3491. 

                                                  Sepulture_Louis_Demengeon

Une citation à l’ordre du régiment n° 76 en date du 6 juin 1915 :

« Le 29 mai 1915, à Notre-Dame-de-Lorette, à entraîné brillamment sa section à l’attaque, blessé légèrement a conservé son commandement. » 

Une citation à l’ordre de la 10e Armée n° 228 en date du 25 septembre 1916 :

«  Officier d’une grande valeur, a fait preuve des plus belles qualités morales et militaires et du plus parfait mépris de la mort, pendant les combats des 5 et 6 septembre 1916. Est tombé le 6 septembre frappé d’une balle à la tête en entraînant courageusement sa section à l’assaut de positions ennemies très solidement fortifiées. » 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Fichier des « Morts pour la France » sur le site Mémoire des Hommes.

La photo de la sépulture du sous-lieutenant Louis Joseph Demengeon a été réalisée par B. Étévé. 

Un grand merci à M. Bordes, à B. Étévé, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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19 novembre 2012

7 septembre 1916.

                      Carte_journee_du_7_septembre_1916

                                         Legende_carte_du_7_septembre_1916

Depuis la veille, la 85e brigade occupe la ligne suivante : ferme sans Nom Chiffre_1, moulin détruit Chiffre_2, 651g Chiffre_3, 616s Chiffre_4, 616t Chiffre_5 (en passant entre le bois Siegfried et le chemin bois Ritter-Déniécourt), tranchée Siegfried, tranchée en bordure du parc de Déniécourt, 616a Chiffre_6, 3809  Chiffre_7, boyau 3809-3510 jusqu’à 100 m à l’est du point 3510 Chiffre_8, 84a, 3613a Chiffre_9, 3614 Chiffre_10  et 3514 Chiffre_11 .

L’infanterie française  attaque à 16 h 00 sur la ligne allant de la ferme sans Nom à 90. La progression n’est possible qu’à l’est de la ferme sans Nom. Cette attaque est arrêtée au nord par des feux très nourris de mitrailleuses et des tirs de barrage ennemis. L’artillerie lourde française a envoyé quelques rafales sur le boyau du Valet. L’artillerie de campagne, quant à elle, effectue les barrages et les tirs habituels. L’artillerie allemande effectue des tirs violents sur le bois Siegfried et le boyau du Dauphin de 14 h 00 à 17 h 30. 

Quelques combats aériens se déroulent au-dessus des lignes.

Le moral des hommes est considéré comme bon par les officiers, mais la troupe est très fatiguée par les efforts fournis depuis plusieurs jours.

                                       La_ferme_sans_Nom__7_septembre_1916_

                                                      La ferme sans Nom le 7 septembre 1916.

Après l’attaque, les hommes doivent encore se consacrer à la consolidation et à l’organisation du terrain conquis. Il faut, à tout prix, en assurer le maintien. Le secteur de la ferme sans Nom s’organise. Un boyau est prolongé, il doit relier les premières lignes dans les quartiers du 149e R.I. et du 10e B.C.P.  Le boyau Dauphin est refait plusieurs fois dans la journée.

La 85e brigade doit également poursuivre l’organisation de ses lignes de défense (flanquements assurés par des mitrailleuses). Il faut aussi se soucier de la communication et de la liaison. En un mot, les hommes du 149e R.I. et les chasseurs des 3e et 10e B.C.P. doivent se tenir prêts à stopper toutes les éventuelles offensives de l’ennemi sur sa ligne de front et sur son flanc gauche.

Le P.C. de la brigade se trouve dans le bois Keman.

 À sa gauche, la 61e D.I. s’organise sur les positions conquises la journée précédente. À sa droite, la 86e brigade reprend ses attaques sur le boyau du Cerisier.

Cette journée a été très mouvementée. L’infanterie ennemie est restée très active dans le secteur. Durant la nuit, il y a eu de nombreux coups de feu isolés. Une forte reconnaissance allemande déclenche une attaque sur 3910 chiffre_12 à 23 h 00.

Le front de la 85e brigade va se stabiliser durant plusieurs jours autour du 2e objectif. Cela, jusqu’à ce que l’offensive reprenne une dizaine de jours plus tard. 

Sources bibliographiques :

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/3.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

                                                      Legende_photo_la_ferme_sans_Nom

                                               Légende de la photo de la ferme sans Nom.  

Un grand merci à M. Bordes, à B. Étévé, à A. Carobbi, à D. Gothié, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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27 novembre 2012

Un musicien-brancardier raconte...

                   Du_cote_d_Harbonni_res

Tous mes remerciements à D. Browarsky et à T. Cornet qui me permettent une nouvelle fois  de retranscrire sur ce blog le témoignage laissé par Louis Cretin.

Pour rappel, Louis Cretin était musicien-brancardier dans la C.H.R. du 149e R.I.. Voici la première partie de son écrit qui évoque son séjour dans le secteur picard. 

Le 11 août 1916, nous faisons les préparatifs de départ pour la Somme. Depuis notre relève de Verdun, la musique n’a pas connu de dangers. Nous avons passé de bons moments. Le 12 août, le régiment reposé et reformé au complet embarque à Coolus près de Châlons. Nous passons par Épernay, Meaux, les banlieues est et nord de Paris, Clermont, Beauvais et Saint-Omer. Le débarquement se fait le matin du 13 à Crèvecœur. Nous cantonnons au Saulchoy, où nous demeurons jusqu’au 20 août. Ce jour-là, de bon matin, des camions-automobiles nous amènent pour nous débarquer dans l’après-midi sur un terrain vague aux environs d’Harbonnières. La canonnade est violente et nous rappelle celle de Verdun. La seule différence, c’est que c’est nous qui attaquons. La supériorité en artillerie lourde est de notre côté. Le cantonnement se fait à Harbonnières du  20 au 24 août qui est journellement bombardé. Du 24 août au 3 septembre, nous allons à Guillaucourt, un village voisin où nous sommes marmités à tout instant par les obus et les avions. Notamment le 28 août, où des escadrilles allemandes déversent des bombes sur le patelin… Beaucoup de dégâts, mais heureusement, peu de victimes. Le bombardement par avion est plus démoralisant que par obus. Un tir d’artillerie peut-être étudié et l’on agit en conséquence. Pour les avions, les bombes tombent au hasard et il est très presque impossible de s’en préserver efficacement.

Les concerts que l’on fit dans ce pays avant de monter en ligne furent souvent interrompus par la faute des bombardements. Pourtant, nous étions bien à 8 ou 10 km des lignes. Un bataillon du régiment se trouve depuis 8 jours en réserve à Foucaucourt. Le 3 septembre, l’ordre arrive à tout le régiment de monter en ligne. Nous prenons les boyaux au ravin de la Baraquette, et toute la nuit, nous marchons. Nous nous égarons à plusieurs reprises. Cette relève devenait fatigante. Au matin, nous arrivons enfin en première ligne où nous installons le poste de secours dans une ancienne « cagna » allemande. Notre artillerie tire sans discontinuer, avec une telle violence, que cela paraît un roulement de tambour. Le 4, le tir atteint un degré d’intensité impossible à décrire. Nous sentons que l’attaque est proche. Elle se déclenche à 13 h 00. Nos vagues d’assaut enlèvent plusieurs lignes de tranchées. Le village de Soyécourt est pris et la troupe progresse au-delà. Les pertes sont faibles au départ. Néanmoins, nous avons beaucoup de travail, il y a au moins 4 km de boyaux que nous faisons pour évacuer nos blessés jusqu’à Foucaucourt. De plus, la boue est là. Le 5 septembre, nous relevons surtout des blessés allemands qui sont trouvés dans les ruines du village de Soyécourt. Ce village est rasé complètement. Le terrain est retourné comme après le passage de la charrue. L’artillerie allemande réagit vigoureusement après l’attaque. Nos blessés deviennent plus nombreux. Ce matin-là du 5, le régiment a appris une nouvelle presque invraisemblable. Notre colonel, son officier adjoint, son ordonnance et sa liaison sont faits prisonniers. Après avoir franchi nos premières lignes, ils étaient partis reconnaître le terrain nouvellement conquis.

Le 7 septembre, je vais à Framerville pour aider nos cuisiniers. Je recommence le même boulot qu’à Verdun. Seulement, nous y arrivons beaucoup plus facilement. Le gros ennui pour faire la cuisine était que nous étions obligés de chercher du bois sec. Comme il pleuvait souvent, nous visitions les décombres dans le pays. C’est ainsi qu’un jour, j’eus la chance de trouver une église démolie… Un confessionnal… Nous le rapportons et pendant plusieurs jours nous avons pu avoir de quoi faire la croûte. Il flambait rudement bien ce meuble liturgique, imprégné qu’il était du parfum et de l’essence de toutes les fautes avouées qu’il avait entendues… Nous étions marmités presque autant qu’en ligne. 

Référence bibliographique :

Témoignage de Louis Cretin.

Un grand merci à M. Bordes,  à D. Browarsky et à T. Cornet.

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