02 octobre 2012

5 septembre 1916.

                   Carte_journee_du_5_septembre_1916

                                       Legende_carte_du_5_septembre_1916                         

Malgré l’avancée spectaculaire sur une partie du secteur d’attaque, la progression doit continuer. Une seconde attaque va avoir lieu dans l’après-midi. La ligne de front de la brigade se stabilise autour du second objectif qui n’a pas été atteint partout. 

La nuit du 4 au 5 septembre reste relativement calme jusqu’à 1 heure du matin. À ce moment là, un violent bombardement allemand par 77, 105 et 150 se déclenche sur la lisière sud du bois de Soyécourt, sur la tranchée du Chariot et sur le calvaire.

L’ordre d’opération pour la journée du 5 septembre est donné.  À la suite de l’opération de la veille, la 85e brigade occupe en fin de journée le front général qui est délimité par la corne sud-ouest du bois de Soyécourt, la tranchée allant du boyau Kreuz à 3809 Chiffre_1 (sur la route Soyécourt-Estrées), ligne des batteries 3605 Chiffre_2-3504 Chiffre_3 -3403 Chiffre_4 (boyau du Dauphin), le chemin 3403 Chiffre_4-651 Chiffre_5, la maison au nord de 658.

À sa droite, la 86e  brigade a atteint le boyau du Prunier. À sa gauche, la 61e D.I. se relie vers 3414 avec le 10e B.C.P..

Pendant que la 86e brigade organise solidement le terrain conquis (2e objectif), la 85e brigade attaquera à l’heure H. Elle devra atteindre complètement la partie du 2e objectif qui lui a été assignée (3896 Chiffre_9-batterie 4200 Chiffre_8-616c Chiffre_7-90 Chiffre_11). Elle devra progresser le long de la lisière sud-ouest du parc de Deniécourt jusqu’à 90 Chiffre_11. Son attaque sera préparée par l’artillerie. 

                   Ruines_de_l_eglise_de_Soyecourt

Composition des troupes qui participent à l’attaque :

Les 1er et 3e bataillons du 149e R.I.

Le 3e B.C.P.

Le 10e B.C.P.

Deux sections de la compagnie de génie 21/2 

Réserve de  brigade :

Le 2e bataillon du 149e R.I.

Deux sections de la compagnie de génie 21/2                          

L’heure de l’attaque est fixée à 15 h 00. Le lieutenant-colonel Gothié qui était parti faire une reconnaissance à 7 h 30 dans le secteur avec son officier adjoint n’est toujours pas rentré à 12 h 00. Le commandant Schack qui commande jusqu’à ce moment là la réserve de brigade est obligé de prendre de manière provisoire la tête du régiment. Il donne les ordres d’attaque. Cette dernière est gênée par des feux de mitrailleuses et d’artillerie qui proviennent de 4403 Chiffre_10 (au nord du bois Vasset) et de ses environs. À la fin de la journée, elle aboutit à la situation suivante : Le 149e R.I. a pu progresser à droite de la ferme sans Nom dans l’ancien ouvrage 3801. Le 3e B.C.P., après avoir établi sa base de départ dans le boyau du Dauphin par une attaque préparatoire (V.B. et grenadiers) vers 14 h 00, a atteint, lors de l’attaque définitive, une ligne passant au sud du bois Siegfried à 150 m du chemin du bois Déniécourt. Le 10e B.C.P. a pris la tranchée Siegfried et la lisière sud-ouest du parc de Déniécourt jusqu’à 616t Chiffre_6, il se relie au 219e R.I. au point 3514. La réserve de la brigade réduite à 1 compagnie occupe le village de Soyécourt à l’est et au nord-est. 

Sources bibliographiques :

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/3.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Certaines informations proviennent d’un rapport du lieutenant-colonel Gothié provenant de la collection privée de la famille. 

Un grand merci à M. Bordes, à B. Étévé, à A. Carobbi, à D. Gothié, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

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09 octobre 2012

Jacob Vidal (1891-1916).

                   Jacob_Vidal    

Jacob Vidal  est né en Algérie le 9 mars 1891 à Aïn Témouchent qui se trouve à 72 km au sud-ouest d’Oran. Son père, débitant de tabac, se prénommait Eliaou et sa mère Rachel Beddok. Jeune soldat appelé de la classe 1911 de la subdivision de Marseille, Jacob est incorporé au 163e R.I. au mois d’octobre 1912. Poursuivant sa carrière militaire, la guerre le retrouve comme sergent dans ce même régiment. Après quelques semaines de combats, il est très rapidement nommé adjudant. Il rejoint le 170e R.I. en juin 1915, puis le 109e R.I. en avril 1916. Il est promu sous-lieutenant temporaire en avril 1916 et arrive au 21e R.I. dans la deuxième décade de mai 1916. Un mois plus tard, il intègre le 149e R.I. Peu de temps après, il trouve la mort le 5 septembre 1916, à la tête d’une section de la 9e compagnie, dans le secteur de Soyécourt dans la Somme. Il a été inhumé par les soins de l’ambulance 7/21 dans le cimetière militaire d’Harbonnières. Depuis février 1922, il repose dans le cimetière marseillais « Saint- Pierre ».

                                        Sepulture_Jacob_Vidal

Jacob Vidal a été blessé trois fois. La première blessure a été reçue en Alsace devant Mulhouse le 19 août 1914. La seconde dans le secteur de Flirey le 12 janvier 1915 et la dernière près de Souain le 4 octobre 1915. 

Décoré de la Médaille militaire et de la croix de guerre avec deux palmes. 

1ère citation à l’ordre de l’armée : (Parution au journal officiel en date du 25 novembre 1914.)

« S’est fait remarqué par son courage et son énergie, a été blessé. » 

2e citation à l’ordre de la 10e Armée du 25 septembre 1916 :

« Officier d’une bravoure et d’un sang-froid à toute épreuve. Le 6 septembre 1916 a entraîné brillamment sa section dans une progression en terrain découvert, sous un feu violent de mousqueterie ennemi. A été tué au cours de cette action. » 

Médaille militaire obtenue le 21 novembre 1914. 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Jacob Vidal provient de la collection personnelle de J. Huret.

La photo de la sépulture du sous-lieutenant Jacob Vidal a été réalisée par O. Gaget. 

Un grand merci à M. Bordes, à O. Gaget, à J. Huret, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.               

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16 octobre 2012

Le lieutenant-colonel Gothié témoigne.

                   Lieutenant_Colonel__Frederic_Gothie 

Un très chaleureux merci au petit-fils du lieutenant-colonel Fréderic Gothié, D. Gothié pour son autorisation de reproduire sur le blog du 149e R.I. ce témoignage inédit écrit par son grand-père.

Après la prise du village de Soyécourt, le 4 septembre 1916, le 149e R.I. est arrivé sur son 1er objectif. Il a même dépassé par sa droite le 2e objectif alors que les corps voisins n’ont atteint que le 1er. Le village de Vermandovillers et le parc de Deniécourt sont encore entre les mains des Allemands.

Le lieutenant-colonel Gothié décide de se rendre compte par lui-même de la situation, il raconte :

« Nous sommes le 5 septembre 1916, je suis inquiet sur la situation des 1er et 3e bataillons qui se trouvent en flèche et qui peuvent à tout moment se faire attaquer à la fois de front comme de flanc. Je fais venir à mon P.C. un agent de liaison du capitaine Houel, l’officier qui commande le 3e bataillon. Ce dernier doit me conduire en 1ère ligne pour que je puisse me rendre compte par moi-même de la situation. Il faut que je prenne les mesures nécessaires concernant l’organisation du terrain conquis et je dois également assurer la liaison avec les corps voisins.

À 6 h 30, je quitte mon P.C.. Je suis accompagné du sous-lieutenant Claudel, du cycliste Bauvillet et de l’agent de liaison du 3e bataillon. Nous suivons, dans un premier temps, le boyau amorcé au cours de la nuit par le génie à travers le village de Soyécourt. Nous atteignons le boyau de la Reine et nous dépassons la compagnie Coste du 158e R.I. qui forme l’aile extrême de la 86e brigade de ce côté. Je fais remarquer au capitaine Coste qu’il n’était pas à la limite Est de son secteur. Je lui fais savoir également qu’il existe entre lui et le 149e R.I. qui occupe le boyau Dauphin, un trou d’environ 500 m. Je l’engage à détacher un poste de liaison à l’embranchement de ce boyau et du boyau de la Reine.

À peine avons-nous dépassé cet embranchement et avancé de 200 m dans le boyau Dauphin que l’agent de liaison qui nous précède revient en courant pour nous annoncer l’arrivée des Allemands. Nous faisons demi-tour et nous essayons de rejoindre le 158e R.I.. Hélas, nous trouvons l’embranchement occupé par les Allemands. Nous sortons du boyau en escaladant le parados pour regagner le château de Soyécourt à travers champ. Nous faisons à peine 50 m qu’une fusillade très nourrie retentit derrière nous. En même temps, un barrage se déclenche en avant. Deux hommes sont tués à nos côtés, l’agent de liaison du 3e bataillon et un homme du 366e R.I.. Nous essayons alors de rejoindre rapidement la tranchée de la rue sud-ouest qui passe par le château de Soyécourt, mais je suis blessé par une balle qui me fracasse la mâchoire inférieure.

Le sous-lieutenant Claudel me prodigue aussitôt ses soins et me fait un pansement qui réussit à arrêter le sang qui coulait en abondance de ma blessure. Pendant ce temps, nous sommes dépassés par deux vagues ennemies sans être faits prisonniers. Nous nous réfugions dans une casemate abandonnée. Nous espérons voir se produire une contre-attaque française et pouvoir regagner nos lignes plus tard à la faveur de l’obscurité.

À 16 h 00, un violent tir de barrage français éclate autour de nous, mais la contre-attaque tant espérée ne se produit pas.

Dans l’intervalle, nous envoyons le cycliste Bauvillet qui doit essayer de rejoindre nos lignes et ramener du secours. Mais rien n’arrive.

La nuit venue, nous sortons de notre abri pour nous diriger vers le bois Trink que nous apercevons à 400 ou 500 m devant nous. Nous traversons sans encombre la 2e ligne. Mais arrivés à la première nous sommes entourés par une section allemande qui nous fait prisonniers.

À bout de forces et perdant toujours du sang de ma blessure, je suis amené péniblement à un P.C. allemand. Le capitaine Legler qui commande le 2e bataillon du 100e Grenadier me fait coucher jusqu’à l’arrivée des brancardiers qu’il a demandés.

   Reconstitution_du_trajet_du_lieutenant_colonel_Gothi_

   legende_trajet_du_lieutenant_colonel_Gothi_

Dans la nuit du 6 septembre la fièvre augmente, les brancardiers ne sont toujours pas là. Mon brave Claudel m’offre de me porter s’il le faut, jusqu’au poste de secours d’Ablaincourt. Nous partons avec un sous-officier saxon, à travers un chemin creux rempli de cadavres et battu par notre artillerie.

Après de nombreux arrêts, nous arrivons vers 8 h 30 au poste de secours d’Ablaincourt. De nombreux soldats allemands attendent, bien entendu, ils passent avant moi. Une heure plus tard, je suis étendu sur la table d’opération et pansé très sommairement, sans que la plaie énorme de la face ait été lavée. On me fait tout de même une piqure antitétanique.

À 10 h 00, je suis embarqué sur une voiture tirée par des chevaux. Je suis cahoté pendant 12 km à travers des chemins défoncés par les trous d’obus, jusqu’à l’hôpital d’évacuation de Douilly.

 Là, complètement exténué, je suis étendu sur de la paille souillée, au milieu de blessés allemands dans une écurie. Sur la déclaration de mon petit Claudel qui n’a pas voulu me quitter, on me transporte pourtant dans un estaminet de la localité où sont étendus sur des matelas à terre quelques officiers et sous-officiers allemands.

La population française nous manifeste au passage sa commisération et nous offre des friandises. Mais je ne peux plus ouvrir la bouche. Le trismus de la mâchoire est complet et l’enflure gagne ma gorge. On arrive cependant à me faire passer un peu de bouillon par l’ouverture des dents emportées. Le maire de Douilly m’offre un billet de 100 francs et me dit : « Vous me rendrez cela à la fin de la guerre, si vous en réchappez ! » 

Le 7 septembre, nous sommes évacués sur Ham. Là, on nous conduit à l’hôpital militaire dans un pavillon réservé aux officiers.

J’attends toute la journée sans aucun soin avec une seule soupe pour nourriture. Une auto vient nous chercher à 22 h 00 pour nous conduire cette fois à Saint-Quentin. Nous arrivons à minuit. Mon brave Claudel me quitte.

À l’hôpital, il n’y a plus de lit de disponible. On me fait mettre une paillasse à terre sur laquelle je m’étends jusqu’au lendemain. J’ai de la fièvre toute la nuit. 

Le 8 septembre, à 7 h 00, une infirmière allemande, sœur Clara, m’apporte le déjeuner. Elle a recours à un tube de caoutchouc pour m’introduire un peu de lait et d’ersatz de café. Enfin, vers 10 h 00, je suis étendu sur une table d’opération. Une infirmière me défait mon pansement et pour la première fois, ma blessure est lavée et sondée, mais pas de radiographie ! J’ai beaucoup de difficultés à m’alimenter. Sœur Clara essaye de me faire prendre un lait de poule au vin qui me rend un peu de force. 

Deux jours plus tard, j’embarque dans un train sanitaire et débarque 48 heures plus tard au fond de la Thuringe, à Ohrdruf. » 

Sources :

Témoignage inédit du lieutenant-colonel Gothié.

Le portrait du lieutenant-colonel Gothié provient de la collection privée de D. Gothié. 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi et à D. Gothié.

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23 octobre 2012

En captivité...

                    En_captivit_

De nouveau un très grand merci au petit-fils du lieutenant-colonel Fréderic Gothié, Daniel Gothié pour ce témoignage inédit de son grand-père. 

Le commandant du 149e R.I. vient d’être fait prisonnier par les Allemands, la captivité l’attend, voici la suite de son récit : 

« Dès mon arrivée à Ohrdruf, le médecin allemand me fait savoir qu’il ne veut pas soigner les Français. Son fils a été tué sur le front Ouest. Les soins me sont donnés par monsieur Deglin, un infirmier français qui, dans le civil, exerce la profession de contremaitre d’usine à Longwy. Il fait mes pansements sous la direction d’un jeune médecin auxiliaire français, étudiant en médecine n’ayant que 4 inscriptions. C’est cet infirmier qui entreprend de suturer le bas de ma joue, le haut étant encore en pleine suppuration.

 L’opération se fait, en cachette des Allemands, un dimanche matin. Elle se pratique avec des moyens très rudimentaires, du fil noir trempé dans de la teinture d’iode, une aiguille ordinaire désinfectée à l’eau bouillie sont utilisés.

Les lambeaux de joue qui s’étaient collés sous le menton sont détachés à l’aide d’un canif. Ils sont relevés à leur place primitive où quatre points de sutures sont ensuite pratiqués.

Le surlendemain, un appareil à air chaud est trouvé. Il est aussitôt mis en service pour hâter la cicatrisation.

Au bout d’un mois, ma santé se détériore, j’ai une violente crise de diabète et je suis obligé de prendre le lit. Une plaie à la jambe gauche, provoquée par un choc contre le fer de mon lit, se produit, faute d’antiseptiques elle s’envenime.

Je suis dans un triste état. Enfin, le 25 octobre, je reçois les premières nouvelles de ma famille et trois colis ! Je vais pouvoir m’alimenter plus rationnellement pour mon régime de diabétique. 

                    En_captivit____Ohrdruf

Une commission de médecins suisses passe, en me voyant dans cet état elle me désigne pour aller me faire soigner en Suisse. Malheureusement, l’espoir passé, il n’y aura pas de lendemain…                                                       

Au bout de 5 mois, le 4 février 1917, je change de camp. Les Allemands m’envoient à la citadelle de Mayence. Ici, mon régime est mieux observé, je vais même passer un examen pour ma mâchoire à l’hôpital.

Mayence ! Cet endroit est aussi pour moi un temps d’énergiques réclamations à l’autorité allemande du camp, particulièrement pour les brimades subies par les camarades. Mes camarades m’en ont su gré, en particulier un certain nombre de mes anciens élèves de Saint-Cyr qui se trouvaient là. Un capitaine allemand du nom de von Tecklenburg me manifeste beaucoup de hargne.

 La commission suisse qui m’a retrouvé me fait envoyer, sans délai cette fois, au centre d’examens qui se trouve à Constance.

Le capitaine von Tecklenburg, chargé de me fouiller, me demande ma parole d’honneur que je ne transporte pas de choses interdites. Je lui réponds qu’en tant que prisonnier de guerre je n’ai pas à faire cela. Mon attitude l’irrite, il me fait fouiller à fond. J’ai tout de même pu trouver le moyen de cacher 4 pièces d’or de 20 francs que m’avait confié un sergent français prisonnier et que je devais remettre à sa famille.

Le 6 mai, je suis enfermé une journée entière dans une chambre d’isolement appelée « le saloir ». Le lendemain matin, je suis amené à la gare pour être transféré au camp d’Heidelberg. Mais un rapport, sans doute écrit par le capitaine von Tecklenburg, me suit. Je suis désigné pour aller dans un camp de représailles ! J’ai de suite objecté mes soucis de diabète et je réussis enfin à être présenté à la commission médicale germano-suisse de départ. De suite, cette dernière me reconnait apte à être interné en Suisse.

Le 19 juin, je monte enfin dans le train de la Croix-Rouge, direction Schaffhouse, Zürich, Berne et Lausanne. De là, je réussis à envoyer un télégramme à ma famille. Les Suisses me soignent avec tout leur dévouement. Ils me trouvent si profondément atteint, qu’ils me désignent pour un rapatriement en France le 27 juillet 1917.

Je suis dirigé sur Glion au-dessus de Montreux. Quel changement ! J’en rends grâce à Dieu.

Je vais ensuite à l’hôpital du Val de Grâce à Paris où, de nouveau, je suis opéré pour ma mâchoire. Je retrouve une grande partie de ma santé durant ce congé de convalescence.

Me sentant enfin rétabli, je vais me présenter au maréchal Foch, mon ancien professeur à l’école de guerre. Je lui fais une demande pour  reprendre du service, à l’arrière bien sûr, puisque je n’ai pas le droit de revenir sur le front en tant que prisonnier libéré. Un jour, il me convoque pour me proposer le remplacement du général Weygand qui vient d’être nommé chef d’état-major sur le front. C’est ainsi que je deviens son chef de cabinet à Paris. Promu colonel, j’occupe cette fonction jusqu’à la fin de la guerre. » 

Sources :

Témoignage inédit du lieutenant-colonel Gothié.

La photographie du lieutenant-colonel Gothié et de son infirmier ainsi que celle du groupe qui a été prise au camp d’Ohrdruf proviennent de la collection privée de D. Gothié. 

Un grand merci à M. Bordes et à D. Gothié.

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30 octobre 2012

6 septembre 1916.

                   La_ferme_sans_Nom

        Légende de la photographie : le barrage de sacs à la ferme sans Nom. Soldats du 149e R.I., le 6 septembre 1916. 

Les hommes entament leur troisième journée consécutive de combat. La fatigue commence à se faire sentir. Une dernière attaque va être tentée à 16 h 00.  

La nuit reste relativement calme. Il y a quelques coups d’obus de gros calibres sur le boyau du Dauphin. Les grenadiers allemands lancent deux contre-attaques, la première sur 651h Chiffre_1, la seconde vers la ferme sans Nom.

À 6 h 00, le commandant Magagnosc prend le commandement du 149e R.I.. La 85e brigade reçoit l’ordre de se porter sur son 2e objectif. Une liaison se fait à droite avec la 86e brigade au boyau du Prunier et à gauche avec la 122e brigade (tranchée de soutien, tranchée du Merlan, 3614, 3715 et 3815).

Troupe d’attaque :

Le 149e R.I.

Le 3e B.C.P.

Le 10e B.C.P.

Deux sections de la compagnie de génie 21/2

Réserve de  brigade :

Une compagnie du 149e R.I.

1 bataillon du 17e R.I.

Deux sections de la compagnie de génie 21/2

                   Carte_journ_e_du_6_septembre_1916

                                       Legende_carte_du_6_septembre_1916        

En fin de journée, le 149e R.I. a pu progresser à l’est et au nord de la ferme sans nom. Le 3e B.C.P. a poussé ses 1ère vagues au-delà de la tranchée Siegfried, mais il a été arrêté par des feux de mitrailleuses partant de la tranchée 4200 Chiffre_2 -616c Chiffre_3et du bois Vasset. Le 10e B.C.P. n’a pas pu atteindre 90 Chiffre_4.

Cette attaque ne donnera aucun résultat. De plus, elle sera plus meurtrière que les précédentes.

Sources bibliographiques :

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/3.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Legende_carte_ferme_sans_NomLa légende de cette photographie soulève un problème. Le groupe d’hommes représenté ici appartient bien au 149e R.I., mais ce cliché nous montre des soldats qui semblent très tranquilles en prenant la « pose photo »  dans un secteur où les combats sont encore très virulents à la date du 6 septembre 1916.

 

Certaines informations proviennent d’un rapport du lieutenant-colonel Gothié provenant de la collection privée de la famille.

Un grand merci à M. Bordes, à B. Étévé, à A. Carobbi, à D. Gothié, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

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