03 septembre 2012

4 septembre 1916, il faut prendre le village de Soyécourt.

                   Photo_aerienne_Soyecourt

Voici une vue aérienne prise par l’aviation française dans le secteur de Soyécourt. Le pilote et son photographe ont survolé les ruines de ce village picard le 31 août 1916, c’est-à-dire quelques jours avant l’attaque du 4 septembre menée par les régiments et les bataillons de chasseurs à pied de la 43e D.I..

Cette photographie provient de la collection personnelle de Sébastien Robit. Je le remercie très chaleureusement de son autorisation pour la publier sur le blog du 149e R.I..

                   Secteur_du_149e_R

 Les deux rues principales du village sont distinctement visibles (couleur jaune) sur cette photographie.

Une de ces rues mène directement sur l’ancien château de Soyécourt dont les ruines ne figurent pas sur ce cliché. Quelques maisons, certes bien détériorées sont encore debout et semble défier les bombardements importants qui ont lieu dans le secteur depuis plusieurs jours. Cette zone nous montre le point de départ de l’offensive du 149e R.I.. 

Que se passe-t-il sur le terrain ? 

Les troupes d’attaque et de réserve sont définitivement en place le jour J à 4 h 00. Les dernières reconnaissances sont achevées depuis la veille au soir. Les chefs d’unités sont munis de croquis au 1/5000e donnant le figuratif du terrain de l’attaque avec les indications bien reconnues des points de direction. 

Les hommes sont sans sacs avec la toile de tente et la couverture roulée en sautoir autour du corps. Ils emportent deux jours de vivres de réserve, les outils portatifs sont accrochés aux ceintures. Les fusiliers emmènent 200 cartouches et 2 grenades. Les grenadiers partent avec 8 grenades. Les travailleurs et les pionniers se chargent de l’outil de parc, de 5 sacs à terre, d’un réseau brun.

Les fanions sont emportés. Ils doivent servir à jalonner les lignes les plus avancées qui seront atteintes. 

Le réglage des montres a été vérifié la veille et le jour J à plusieurs reprises et en tout cas 3 heures au moins avant l’heure du déclenchement de l’offensive. 

À l’heure H, l’attaque débute sur toute la ligne. Il n’y a pas de signal, pas de sonnerie, pas de fusées. Les vagues se succèdent sans interruption pour donner à l’attaque toute la soudaineté et toute la violence nécessaire.

Les différentes vagues formées préalablement en avant du parapet se portent à l’assaut.

La 2e vague est à environ 50 m derrière la 1ère. La 3e vague remplace immédiatement la 2e dans la 2e parallèle, puis marchant à 150 m derrière elle,  la 4e vague 150 m environ derrière la 3e vague. 

Au même moment, les compagnies de soutien doivent se porter dans la tranchée de départ. Elles sont sous les ordres des chefs de corps. Ces compagnies suivent immédiatement et au plus près les vagues d’assauts. Elles occupent et organisent le terrain conquis  tout en se tenant prêtes à exploiter tout fléchissement local de l’ennemi. 

La 1ère vague est sous la protection des tirs de barrage d’artillerie qui la précède à 200 m en avant. Lorsque les troupes d’attaque auront gagné le 1er objectif, elles devront pousser des reconnaissances sur le 2e objectif en vue de vérifier l’état des destructions. 

Les 1er et 3e bataillons du 149e R.I. sont chargés de prendre le village de Soyécourt ainsi que le terrain qui se trouve au sud-est de cette localité. Le lieutenant-colonel Gothié dispose de deux bataillons de son régiment pour mener l’attaque. À 14 h 00, les compagnies du régiment franchissent le parapet. Elles enlèvent les ¾  du village fortifié que les Allemands occupaient encore, ainsi que les crêtes qui s’étendent sur 2 km au sud-est de cette localité. Elles font plus de 200 prisonniers, plusieurs officiers sont capturés. Les bataillons s’emparent d’un nombre important de mitrailleuses.  Malheureusement, les corps voisins n’obtiennent pas les mêmes résultats. Le parc de Déniécourt au nord-est, le village de Vermandovillers au sud restent entre les mains de l’ennemi qui a puissamment fortifié ces deux localités. Les 3e et 10e B.C.P. qui se trouvent au nord-est n’ont pas pu dépasser la route Soyécourt-Déniécourt. Le 31e B.C.P. et le 158e R.I. n’ont pu atteindre leurs premiers objectifs. Livrés à leurs propres forces, les 2 bataillons d’attaque du 149e R.I. se retrouvent en flèche. Ils  doivent s’organiser sur le terrain conquis sous le feu croisé d’infanterie, d’artillerie et de mitrailleuses et  résister pendant toute la nuit suivante à de furieuses contre-attaques plusieurs fois renouvelées. 

En fin de journée la situation est la suivante : 

Pour les bataillons de chasseurs : 

Des éléments du 31e B.C.P. occupent le boyau du Valet et une section de mitrailleuses de ce B.C.P. se trouve vers le moulin détruit. 

Deux compagnies du 3e B.C.P. sont dans le boyau du Dauphin avec des mitrailleuses, une compagnie se trouve dans le Strassenweg – Soyécourt et deux autres autour de 616. 

La situation du 10e B.C.P. reste assez confuse, ses unités sont mélangées. Toutefois, le 10e B.C.P. occupe 606e, la tranchée des mitrailleuses et la tranchée 3510 – 3809.

 Pour le 149e R.I. :     

                   Positions_des_compagnies_du_149e_R     

                                       Legende_carte_du_3_septembre_1916

 La 9e compagnie et une section de mitrailleuses  de la 3e C.M. ont pris pied dans le 2e objectif, elles sont en avant de la ferme sans nom.

La 11e compagnie et une section de mitrailleuses de la 1ère C.M. s’établissent entre 3896 et 651.

Plus au nord, la 10e compagnie s’étend jusqu’au boyau du Dauphin. Elle est appuyée par deux sections de mitrailleuses de la 1ère C.M..

Les 1ère et 2e compagnies qui sont renforcées par 4 sections de mitrailleuses, s’étendent entre le boyau du Dauphin et le Château. La 3e compagnie se trouve entre 3403 et 651a.

En fin de soirée le 3e B.C.P. et le 149e R.I. doivent organiser solidement la position conquise. La compagnie de soutien organise une 2e ligne à 150, 200 m de la 1ère.

Le 10e B.C.P. reconstitue ses unités et construit une ligne de défense qui passe par 606e, le boyau Kreutz, par 3310, 846, 3809 pour se relier à la gauche du 3e B.C.P.. Une compagnie de soutien organise une tranchée de 606e à 3414. Une compagnie de la réserve de brigade organise la lisière est du bois de Soyécourt. 

Sources bibliographiques :

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/3.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Certaines informations proviennent d’un rapport du lieutenant-colonel Gothié provenant de la collection privée de la famille. 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à B. Étévé, à D. Gothié, V. le Calvez, à M. Porcher, à S. et D. Robit et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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11 septembre 2012

Camille Poirot (1889-1916).

                   Camille_Poirot

Camille Poirot vit le jour le 24 juin 1889 dans la maison de sa mère à Basse-sur-le-Rupt, une petite commune qui se trouve dans le département des Vosges. Il est le fil de Jean Poirot et de Marie Antoinette Aubert, son père exerce la profession de tisserand. Le 7 avril 1913, il épouse Marie Fay à Thaon-les-Vosges. 

Camille a travaillé à la blanchisserie et teinturerie de Thaon-les-Vosges pendant presque 6 années. 

Soldat de la classe 1909, il sert comme clairon à la 9e compagnie du 149e R.I. lorsqu’il trouve la mort le 4 septembre 1916.

Mortellement blessé par des éclats de grenade, il décède presque aussitôt du côté de la ferme sans Nom. Les soldats Émile Étienne et Romain Bouquot confirment son décès. 

Référence bibliographique :

« Livre d’or des membres du personnel de la blanchisserie et teinturerie de Thaon morts pour la France au cours de la guerre 1914-1918. »  Imprimerie Berger-Levrault, Nancy-Paris-Strasbourg.

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18 septembre 2012

Une image spectaculaire.

                  Image_1 

Le travail qui suit a été entièrement réalisé par Arnaud Carobbi. La photographie aérienne provient de la collection personnelle de Sébastien Robit. Je les remercie très chaleureusement tous les deux. 

Une image spectaculaire.

Dans le choix du mot « spectaculaire », il y a l'idée d'être devant une image « qui frappe la vue, l'imagination par son caractère remarquable, les émotions, les réflexions suscitées ». Cette définition du site du Trésor de a Langue Française Informatisé [1] est parfaitement adaptée à cette photographie aérienne. 

Les images prises au cours d'un assaut sont rares. Elles sont aussi souvent sujettes à caution : reconstitution ? Légendes truquées ? Légende contradictoire d'un ouvrage à un autre. Finalement, les clichés réellement pris au cours d'une attaque et authentifiés sont rarissimes.

Le cliché en question a été pris par un avion dans le secteur de Soyécourt dans la Somme, le 4 septembre 1916, jour d'attaque. On y voit des soldats français avancer dans des tranchées, des boyaux et le no man's land. Cliché rare, à la fois en raison de son mode de prise de vue et parce que daté et surtout avec la précision de l'heure. Cela permet d'en savoir beaucoup plus et de montrer à quel point le mot « spectaculaire » est adapté, sans pour autant être exceptionnel. On va pouvoir déterminer dans quel contexte cette vue oblique a été prise et répondre à la question : s'agit-il d'hommes du 149e R.I. ? 

Se repérer :

Les lieux visibles sur une photographie aérienne ne sont pas toujours faciles à identifier. Heureusement, des annotations étaient systématiques présentes et nous sont d'une grande aide :

                   Petit_texte

 « Tranchée des Gémeaux, Soyécourt » nous permet de trouver le secteur....

                   Image_2   

 … de nommer les tranchées visibles et de voir leur forme caractéristique ainsi que celle des boyaux de communications allemands...

                   Image_3

 … et de repérer l'espace sur une autre vue aérienne, ce qui facilitera la comparaison d'un même lieu à quelques jours d'intervalle. Tranchées des Gémeaux le 31 août 1916[2].

                    Image_4

 Un secteur dans les combats de la bataille de la Somme :

Le 4 septembre 1916, commence une nouvelle phase d'attaques françaises dans ce secteur qui est à l'extrême sud de la zone où se déroule la bataille de la Somme depuis le 1er juillet. Voici le secteur avant le 21 juillet 1916...

                   Image_5

 et la zone de la tranchée des Gémeaux.  

                    Image_A

Le 21 juillet, le front a progressé vers Soyécourt. La tranchée des Gémeaux avant cette attaque n'était qu'une ligne arrière. Elle se retrouve en première ligne et doublée. De ce fait, son nom devient alors cohérent : les Gémeaux Castor et Pollux de la mythologie grecque sont le symbole de gémellité (à noter qu'on trouve aussi une tranchée de Jupiter non loin au sud)[3].

Les régiments de la 43e D.I. relèvent la 51e D.I. le 19 août afin de lancer une nouvelle attaque le 4 septembre.

                     Image_7

 Chaque unité de la 43e D.I. (149e R.I., 3e et 10e B.C.P. pour la 85e Brigade ; 158e R.I., 1er et 31e B.C.P. pour la 86e Brigade) s'est vue attribuer un secteur et un couloir de progression avec les objectifs à atteindre. 

Ces couloirs de progression ont une importance capitale pour identifier l'unité dont les hommes ont pris le contrôle de la tranchée des Gémeaux.

Il ne s'agit pas du 149e R.I. mais du 31e B.C.P. À 14 h 00, les hommes sortent des tranchées françaises qui sont à la limite gauche de la photographie aérienne, mais invisibles. Le bombardement préparatoire commencé le 28 août a fait son effet : la comparaison du nombre de cratères visibles entre le cliché pris le 31 août et celui du 4 septembre est éloquent et permet de se faire une idée concrète de ce qu'était le résultat d'un tel tir. Plusieurs obus sont visiblement tombés sur les tranchées allemandes, donnant des éboulements significatifs. 

                   Image_8

Les tranchées sont conquises les unes après les autres, rapidement (le J.M.O. de la 43e D.I. indique que l'avancée a été au maximum de 1700 mètres en 35 minutes !). Les chasseurs s'enfoncent dans le dispositif allemand tout comme les hommes des unités voisines. À 15h04, le 149e RI signale que Soyécourt est pris, mais dès 14 h 14 le 31e B.C.P. avait atteint les dernières maisons de Soyécourt. La résistance ne se durcira que plus loin. 

Les hommes visibles ne sont pas ceux de la première vague, sortie à 14 h 00, dans la mesure où la photographie a été prise vers 16 h 00. Ces hommes sont dans la partie du front pris dans les premières minutes de l'attaque. S'agit-il de chasseurs du 31e B.C.P., de soldats du 149e R.I. voisin, de soldats du génie ? Il ne s'agit pas en tout cas des chasseurs du 1er B.C.P., réserve de division : la moitié ne prendra place dans les tranchées de départ que vers 18 h 30 et l'autre moitié restera à Herleville.

Le JMO de la 86e Brigade qui a en charge ce secteur indique :

« À 15 h 30, le colonel commandant la brigade donne à son bataillon de réserve de brigade l'ordre suivant... ». Ce bataillon de réserve appartient au 158e R.I. et doit se mettre en relation avec le commandant du 31e BCP. Il est donc fort probable que ces hommes soient une partie des renforts pour le 31e B.C.P., donc des hommes du 2e bataillon du 158e R.I..

Mais les choses ne sont pas si simples. On voit nettement deux groupes et l'un d'entre eux est clairement dans le secteur attribué au 149e RI, dans les 50 mètres longeant la rue ouest de Soyécourt mentionnés par le J.M.O. de la 85e brigade. Il pourrait très bien s'agir donc d'hommes du 158e R.I. en bas de l'image et d'hommes du 149e R.I. le long du village. Hélas, il n'y a pas de sources assez précises pour confirmer cette hypothèse pour les hommes du 149e R.I..

 Proposition d'interprétation de la photographie :

                   Image_9

 Du fait au ressenti :

En l'absence d'identification absolue de l'unité, reste l'identification (dans le sens d'immersion) que peut ressentir l'observateur d'aujourd'hui. Comme il a déjà été dit, il n'est pas courant de pouvoir observer ainsi des hommes un jour d'assaut, fussent-ils de la 3e vague ou de renfort. En observant, on met des images plus précises sur les récits d'assaut que l'on a pu lire sur le secteur, ou sur la période en général. Un village qui n'est pas rasé puisqu'on y voit encore des bâtiments, les haies, les chemins et routes. La guerre n'a pas tout pulvérisé comme certains villages de la Meuse. La préparation d'artillerie a tout de même détruit des bâtiments qui, quelques jours auparavant, avaient encore leurs toits et ne sont plus reconnaissables désormais que par les encadrements de portes et de fenêtres.

                    Image_10

 De même, le no man's land n'est pas qu'une série continue de cratères comme certains secteurs de Verdun. Certes, il est bouleversé, mais les tranchées ne sont pas totalement rasées. 

Ces hommes viennent des premières lignes françaises et se dirigent vers la zone des combats située à plus d'un kilomètre. On remarque qu'ils sont en général par groupes d'une quinzaine d'hommes environ. Hélas, ils ne représentent que quelques pixels et restent des formes fantomatiques difficiles à dénombrer.

                    Image_11

Les hommes sont groupés et suivent des parcours identiques, sans passer par le no man's land le plus souvent. C'est notable dans le groupe qui longe les maisons de Soyécourt en haut de la photographie.

                   Image_12

 Comment faut-il interpréter les quelques isolés visibles ? Les victimes des combats ? Et ces volutes de fumées marquent-elles l'emplacement d'obus qui viennent de tomber ? Si c'est le cas, ils sont arrivés à proximité des groupes d'hommes. Ou alors s'agit-il des fumées de feux allumés une heure plus tôt lors des combats ? 

Et après 16 h 00 ?

Il faut également imaginer qu'en regardant cet instantané, on voit des hommes avancer vers la zone où ils subiront les bombardements allemands et des contre-attaques violentes. Les pertes subies seront sensibles dans la nuit du 4 au 5 septembre 1916.

Et pour la tranchée des Gémeaux ? Si elle apparaît encore dans une carte du 1er décembre 1916, elle est en pointillés : elle n'est plus utilisée et se comble peu à peu.

                      Image_13

 Après guerre, le village fut reconstruit, les traces effacées pour rendre les terres à leur fonction première : l'agriculture.

Sur une photographie aérienne de 1947, on ne perçoit plus rien à part dans le bois Trink voisin. Mais ce dernier n'a pas survécu au remembrement et aux nécessités de mettre en culture plus de terres. Il a été rasé après les années 1960, ainsi que les traces qu'il conservait encore.

                    Image_14

                                             Source : Géoportail, mission id 2408-0041, 31 août 1947.

                         Image_15

                                                                 Source : Géoportail 2012.

 En réalité, il en reste encore les stigmates lorsque les conditions météorologiques sont favorables, et le souvenir, dans cette série d'articles sur ces combats. 

Sources :

- JMO de la 43e DI, 26N344/5.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_344_005/viewer.html

- JMO de la 85e Brigade, 26N520/12.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_520_012/viewer.html

- JMO de la 86e Brigade, 26N520/14.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_520_014/viewer.html

- JMO du 158e régiment d'infanterie, 26N700/13.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_700_013/viewer.html

- JMO du 1er BCP, 26N/815/2.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_815_002/viewer.html

- JMO du 31e BCP, 26N826/27.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_826_027/viewer.html

- JMO des 4e(très peu complet), 5e batteries du 62e RAC, 26N1017/22.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_1017_022/viewer.html 

Remerciements :

Alors qu'habituellement c'est lui qui remercie dans ses articles, à mon tour de le faire ! Un grand merci à Denis pour m'avoir laissé l’opportunité de travailler sur cette photographie. Merci à Sébastien Robit de lui avoir laissé la possibilité de publier des travaux à partir de clichés qu'il possède. (A. Carobbi)


[1]     http://atilf.atilf.fr/

[2]     Voir la remise dans son contexte de cette photographie sur le blog du 149e R..

[3]     http://fr.wikipedia.org/wiki/Castor_et_Pollux

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25 septembre 2012

Lieutenant-colonel Frédéric Gothié (1866-1940).

                   Lieutenant_colonel_Frederic_Gothie

Le lieutenant-colonel Frédéric Gothié est né le 22 janvier 1866, à Pisdorf (Bischtroff), un village situé près de Sarre-Union dans le Bas-Rhin. Son père, militaire de carrière,se prénomme Frédéric, sa mère Christine Bauer. Frédéric Gothié se marie avec Louise Guérin en 1897 à Nîmes. 

 Il est admis à l’école spéciale militaire en 1886 après avoir signé un engagement volontaire. Saint-Cyrien de la promotion de Châlons, le jeune sous-lieutenant Gothié arrive  au 105e R.I. de Rioms à la fin de sa formation. L’année suivante, il entre à l’école de gymnastique de Joinville puis à l’école de tir de Valbonnes. Après avoir réussi le concours d’entrée, il rejoint  l’école supérieure de guerre pour une durée de 2 ans (1894-1896).

Capitaine en 1898, commandant en 1910, Frédéric Gothié aura de nombreuses affectations entre le moment où il quitte l’école supérieure de guerre et le commencement de la guerre. À la déclaration du conflit, il commande le bataillon de Saint-Cyr. Il est rapidement affecté à l’état-major du IV e groupe de division de réserve. 

Obtenant ses galons de lieutenant-colonel le jour de Noël 1914, il prend le commandement du 149e R.I. quelques jours plus tard. 

A la tête du régiment durant toute l’année 1915, il est blessé une première fois au début du mois de janvier 1916, au cours d’une mission de reconnaissance en première ligne dans le secteur du bois en Hache en Artois. Il est, dans un premier temps,rapidement pansé au poste de secours. Il est évacué sur l’ambulance d’Houdain puis c’est le départ pour aller se faire soigner à l’hôpital auxiliaire n° 226 de Paris, puis dans un hôpital de Vichy. 

 Il reprend la tête du 149e R.I. en avril 1916. Le lieutenant-colonel  Gothié est de nouveau blessé quelques mois plus tard dans le secteur de Soyécourt. Nous sommes le 5 septembre 1916. Cette fois-ci, il est considéré comme disparu. Les Allemands le feront prisonnier. 

Dans un premier temps, il fait un séjour dans un hôpital ennemi de Saint-Quentin pour y subir les premiers soins. Huit jours après, c’est le retrait par train sanitaire sur le camp d’Ohrdruf-en-Thuringe. En juin 1917, il obtient l’autorisation de se présenter devant une commission médicale germano-suisse pour se faire évacuer vers la Suisse comme grand blessé. Après un bref passage de quelques semaines sur les terres helvétiques, il regagne la France  pour être soigné a l’hôpital du Val de Grâce à Paris. 

À la fin de cette même année, il occupe les fonctions de chef de cabinet du général Foch.

Il est nommé colonel au mois de décembre 1917. 

Il termine une longue carrière militaire de plus de 40 ans en 1927. 

Frédéric Gothié décède le 31 juillet 1940 à Bourg-la-Reine dans le département des Hauts-de-Seine. 

Décorations obtenues : 

Officier d’académie (arrêté du ministre de l’instruction publique du 7 novembre 1908).

Chevalier de la Légion d’honneur le 31 décembre 1912. 

Citation à l’ordre de la 43e D.I. en date du 16 mars 1915 :

« Chargé avec son régiment de l’occupation du secteur de Noulette du 24 janvier au 8 mars, a fait preuve d’une activité et d’un dévouement au-dessus de tout  éloge, pendant toute cette période. Constamment sous le feu, il a donné le plus bel exemple à ses subordonnés par son mépris du danger. Violemment attaqué le 3 mars, il n’a cédé qu’à la dernière extrémité pour s’établir sur un nouveau front d’où il a, par deux fois,vigoureusement contre-attaqué. » 

Citation à l’ordre du 21e C.A. en date du 13 avril 1915 :

« A déployé une activité inlassable pour l’organisation défensive du plateau de Notre-Dame-de-Lorette dans des conditions très difficiles. A pu mener à bien ces travaux dans une période de temps très limitée, grâce au dévouement qu’il a su obtenir des troupes sous ses ordres et en particulier des grenadiers du 149e. » 

Officier de la Légion d’honneur  le 24 janvier 1916 :

« Chef de corps d’une grande valeur qui, placé depuis plus d’un an à la tête de son régiment, se dépense sans compter. Donnant à tous le plus bel exemple d’énergie, de sang-froid et de ténacité, a su faire de son régiment une unité de guerre aussi ardente dans l’action que solide dans les tranchées. Joint à une exceptionnelle valeur morale les plus belles qualités de commandement. Blessé le 8 janvier 1916 par balle à la hanche gauche. La promotion ci-dessus comporte l’attribution de la croix de guerre avec palme. 

Cité à l’ordre de l’armée n° 14571 du 17 mars 1919 : 

« Monsieur Gothié, colonel anciennement commandant du 149e R.I.. Le 5 septembre 1916, pressentant une contre-attaque ennemie sur le terrain conquis les jours précédents par son régiment, n’a pas hésité à se porter en première ligne pour se rendre compte par lui-même de la situation, prendre les décisions nécessaires et s’assurer des liaisons avec les corps voisins. Pris dans un violent tir de barrage, s’est porté avec sa liaison à la lisière du village et s’y est installé pour enrayer la contre-attaque ennemie. Grièvement blessé au cours de la résistance, n’a pas pu échapper à l’ennemi, tandis qu’il s’efforçait de regagner les lignes par lui même. » 

Commandeur de la légion d’honneur le 16 juin 1920. (J.O. du 10 décembre 1920). 

Officier de l’ordre du sauveur de Grèce du 31 mars 1920. 

Référence bibliographique :

Dossier individuel consulté au Service Historique de Vincennes. Informations communiquées par la famille descendante du colonel Gothié.

Le colonel Gauthié possède un dossier sur le site de la base Léonore. Celui-ci peut se consulter en cliquant une fois sur l'image suivante : 

Site_base_Leonore

Le portrait du colonel Gothié provient de la collection personnelle de son petit-fils D. Gothié.

Un grand merci à M. Bordes, à D. Gothié, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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