03 janvier 2012

Alexandre de Parseval (1896-1918).

  Alexandre_de_Parseval

Fils de Paul et de Marie Virginie Escallier, Alexandre de Parseval est né le 29 janvier 1896 à  Senlis dans le département de l’Oise. Il fait une partie de ses études au collège Stanislas à Paris. Jeune homme de la classe 1917, il est reçu à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr dans la promotion 1914 de la Grande Revanche. Nommé aspirant en août 1915, puis sous-lieutenant à titre temporaire en octobre 1915, il gagne ses galons de lieutenant en avril 1917, puis devient capitaine à titre temporaire en mai 1918. 

Alexandre de Parseval arrive sur le front le 11 novembre 1915 pour être affecté à la 5e compagnie du 149e R.I.. 

Une première blessure reçue le 31 décembre 1915 le fait évacuer sur l’hôpital mixte de Lorient. Il y reste 4 mois. Après une convalescence et plusieurs mois de formations diverses, il rejoint de nouveau le 149e R.I. au début du mois de janvier de l’année 1917. Il prend le commandement de la compagnie de mitrailleuses du 1er bataillon du régiment.

Il est de nouveau blessé le 29 mai 1918 durant le combat de Cuiry-Housse dans l’Aisne. 

Ce jeune capitaine qui allait avoir 23 ans est le dernier des  officiers du 149e R.I. à être tué durant le conflit. Il est à la tête de la 3e compagnie du régiment lorsqu’il trouve la mort, le 26 octobre 1918, aux alentours de 10 h 00 durant l’attaque de la Hunding Stellung. Alexandre de Parseval décède près d’une carrière située à environ 400 m à l’ouest de Banogne, à la suite de sa blessure par balle. 

Son corps a été relevé et inhumé par les soins du G.B.D. de la 43e D.I. dans le cimetière militaire de la ferme du Tremblot. Sa sépulture portait le numéro 46.

Lieu de sépulture actuelle inconnu. 

Citations :

Cité à l’ordre de la 43e Division d’Infanterie n° 103 du 15 janvier 1916.

« Jeune officier, brave, énergique, plein d’allant, exemple de courage et d’abnégation pour ses hommes. Blessé le 31 décembre 1915 devant Angres en maintenant sa section sous un bombardement des plus violents. » 

Cité à l’ordre de la VIe Armée n° 27 en date du 30 novembre 1917.

« Jeune officier commandant la compagnie de mitrailleuses, d’une bravoure, d’un calme et d’un jugement remarquables. À l’attaque du 23 octobre 1917 est parti avec la première vague. Arrêté par un feu intense de mitrailleuses, a donné l’exemple de la plus belle bravoure, en commençant lui-même la progression, l’outil à la main pour la réduction de ses mitrailleuses. » 

Cité à l’ordre de la VIe Armée n° 604 en date du 15 juillet 1918.

« N’a pas hésité sous un feu violent de mitrailleuses à se porter en avant de la ligne pour reconnaitre des emplacements de mitrailleuses. A été blessé au cours de cette mission en faisant preuve de la plus grande bravoure. » 

Cité à l’ordre de la Ve Armée en date du 7 décembre 1918.

« Officier d’élite. Les 25 et 26 octobre 1918 a entrainé sa compagnie à l’assaut de positions puissamment défendues, exécutant une importante progression sous un feu de mitrailleuses et d’artillerie d’une violence inouïe. A été mortellement blessé, au moment où, parmi les éléments les plus avancés de sa compagnie, il observait le mouvement  de l’ennemi. » 

Chevalier de la Légion d’honneur. 

Références bibliographiques :

Dossier personnel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

« Livre d’or de la promotion de la Grande Revanche, Saint-Cyr 1914. »

Certaines informations concernant le capitaine Alexandre de Parseval ont été trouvées sur le site internet « Les Parseval et leurs alliances. Généalogie et souvenirs de famille ». 

http://www.parseval.fr/ 

La photographie qui se trouve sur le montage provient de la collection personnelle de Nathalie Bauer.

Des_gar_ons_d_avenirPour en savoir plus :

Dernier combat auquel a participé le capitaine Alexandre de Parseval : L’attaque de la Hunding Stellung. 

http://amphitrite33.canalblog.com/tag/Banogne%201918 

 Le capitaine de Parseval est évoqué dans le très beau roman de Nathalie Bauer « Des garçons d’avenir » aux éditions Philippe Rey.2011. 

 

Un très grand merci à N. Bauer, à M. Bordes, à A. Carobbi, à V. le Calvez, à M. Porcher, à E. Rodrigues, à la famille descendante du capitaine de Parseval et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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10 janvier 2012

Ferdinand Jacquetin (1881-1914).

                  Ferdinand_Jacquetin              

Ferdinand Auguste Jacquetin est né le 19 décembre 1881 à Ligny-en-Brionnais, petite commune se situant dans la Saône-et-Loire. Fils de Jean Marie et de Pierrette Pegon, il épouse Étiennette Félicie Alix. Ferdinand exerçait le métier de gareur (mécanicien chargé de réparer les métiers à tisser). 

De la classe 1901, il est mobilisé comme réserviste au début du mois août 1914. Le caporal Ferdinand Auguste sert dans  la 5e compagnie lorsqu'il est tué le 19 octobre 1914 dans le secteur du bois de Bouvigny en Artois. 

Ferdinand Jacquelin a obtenu la Médaille militaire et la croix de guerre avec étoile de bronze. (Journal officiel du 29 octobre 1920).

« Bon soldat, dévoué et courageux, mortellement frappé le 19 octobre 1914, au combat de Bouvigny, dans l’accomplissement de son devoir. »

Référence bibliographique :

« Livre d’or des héros de la guerre 1914-1918. Canton de Charlieu » Roanne. Souchier imprimeur. 1924. 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi et à J. Huret.

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18 janvier 2012

Premiers pas en Artois (4e partie).

                 Groupe_149e_R

À partir de cette date, le secteur devient plus calme pour le 149e R.I.. Seule la 5e compagnie sera engagée dans une attaque partielle avec le 3e B.C.P. le 19 octobre 1914. 

12 octobre 1914

Le 1er bataillon du 149e R.I.est relevé de ses emplacements de la veille par le 20e B.C.P. et reçoit l’ordre de rejoindre le reste du régiment dans le bois de Bouvigny. Vivement bombardé à son passage à Aix-Noulette, il est obligé de traverser la localité par petits groupes

Il arrive dans le bois de Bouvigny pour s’installer en réserve à la maison forestière. Le régiment est maintenant reconstitué. L’organisation défensive du plateau de Bouvigny est divisée en 3 secteurs. :Le 1er bataillon reste en réserve à la lisière est du bois de Bouvigny. Le 2e bataillon est réparti de la manière suivante : La  5e compagnie est dans les tranchées nord-est de Notre-Dame-de-Lorette, la 6e compagnie dans les tranchées est et sud-ouest de Notre-Dame-de-Lorette et les 7e et 8e compagnies sont en réserve à la lisière nord du bois de Bouvigny.

Le 3e bataillon a pour mission d’organiser et d’occuper le centre du plateau face à Ablain-Saint-Nazaire. 

13 octobre 1914

Une compagnie et ½ du 1er bataillon relève le 1er B.C.P. à la lisière sud-est du bois de Bouvigny, face à Ablain-Saint-Nazaire. Le reste du bataillon est en réserve sur les mêmes emplacements que la veille. La situation reste stationnaire pour les deux autres bataillons. Nuit sans incident. 

14 octobre 1914 

Le 1er bataillon du 149e R.I. et la 7e compagnie relèvent le 2e bataillon sur ses positions. Il est disposé de la manière suivante : la 3e compagnie est au nord de Notre-Dame-de-Lorette, la 4e compagnie sur les pentes sud de Notre-Dame-de-Lorette, la 2e compagnie en soutien d’artillerie, la 1ère compagnie en réserve et la 7e compagnie à la lisière est du bois de Bouvigny, cote 102. Ce bataillon est relié à droite par le 1er B.C.P. et à gauche avec un bataillon du 21e R.I. qui occupe le village de Noulette. Le 2e bataillon du 149e R.I. reprend ses bivouacs dans le bois de Bouvigny. Le 3e bataillon garde les mêmes emplacements que la veille. La nuit reste calme.

15 octobre 1914

Le lieutenant-colonel commandant le 149e R.I. doit quitter le secteur du régiment pour recevoir de nouvelles instructions de la part du général de division concernant la prochaine attaque sur Ablain-Saint-Nazaire. 

16 octobre 1914

Le 1er bataillon du régiment reste aux avant-postes de Notre-Dame-de-Lorette. Les 7e et 8e compagnies sont en réserve dans le bois de Bouvigny. Elles doivent appuyer l’attaque du 3e B.C.P.. La 6e compagnie occupe les tranchées à la lisière est du bois de Bouvigny. Elle est en liaison à sa gauche avec le 3e bataillon du 149e R.I., à sa droite avec le 1er B.C.P..

La 5e compagnie est en réserve à la maison forestière. Le 3e bataillon du 149e R.I. continue sa mission dans le 2e secteur du bois de Bouvigny.

Le général Dumézil rentre de Saint-Pol. L’E.M. de la brigade est transféré à Bouvigny (le château).

Le 149e R.I. renforce sa position. Le 158e R.I. est engagé en 1ère ligne à Vermelles. 

                  Chapelle_de_Notre_Dame_de_Lorette_d_tuite

17 et 18 octobre 1914

Situation inchangée.

Pour le dimanche 18 octobre 1914, voici une anecdote extrêmement dramatique qui rappelle que la guerre n'est vraiment pas belle, concernant le 149e R.I.. Elle a été trouvée dans le livre « la gloire divin mensonge» d'Albert Garnier soldat au 144e R.I.T.. Elle n'engage que l'auteur sur l'analyse de la situation.
« À 23 h 00, une note du commandant du régiment m'annonce que ma compagnie est mise dès cette nuit à la disposition du général Dumezil et ordre m'est donné de partir à 11 h 30 pour la Faisanderie sur le plateau de Lorette afin d'aider à améliorer des éléments de tranchées au-dessus du fond de Buval.
Décidément, je ne moisis pas à Bouvigny et on semble avoir à l'état-major du régiment de bien
bonnes dispositions pour moi !

Nous partons, chargés comme des mulets, et cette compagnie que je ne connais pas encore, que je commande depuis quelques heures à peine, grogne un peu. Je vais de section en section, j'explique aux hommes qu'il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur; ils le comprennent vite et tout s'arrange rapidement.

En montant la côte très dure qui nous mène à la faisanderie en passant par la forestière, nous rencontrons un tombereau conduit par un soldat du 149e R.I. accompagné d'un infirmier. Dans ce tombereau il y a quelques bottes de paille et sur cette paille, une fillette d'une douzaine d'années qui a été trouvée dans une tranchée que vient de prendre aux Allemands le 149e R.I.. Nous entendons les gémissements de cette malheureuse enfant. L'infirmier m'explique qu'elle est comme folle et qu'elle se trouve dans un état pitoyable ; les brutes allemandes qui l'ont entraînée dans la tranchée l'ont abîmée...
On me dit que nos camarades du 149e R.I. ont fait payer cher leur crime à ceux qu'ils ont pincés, mais

tous les coupables ont-ils été châtiés ?

Ma compagnie émue par ce récit qui circule vite à travers les rangs, continue son ascension vers le plateau de Lorette, cependant que le tombereau avec son pitoyable chargement descende en cahotant sur l'ambulance de Bouvigny...

Là-haut, le tac-tac des mitrailleuses nous avertit que nous allons nous trouver rapidement au milieu du guêpier... » 

19 octobre 1914

La 5e compagnie participe à une attaque partielle sur Ablain-Saint-Nazaire en collaboration avec le 3e B.C.P..
Pas de changement pour le reste du régiment. 

20 octobre 1914

Le 149e R.I. continue de défendre le secteur de la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette. 

21 octobre 1914

Situation analogue. Un bataillon du 144e R.I.T. est mis à la disposition pour la défense du P.A. de Bouvigny. 

22 octobre 1914

Le 158e R.I. est retiré de la 1ère ligne et se réorganise. La situation reste calme pour le 149e R.I.. La 2e ligne du secteur de Bouvigny doit être perfectionnée. 

23 octobre 1914

Pas de changement important ni de fait intéressant. 

24 octobre 1914

Situation inchangée. 

25 octobre 1914

Le bataillon du 144e R.I.T. est remplacé par un bataillon du 143e R.I.T. Il est destiné à la relève d’unités de la seconde ligne du 149e R.I., pour leur permettre de se reposer. Rien de particulier à signaler pour le 149e R.I.. Le 158e R.I. relève le 21e R.I. à Aix-Noulette. 

26 octobre 1914

Le 158e R.I. termine sa relève du 21e R.I.. La relève du 149e R.I. par le 143e R.I.T. a lieu à 8 h 00 en seconde ligne.

Ordre prévu pour le lendemain : regroupement de toute la brigade à partir de 6 h 30 dans le secteur route d’Aix-Noulette à Souchez exclue jusqu’au ravin au sud de la cote 102 (lisières du bois de Bouvigny). 

27 octobre 1914

Continuation des travaux dans les secteurs des 149e R.I. et 158e R.I. par les unités de 2e ligne des abris et les torchis et tranchées de communication par les unités de 1ère ligne. 

28 octobre 1914

Bombardement allemand de Noulette.

Construction par le 149e R.I. d’une tranchée au dessus d’Ablain-Saint-Nazaire. 

29 octobre 1914

Le 158e R.I. reçoit l’ordre de participer à l’attaque d’Angres de la 13e division. Avance de200 m en avant.

L’artillerie amie tire toute la nuit pour troubler les ravitaillements ennemis. 

30 octobre 1914

L’attaque sur Angres se poursuit sans le 158e  R.I.. L’ordre est donné de procéder à la relève du 149e  R.I. et du 158e R.I. par des unités de la 70e division de réserve et des territoriaux.

Le 149e R.I. doit laisser sur place son 1er bataillon entre la chapelle et la route. Le 158e R.I. doit laisser aussi son 3e  bataillon.

Concernant le 149e R.I. : les unités de 1ère ligne du 2e et du 3e bataillon qui occupaient la pente sud du plateau et la lisière est du bois face à Ablain-Saint-Nazaire, seront relevées par un bataillon du 360e  R.I.. Les unités de 2e ligne par 2 bataillons qui ne sont arrivés que le 31 octobre au matin. 

Sources :

« Journal des marches et opérations de la 85e brigade ». S.H.A.T.. Réf : 26 N 20/10.

« La gloire, divin mensonge ». Albert Garnier, aux éditions Valois – 1931. 

Les archives du Sercive Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Pour en savoir plus :

« Journal des marches et des opérations du 143e R.I.T.. ». S.H.D. Réf : 26 N 800/25.

 « Journal des marches et des opérations du 3e B.C.P. ». S.H.D. Réf : 26 N 816/1. 

Un grand merci à M. Yassai, à A. Carobbi, à M. Porcher, à l’association « collectif Artois 1914-1915 » et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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25 janvier 2012

Jean Baptiste Goudon (1894-1920).

                  Jean_Baptiste_Goudon

Jean Baptiste Goudon voit le jour le 16 mai 1894 dans le petit village de Chamalières qui se trouve en Haute-Loire. À sa naissance, son père Jean, qui est un homme âgé de 32 ans, travaille comme sabotier. Sa mère, Alphonsine Jousse, exerce la profession de ménagère. Elle a 30 ans lorsqu’elle met au monde son petit garçon. L’instituteur et le boulanger du village sont désignés comme témoins. Le lendemain de la naissance de Jean Baptiste, ils se rendent à la mairie pour venir apposer leurs signatures sur le registre d’état civil.

Plus tard, la famille Goudon quitte l’Auvergne pour venir s’installer dans le département du Rhône. Ils s’établissent dans la petite ville de Givors qui est située à une vingtaine de kilomètres au sud de Lyon.

Devenu adulte, Jean-Baptiste vient habiter Paris pour y exercer la profession d’électricien dans l’usine du Bourget de la compagnie électro-mécanique. Sa fiche signalétique et des services nous apprend qu’il demeure au 47 de la rue Hermel dans le XVIIIe arrondissement de la capitale.

Août 1914, le conflit contre l’Allemagne débute. Le jeune Goudon, de la classe 1914, doit se rendre à Épinal pour être incorporé au 149e R.I.. Jean Baptiste arrive au corps le 7 septembre 1914.

Le 28 juin 1915, il est nommé caporal puis sergent le 29 octobre de la même année.

En août 1917, le sergent Goudon de la 10e compagnie obtient une permission.  Il se rend à Givors pour venir épouser une jeune couturière du nom de Marie Jeanne Sapet. De cette union naîtra un garçon qu’ils prénommeront René Jean Antoine.

Comme le montre l’ensemble de ses citations, le sergent Goudon participe à bon nombre des combats dans lesquels son régiment se trouve engagé, l’Artois, Verdun, la Somme, le chemin des Dames, jusqu’au moment où il est blessé.

Le 23 mars 1918, Jean Baptiste Goudon est évacué vers l’arrière alors que sa compagnie se trouve au Violu, un secteur vosgien.

Au cours de cette journée, le beau temps est au rendez-vous. Il favorise les réglages des deux artilleries qui se montrent assez agressives. Le J.M.O. de la 43e D.I. indique qu’il y a un tué et un sergent blessé au 149e R.I.. Les deux hommes servent dans la 10e compagnie. Un éclat de torpille enlève la vie au caporal Victor Burnichon et le sergent Goudon est blessé. La fiche signalétique et des services de ce dernier fait état d’une ablation d’une phalange à moitié de l’index droit et d’une légère raideur des doigts trois et quatre qui sont expertisées par la commission de réforme grenobloise du 30 septembre 1918. Ces « séquelles de guerre » sont-elles dues à sa blessure du 23 mars ? Rien ne le dit.

Jean Baptiste Goudon est gravement malade, il est proposé pour la réforme n°1, avec gratification renouvelable de 2e catégorie pour bacillose pulmonaire ouverte, autrement dit pour tuberculose.

Ironie du sort… Ayant certainement échappé de très nombreuses fois à la mort durant le conflit, il est emporté par la maladie qui le ronge depuis longtemps. Le 14 avril 1920,  dix-sept mois après la signature de l’armistice, la tuberculose a  raison de lui. Jean Baptiste Goudon décède dans son domicile qui se trouve au n° 26 de la rue Émile Zola à Givors. Son nom n’est pas gravé sur le monument aux morts de cette commune.

Le sergent Jean Baptiste Goudon était un ami proche d’Albert Marquand. Il est évoqué plusieurs fois dans le livre de Francis Barbe. « Et le temps à nous est compté. »

Soldat aguerri, le sergent Goudon a été cité plusieurs fois : une fois à l’ordre du régiment, une fois à l’ordre de la division et trois fois à l’ordre de l’armée. Il a également été décoré de la Médaille militaire et de la croix de Saint-Georges (4e classe).

Citation à l’ordre du régiment :

Jean Baptiste Goudon, soldat de la 10e compagnie du 149e R.I. :

« Soldat d’une énergie et d’un courage remarquables. Le 16 juin 1915, à Notre-Dame-de-Lorette, a, par son exemple, entraîné ses camarades à l'attaque et a ramené dans les lignes le corps d'un de ses camarades tué. »

Citation à l’ordre de la division :

M. Jean Baptiste Pierre Goudon, sergent n° matricule 9382, 10e compagnie du 149e R.I. :

« Jeune sous-officier d’une bravoure magnifique. Toujours plein d’allant et d’entrain, sait obtenir de ses grenadiers le meilleur rendement. S’est montré particulièrement courageux et actif du 1er au 6 avril 1916 en défendant un petit poste très menacé. »

Citation à l’ordre de l’armée :

Sergent Jean Baptiste Goudon du 149e R.I. :

« Sous-officier grenadier d’une bravoure magnifique. Le 9 juillet 1916 a entraîné brillamment ses grenadiers à l’attaque d’un petit poste ennemi ; grâce à son habileté et à son audace, a ramené 8 prisonniers. »

Médaille militaire :

Jean Baptiste Goudon, matricule 9382, sergent au 149e R.I. :

« Sous-officier d’une rare bravoure, le 4 septembre 1916 est parti avec la première vague, à la tête de ses équipes de grenadiers, a progressé d’une façon brillante dans le village attaqué et a fait de nombreux prisonniers. A ensuite fortement contribué à la capture de 4 mitrailleuses ennemies qui arrêtaient nos troupes d’assaut et a fait prisonnier tout le personnel de ces pièces. Déjà 3 fois cité à l’ordre. »

La présente nomination comporte l’attribution de la croix de guerre avec palme.

Croix de Saint-Georges (4e classe).

Jean Baptiste Goudon, sergent au 149e d’infanterie, a reçu la croix de Saint-Georges (4e classe) au nom de S.M. l’empereur de Russie, pour sa belle conduite au feu.

Citation à l’ordre de l’armée :

M. Jean Baptiste Goudon, sergent au 149e R.I. :

« Sous-officier, d’une témérité au-dessus de tout éloge. A pris dans des circonstances très difficiles le commandement de sa section pour les conduire à l’assaut d’une position organisée. A fait des prisonniers. »

Sources :

Fiche signalétique et des services consultée sur le site des archives départementales du Rhône.

La photo de groupe a été envoyée par Francis Barbe, elle provient de la collection personnelle  de Renée Mioque.

« Et le temps à nous, est compté. » Lettres de guerre (1914-1919) d’Albert Marquand. Présenté par Francis Barbe, avec une postface du général André Bach. Éditions C’est-à-dire.2011.

Livre d’or de la compagnie mécanique du bureau de Paris et du Bourget. Imprimerie L. Hardy, 40 rue du chemin vert.

J.M.O. de la 43e D.I.. C.H.D. de Vincennes. Ref : 26 N 344/8.

Un grand merci à M. Bordes, à R. Mioque, à G. Rivière,  à S. Agosto, à F. Barbe, à V. Degorgue,  à la mairie de Givors et, pour la « partie russe » à « Poutine » du forum Pages 14-18. 

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