04 juin 2010

Capitaine Maurice Crépet (1878-1915).

                Capitaine_Cr_pet

 

Maurice Crépet est né le 3 mars 1878 à Gigny, commune de la Saône-et-Loire.Il est le fils de Julien et de Jeanne Danguy.

Il quitte le lycée Condorcet de Paris en 1897. Saint-Cyrien de la promotion « Bourbaki », il sort de l’école en 1899.

Promu au grade de capitaine le 23 juin 1913, il se retrouve à la tête de la 2e compagnie le 15 juillet 1913, au moment du départ pour les marches des Vosges.

Au début du conflit, il commande toujours la 2e compagnie. Il prend le commandement du 1er bataillon au début septembre 1914, pour le conserver jusqu’au début janvier 1915, où il retrouve sa compagnie. Tué à l’ennemi le 29 mai 1915 dans le secteur d’Aix-Noulette.

 

1ère citation à l’ordre de l’armée: (29 septembre 1914).  

« Le 19 septembre 1914 a conduit avec vigueur une attaque à la baïonnette ayant pour but de dégager le front sud d’un village, presque entièrement entouré par l’ennemi, l’a refoulé et lui a fait 80 prisonniers. »


 2e citation à l’ordre de l’armée: (22 juin 1915).

«  Le 29 mai 1915, a fait preuve d’un grand courage en entraînant sa compagnie dans une attaque au petit jour contre les tranchées allemandes ; tué au cours du combat. »

 Un grand merci à T. Cornet, M. Porcher et au Service Historique de l’Armée de Terre de Vincennes.

Référence bibliographique :

« Lycée Concorcet : Livre d’or de la Grande Guerre 1914-1918 ». Editions Cahors, imprimerie typographique A. Coueslant. 1919.

« Livre d'or des Saint-Cyriens morts aux champ d’honneur ». Editions Paris Imprimerie Nationale. 1922.

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11 juin 2010

Commandant Henri François (1876-1914).

                  Copie_de_Commandant_Fran_ois

 

Le commandant Henri  François est né le 15 janvier 1876 à Zutkerque, petite commune située dans le Pas-de-Calais. Il est le fils de Louis François et d’Alix Marie Delattre. Henri François se marie avec Marie Marguerite François en 1906 à Arras. Après avoir signé un engagement volontaire de 3 ans à Versailles, il est  admis à l’école spéciale militaire en 1895. Saint-Cyrien de la promotion de Tananarive (1895-1897). Il arrive en décembre 1911 au 149e R.I., nouvellement promu dans le grade de capitaine, pour prendre le commandement de la 6e compagnie. Il sera à la tête de cette compagnie jusqu’au 1er septembre 1914. Il est  nommé chef de bataillon à titre temporaire. Il prend ainsi le commandement du 2e bataillon de son régiment  à partir du 2 septembre 1914 et cela jusqu’au moment où il se fera tuer quelques jours plus tard dans le secteur de  Souain, le 24 septembre 1914.

 

Décorations
 

Chevalier de la Légion d’honneur par décret du 31 décembre 1913. 
 

1ère citation à l’ordre de l’armée (ordre du 29 septembre 1914) :

« Le 19 septembre à dirigé avec beaucoup d’énergie, le combat livré dans un village par deux bataillons du 149e R.I., de 5 à 17 heures et a réussi à dégager ce village presque complètement entouré ; a tenu tête toute la journée à un ennemi supérieur en nombre ; l’a refoulé et lui a fait 120 prisonniers. (Journal officiel du 9 octobre 1914).

 

2e citation à l’ordre de l’armée (ordre du 2 octobre 1914) :

«  Atteint d’un éclat d’obus, est mort à la tête du bataillon dont il avait pris le commandement pour la durée de la guerre et où il avait fait preuve des plus brillantes qualités d’entrain, de bravoure et d’intelligence. Avait en particulier, puissamment contribué à repousser de violentes attaques dirigées contre un village bombardé et incendié, à en chasser l’ennemi qui y avait pénétré et à maintenir dans la situation la plus critique, la possession de ce village. (Journal officiel du 24 octobre 1914).

 

Un grand merci à C. Leclair, à A. Carrobi, à J. Huret, à  M. Porcher et au Service Historique de la défense de Vincennes.

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17 juin 2010

Marche ou "crève" pauvre biffin !!!

                  Carte_wassy

 

Je renouvelle tous mes remerciements à  D. Browarsky pour son autorisation à retranscrire sur ce blog de larges passages du témoignage de Louis Cretin. Les cartes qui accompagnent ce texte ne donnent qu’une idée approximative du chemin parcouru par le 149e R.I. pendant cette période.

Du 6 au 12 septembre 1914.

Dommartin_LettreeEmbarqués à Darneuilles, nous passons à Mirecourt, Toul, Joinville et nous débarquons le 6 septembre au matin à Wassy. Nous cantonnons à Attencourt et à Pont-Varin. Toute la journée, ainsi que celle du 7 septembre, des convois de civils fuyant l’invasion passent sans arrêt se dirigeant vers le Sud. Cela fait pitié à voir. Le canon gronde dans le lointain et parait se rapprocher. Dans la journée, le régiment reçoit de nouveaux renforts. Dans le nombre, nous en avons qui sont âgés de 40 ans et plus. Dans l’après-midi, sous les coups de 15 h 00, nous mettons sac au dos et en route. Il fait une chaleur « sénégalienne »… Le soir, nous faisons une grand’ halte d’une heure à Montier-en-Der, puis nous repartons. Toute la nuit, nous marchons… Le commandant François du 2e bataillon menace de son révolver les hommes qui tombent de fatigue. Vers 3 h 00, nous n’en pouvions plus. Cela faisait 11 heures que nous marchions. Les traînards devenant de plus en plus nombreux, nous étions chargés de les grouper, puis de les faire avancer quand même. Enfin, l’ordre nous est donné de prendre quelques repos sur place. 50 kilomètres dans « les guibolles »  depuis hier ! Nous passons deux heures et demie dans une prairie et nous repartons. À 9 h 00, ordre est donné de consommer les vivres de réserve… C’est très facile, nous n’en avons plus depuis la retraite de Lorraine !!! Vers midi, de nouveau une grand’ halte d’une heure où on nous lit le fameux communiqué de Joffre. «  Se faire tuer sur place plutôt que de reculer. » On bouffe des kilomètres, c’est notre seule nourriture. Le soir, vers 18 h 00, nous bivouaquons près du village de Dampierre où nous passons la nuit. La canonnade est très violente. Elle devient de plus en plus proche. Le 9 septembre, de grand matin, le régiment prend contact avec les Allemands. Cette fois nous sentons qu’une grande bataille s’engage, à l’acharnement que mettent les Allemands à vouloir aller de l’avant. Les nôtres opposent une barrière infranchissable et ne cèdent pas un pouce de terrain. Au contraire, en fin de journée, nous avons légèrement avancé. L’après-midi, je suis désigné pour une corvée d’eau à Dampierre. La chaleur est très grande. Nous remplissons trois tonneaux et nous revenons à la recherche du régiment qui avait changé de place. Nous marchons à l’aventure jusqu’à 1 h 00. Enfin, nous le retrouvons dans l’après-midi. En cours de route, la chaleur avait disjoint les douves des tonneaux et l’eau s’était perdue, écoulée sur le sol, pendant le trajet. C’est à peine si chaque homme de la C.H.R. en reçut un quart. Chaque compagnie avait sa corvée personnelle. Heureusement, le temps se couvre et il se met à pleuvoir sur le matin du 10. Nous marchons… Nous marchons toujours et à chaque arrêt, nous installons notre toile de tente en forme de gouttière, pour recueillir la pluie dans nos bidons. On serre l’étoffe et on suce l’extrémité. C’est terrible la soif ! Cette journée, je vais de nouveau à la corvée d’eau. Cette fois, c’est à Saint-Ouen. C’est le même manège que la veille, mais nous en rapportons davantage. Chaque homme perçoit un demi-litre. Durant la corvée, j’ai pu boire à ma soif. Le train régimentaire nous délivre en outre du café et une ration de légumes… Mais impossible de s’arrêter Dommartin_Lettree_Sarrypour les cuire ! Le 11 septembre, la poursuite proprement dite commence. La marche devient plus rapide. Dans l’après-midi, la pluie tombe à nouveau. On refait le même truc pour obtenir de l’eau. Dans la nuit, nous faisons une grand’ halte. Nous mettons le feu à un énorme tas de fagots. Beaucoup s’étaient déséquipés pour sécher leur chemise à la flamme du brasier, en dansant aux alentours. Toujours rien à manger… Et quel contraste, cette nuit, nous dormons quelques heures enfouis dans des gerbes de blé. Le lendemain matin, la poursuite reprend et cette fois, c’est presque au pas de gymnastique que nous partons. Les officiers nous activaient sans cesse. Nous nous demandions pourquoi ! C’est que nous nous approchions de la grande ligne de Paris-Nancy  et de la Marne. Il fallait essayer d’arriver avant que les Allemands n’aient fait sauter les ponts. La ligne de chemin de fer est atteinte vers 8 h 00 à une dizaine de kilomètres à droite de Châlons. Et cela, toujours en accélérant, sans pause, sans rien… Même pas de tabac… Nous arrivons à la Marne. Heureusement, les Allemands n’ont pas trouvé le temps de couper les ponts. Nos éléments avancés et les éclaireurs du régiment firent prisonniers les Allemands qui étaient occupés  à préparer les fourneaux de mine. Le 149e R.I. passe la rivière et fait la grand' halte à Sarry.  (A suivre...)

 

  

Références bibliographiques :

Les morceaux de cartes utilisées proviennent de la carte  Michelin Champagne-Ardennes n° 241.

 

Un grand merci à M. Bordes, à D. Browarsky, à T. Cornet et à C. Fombaron.

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22 juin 2010

Une « Gorgone Sarrysienne ».

                  Sarry

De nouveau un grand merci à D. Browarsky. Voici la suite du témoignage de Louis Cretin intitulé « Marche ou crève pauvre biffin !!! »

 

Le 149e R.I. passe la rivière et fait la grand-halte à Sarry.  Ici se passe une scène comique que je vais essayer de raconter.

Nous venions de traverser la Marne, après une poursuite accélérée. À présent, tranquillisés pour le passage de nos convois, le pont sur la rivière étant intact, nos officiers venaient de donner l’ordre au régiment de souffler un coup. Nous en avions grand besoin. Les faisceaux étant formés, les poilus s’activaient à la confection d’un « jus ». Nous étions rangés de chaque côté de la grande rue de Sarry. Notre lieutenant-colonel, les chefs de bataillons et les officiers de compagnies faisaient « les cent pas », au centre, quand tout à coup, l’on entendit des cris perçants. Levant la tête, nous vîmes surgir du seuil d’une maison un allemand déséquipé et qui paraissait peu solide sur ces jambes. Il était suivi immédiatement d’une bonne femme échevelée, le chignon en bataille, le corsage à moitié dégrafé, armée d’un balai. Elle scandait chaque phrase qu’elle criait d’un coup énergique sur l’échine de l’homme. Apercevant nos officiers, l’allemand se dirige vers eux. Il est suivi de son « ange gardien ». Tous les poilus suivaient la scène, des quolibets fusaient. Un loustic cria « Vas-y la mère, ce n’est pas ton chéri. » Les coups redoublaient… « Ah le brigand », pan, « tiens voleur !, ça t’apprendra. » À chaque argument frappant, l’allemand faisait une génuflexion. Après un coup plus violent que les autres, le balai finit par casser en deux, l’envoyant rouler à quelques mètres du groupe formé par nos officiers. La femme était déchainée. Elle se précipita sur lui et à coups de pied, elle recommence le même manège qu’avec son balai. « Tiens, salaud !! À mon tour maintenant !! Tiens !, tiens !, et tiens ! Tout le monde riait aux larmes. L’allemand réussit à reprendre son aplomb et se remit debout. Jugeant que cela avait assez duré, notre lieutenant-colonel demande à la femme de s’expliquer. « Ben voilà, Monsieur le Général, quand j’ai vu venir les Français, j’ai visité ma maison et j’ai trouvé celui-là dans ma cave. Il avait bu tout mon pinard !... » À chaque geste du soldat allemand, le manche à balai redevint menaçant… « Ce n’est pas tout Monsieur l’Officier, ce salaud-là, oui, oui, parfaitement… Tu ne diras pas le contraire, je suppose… (Il est probable que l’allemand ne comprenait rien du tout à ses explications). Il s’est jeté sur moi et il a voulu m’embrasser ! Non, mais des fois, un allemand !!! C’est alors que je vous l’ai amené. Vous allez surement l’envoyer à Deibler pour qu’il le guillotine ce dégoûtant-là ! » Quatre hommes, baïonnette au canon, l’emmenèrent  à la mairie où d’autres se trouvaient rassemblés. Congédiant la femme le colonel lui dit : « C’est entendu Madame, nous ferons le nécessaire. » Inutile d’ajouter que pendant toute la scène, les poilus se tordaient de rire. Quelques instants plus tard, ayant pris notre « jus », on reprenait la poursuite.

 Sarry_CuperlyNous traversons le village de Lépine. Je suis détaché en équipe de brancardiers avec la compagnie d’Avant-garde. Le soir, à l’approche de la nuit, nous atteignons un village. Une reconnaissance va s’assurer qu’il n’est pas occupé par l’ennemi. Nos canons de 75 envoient quelques rafales d’obus pour activer la fuite des Allemands. Un orage éclate, nous sommes trempés jusqu’aux os quand nous prenons possession du village de la Cheppe. Les rues étaient transformées en torrents. C’est dans vingt centimètres d’eau que nous pataugeons. Seulement, cette nuit-là, c’est la première fois que nous cantonnons depuis notre départ de Wassy. Nous n’avons pas besoin d’être bercés pour nous endormir. Le 13 septembre, à 5 h 00, nous réussissons à découvrir quelques pommes de terre dans une cave, ainsi qu’un rucher ! Nous l’enfumons, et sans être piqués à plusieurs reprises, nous arrivons à prendre quelques rayons de miel. Avec les patates cuites en robe de chambre, nous dévorons ce repas original. À 7 h 00, nous quittons la Cheppe. Nous marchons sur Cuperly où nous faisons une grande halte. La C.H.R. achète un cochon à un civil demeuré dans ce pays et nous le partageons. Nous touchons chacun quelques grammes de ce festin.

 La résistance allemande se fait de plus en plus sérieuse. Nous avançons quand même. Le soir, à la tombée de la nuit, nous atteignons Suippes que les Allemands incendient avant de l’abandonner. Le régiment part en avant-garde d’armée, mais, à Souain, il est obligé de s’arrêter. Des troupes fraîches allemandes nous y attendaient. Je suppose que c’est celles rendues libres après la reddition de Maubeuge. La retraite allemande est terminée. Les combats vont reprendre…

 Un grand merci à D. Browarsky, à T. Cornet, à C. Fombaron et à J. Huret.

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30 juin 2010

Livre d'or des élèves et anciens élèves des écoles nationales d'arts et métiers.

Livre_d_or_arts_et_m_tiersDifférentes citations trouvées dans le livre d’or des élèves et anciens élèves des écoles nationales d’arts et métiers. Éditions imprimerie de la Montligeon. La chapelle-Montligeon (Orne). 1927.  

 

 École de Châlons-sur-Marne :

René Jannel : (Châlons-sur-Marne. 1896), de la Maison Maximin Jannel et ses fils (machines agricoles) à Martinvelle dans les Vosges. Sous-lieutenant au 149e R.I..

Citation à l’ordre de l’armée, comportant l’attribution de la croix de chevalier de la légion d’honneur et de la croix de guerre à titre posthume :

«Le 3 mars 1915, lors d’une attaque allemande sur les tranchées de 1ère ligne, devant Noulette (Pas-de-Calais) a été tué en entraînant sa section à la contre-attaque, devant un feu violent de mitrailleuses.» .

Marcel Vory : (Châlons-sur-Marne. 1910), ingénieur-électricien. Aspirant au 149e R.I., mort pour la France, le 29 mai 1915, à Notre-Dame-de-Lorette. (Pas-de-Calais).

Citation à l’ordre de l’armée :

«Le 29 mai 1915, à Notre-Dame-de-Lorette, a entraîné brillamment ses hommes à l’attaque des tranchées allemandes au cri de «En avant». Est tombé glorieusement à la tête de sa section.»

École d’Aix-en-Provence :

Eugène Bessière : (Aix 1901) ingénieur-architecte à Épinal (Vosges). Soldat au 149e R.I.. Mort pour la France, le 19 septembre 1914 à Souain (Marne).

École de Cluny :

Raymond Guiller : (Cluny 1903), sergent-fourrier au 149e R.I.. Mort pour la France, le 8 novembre 1916, à Harbonnières (Somme).

Citation à l’ordre de l’armée (15 novembre 1916) :

«A rendu de très grands services comme comptable, à la 2e compagnie de mitrailleuses depuis sa formation. Nommé chef de section, a rempli son rôle avec beaucoup d’entrain.A été tué le 8 novembre 1916, par un éclat d’obus, alors qu’il maintenait une pièce de sa section, dans une position importante, sous un violent bombardement.»

École de Lille :

Marius Voisin : (Lille 1911), caporal au 149e R.I.. Mort pour la France, le 13 septembre 1915, d’un éclat d’obus à la tête, aux environs de Nœux-les-Mines (Pas-de-Calais).

École de Paris :

Maurice Gérard : (Paris 1914), sergent au 149e R.I..Mort pour la France, le 4 septembre 1916, à Soyécourt (Somme). Citation à l’ordre de l’armée comportant l’attribution de la médaille militaire et de la croix de guerre à titre posthume :

«Très brave sous-officier, s’est bien conduit au feu. Tué par un obus, le 4 septembre 1916, au cours d’une corvée de ravitaillement, sous un bombardement violent.»

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