14 octobre 2009

Sergent Frédéric Biehler (1893-1917).

Sergent_BiehlerNé le 10 juillet 1893 à Saint-Laurent dans les Vosges (Commune rattachée à Epinal depuis 1964). Il est sergent à la 11e compagnie lorsqu’il croise le chemin de  la mort le 23 octobre 1917 sur les coups de 8 h 00 du côté du bois de Belle-Croix (Ce dernier se trouve sur la commune de Vaudesson  dans le département de l’Aisne). Après les combats il est inhumé par le groupe de brancardiers de la 43e D.I.,à Condé-sur-Aisne, dans une sépulture individuelle numérotée 171.

Il repose actuellement dans la Nécropole Nationale Française de Vauxbuin, avec 32 de ses camarades tués le même jour dans ce secteur.

 

 

Quelques souvenirs familiaux :



Il a obtenu sa Croix de guerre à la bataille de Notre-Dame-de-Lorette en 1915.

La première de ses citations a été attribuée dans le secteur du fort de Vaux en mars 1916, la seconde au Trou Bricot. La famille ne sait pas pour l’obtention de sa 3e citation.



Médaille Militaire (Trouvé sur un site de recherche généalogique). Frédéric Alexis Biehler  - matricule 7845

Sergent au 149e Régiment d'Infanterie.

«Sous-officier d'une bravoure et d'un sang-froid exemplaires .Le 4 septembre 1916, après avoir brillamment enlevé une section de grenadiers à l'assaut d'un village fortement occupé, s'est rendu maître de deux forts groupes ennemis qui offraient une résistance acharnée et a tué de sa main six Allemands. 

Violemment contre attaqué, a résisté seul et a maintenu la position en attendant bravement l'arrivée d'une section de renfort. 

Blessé au cours de l'action, a refusé de se laisser évacuer et a conservé le commandement de son groupe après un pansement sommaire. 

Déjà cité trois fois à l'ordre.» 

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Bielser_mod_le_2Anecdotes (source familiale) :

1°) Avant l'armée il pratiquait le tir à titre civil dans le club sportif « l’avant-garde » dans le village de Saint-Laurent avec d'excellents résultats au niveau régional en 1912 et 1913. 

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2°) Lors d'une permission obtenue pour Noël 1916, il a rapporté un fusil pris aux Allemands. Lorsqu’il est arrivé à la gare d'Epinal un chef de police militaire a voulu lui confisquer. Il a attrapé cet homme par le col de sa veste pour lui dire que s'il voulait obtenir un fusil comme celui-ci, il devrait faire comme lui en montant aux tranchées de premières lignes pour le prendre aux Allemands.

Dans les années 1950-1955, l'un de ses derniers frères s'en servait encore à la chasse pour tirer le gros gibier.      

 

                             

 

 

 
 Le dernier combat du sergent Biehler.

Le 149 e R.I  dans la Bataille de la Malmaison appuyé par le groupe Schneider A.S.8.

Peu de chose sur le régiment, mais ce qui  va suivre peut tout de même nous donner une idée de ce qu’a pu  vivre le sergent Biehler dans les derniers instants de sa vie…

 

Sépultures Vauxbuin

Une vue d’ensemble avec l’artillerie spéciale n°8…

Préparations.

Un groupement Schneider, composé des groupes 8, 11 et 12, et un groupement  Saint-Chamond, comprenant les groupes 31 et 33, sont désignés pour participer à cette attaque. Ces groupements étaient sous le commandement du lieutenant-colonel Wahl. Les groupes Schneider étaient composés de 12 chars de combat, répartis en 4 batteries de 3 chars. Les groupes Saint-Chamond comportaient 14 chars et étaient constitués à 4 batteries inégales de 3 ou de 4 chars.

L’artillerie spéciale n° 8 est affectée à la 43e division avec l’objectif d’atteindre la forêt de Belle-Croix. Le groupe A.S.8 est embarqué dans la journée du 17 octobre 1917 en gare de Champlieu et débarqué en pleine voie dans la gare improvisée de Moulin-Saint-Pierre. Il gagne ensuite ses positions de rassemblement à 200 m au nord-ouest de Vailly, en bordure de la route de Jouy.

Malgré toutes les précautions prises, le mauvais temps qui avait détrempé le terrain, les tirs de contre-préparation ennemis et le bouleversement des lignes allemandes par l’artillerie française qui tirait de façon intense depuis six jours et six nuits créèrent pour les chars un ensemble de circonstances difficiles.

 

 

                  AS__8___Identification_du_Groupe_2


Dans la nuit du 22 au 23, une pluvieuse nuit d’octobre, l’A.S. 8 se met en marche à 23 h 00 et suit la route de Vailly à la ferme Vaurains. Au nord de Jouy, le groupe se divise en deux colonnes. La colonne de droite (1re et 3e batteries) s’engage sur l’itinéraire ravin du Toty-ferme le Toty. Arrivée à hauteur de la Gabionnade située à 200 m au sud de la ferme le Toty, elle est prise sous un tir violent d’obus de gros calibres. Le char de tête tombe dans un entonnoir qui vient de se creuser devant lui ; peu après il est atteint par un obus et mis hors service. La route se détériore rapidement sous les coups de l’artillerie adverse ; le terrain avoisinant détrempé par les pluies est impraticable. Bientôt, aux obus explosifs, succèdent les obus toxiques ; le ravin s’emplit de gaz « moutarde » ; il faut mettre les masques ; en outre, aucune lumière ne peut-être allumée, car la colonne est en en vue et à 500 m de la tranchée allemande du Blocus. Les travaux de terrassement entrepris pour dépanner les appareils n’avancent que très lentement. Un char_num_ro_1seul char de la 1ère batterie se dégagera vers 10 h 00 ; en raison de l’heure tardive, il sera maintenu en réserve, à la carrière des Obus, par le commandant du groupe. A la 3e batterie le lieutenant Bussière se remettra en marche vers 6 h 30 et parviendra à rejoindre l’infanterie avant le début de la deuxième phase. Un autre char, celui de l’adjudant Florimond, dégagé plus tardivement, fera le tour de la carrière des Obus, suivra la trace des batteries de gauche et rejoindra son commandant de batterie au cours de la deuxième phase.La colonne de gauche (2e et 4e batteries) arrive sans encombre à sa position de départ (carrière des Obus) entre 2 h15 et 2 h 30.

Vers 4 h 00, le char du commandant de la 2e batterie est atteint par 2 obus qui tuent 4 hommes de l’équipage et mettent l’appareil hors service.

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Journée du 23 octobre 1917

Les chars dans le secteur de la 43e division.

Nous savons déjà que la 1ère batterie de l’A.S. 8 (batterie de droite) n’a pu atteindre à temps sa position de départ et qu’à la 3e batterie, le char du commandant de batterie, n’arrive à se dégager de l’embouteillage de la Gabionnade que vers 6 h 30, c’est-à-dire trop tard pour prendre part à la première phase. Il traverse lentement le terrain bouleversé que le 158e R.I. vient de conquérir. Il atteint vers 8 h 00 le point de stationnement qui lui a été assigné pour l’arrêt sur le deuxième objectif (sud-ouest de la cote 190,6). A ce moment, il est pris à partie, ainsi que les cuirassiers qui l’accompagnent, par une mitrailleuse en batterie près des carrières Montparnasse. En quelques coups de canons, tirés à bout de portée par-dessus l’infanterie, il l’a réduit en silence.

char_num_ro_2La 2e batterie (lieutenant Le Poetvin), dont le char de tête a reçu deux obus à la position de départ, se met en marche à 5 h 15, commandée à pied par son chef. L’appareil de queue, arrêté momentanément dans un trou d’obus à 300 m de la position de départ, reçoit successivement deux obus dans le chariot arrière et le réservoir droits. La batterie réduite à un appareil (le char Aubry) rejoint, vers 7 h 30, le bataillon de tête du 149e R.I. installé sur son objectif et s’arrête aux abords de la cote 195,1 pour y attendre l’heure H’. Au cours de ce stationnement, l’infanterie lui signale une mitrailleuse en action à la corne sud-est du bois de la Belle-Croix et des allées et venues dans la région du boyau de Dennewitz où semble se préparer une contre-attaque. Le char s’avance à 150 m des objectifs désignés et tire une trentaine d’obus. La mitrailleuse est détruite et les fantassins du 149e R.I. voient de nombreux allemands s’enfuir vers le bois de la Belle-Croix. Ces résultats obtenus, le char rejoint l’abri que lui offre la côte 195,1.

La 4e batterie, initialement réservée, quitte, conformément au plan d’engagement la carrière des Obus à 6 h 15. Elle atteint à 8 h 00, le point 29-39 qui lui a été désigné comme terme de son premier bond. A ce moment, elle reçoit, du commandant de groupe (capitaine de Blic), l’ordre de s’engager à H’ en prenant à son compte les missions des 2e et 3e batteries que l’on sait réduites chacune à un char.Ainsi, durant la première phase, les chars en raison de la rapidité de la progression de l’infanterie et des difficultés du terrain, n’ont pu rendre aucun service. Durant le stationnement sur le premier objectif, leur action a commencé à se faire sentir. Deux mitrailleuses ont été réduites au silence et une contre-attaque étouffée dans l’œuf. Ils sont maintenant dégagés de la zone chaotique ou ils étaient presque paralysés et nous allons voir leur rôle grandir.

A 9 h 15, six chars se mettent en mouvement sur le front de la 43e D.I. dont ils dépassent bientôt le premier échelon.

Le char Bussière, appuie la droite du 158e R.I.. Il progresse rapidement se tenant entre le barrage roulant et la première vague. Les réactions ennemies sont faibles jusqu’au moment où l’infanterie, arrivée à trois ou quatre cents mètres de la tranchée des Oubliettes, est plaquée au sol par des coups de feu nombreux partant de cette tranchée et des lisières de bois qui affleurent au rebord sud du plateau. Le char en quelques coups de canon, neutralise la partie ouest de la tranchée. Il se porte ensuite vers la batterie 39-60 qu’il trouve inoccupée. Il gagne la lisière sud du bois des Hoinets vers 40-63 et en commence le nettoyage en la longeant vers l’est. A ce moment, il est prévenu par l’officier de liaison de son groupe auprès du 158e R.I. que le groupement de chasseurs qui forme la droite de la division est démuni de chars. Il aperçoit, en outre, derrière lui, des groupes d’infanterie qui recommencent à progresser et la batterie de réserve qui arrive à la rescousse sur le front du 158e R.I.

En conséquence, il se rabat vers l’est en contournant le ravin des Bousseux. Il est rejoint, vers 10 h 45, par son camarade de combat le char Florimond, qui se place en surveillance, à sa droite vers 42-59. A 11 h 45, la batterie est libérée par l’infanterie et se met en marche pour rejoindre la carrière des Obus.

Revenons maintenant vers l’ouest où nous avons vu apparaître la 4e batterie venant relever le char Bussière d’une partie des multiples missions qu’il a si gaillardement assumées. Cette batterie a, depuis H’, tantôt suivi, tantôt précédé la gauche du 158e R.I. et la droite du 149e R.I.. Elle n’a rencontré que peu de résistance.

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Plus proche du 149e R.I. et du sergent Biehler.

Le Schneider de la batterie C de l’aspirant Aubry prend sa position de départ à la carrière des Obus. Il suivra l’itinéraire suivant : Lisière ouest des bois du coteau et du blocus, pour prendre la direction de la tranchée du blocus, de la tranchée lassitudes, de la tranchée Carlin. Il traverse le chemin des Dames et la tranchée du Hérisson, puis la route de Maubeuge, les boyaux Enock, et Erfurt, la tranchée Dennewitz, pour arriver à la lisière est du bois de Belle-Croix jusqu’aux pentes nord du plateau de Chavignon. Point 3963.

Un premier arrêt se fait à 7 h 25 sur une position de surveillance à 100 m à l’ouest de la cote 195.1. Un second arrêt à lieu à 9 h 40 sur le plateau de Chavignon, pour éviter de rentrer dans le tir de barrage français. Un troisième arrêt a lieu de 11 h à 11 h 30 sur les pentes nord du plateau de Chavignon où ce termine la mission de la batterie. Un dernier arrêt se fera sur le chemin du retour à 13 h 50, sur la route de Maubeuge pour dépanné le char qui avait déraillé.Pendant le combat, le 149e R.I. signale une mitrailleuse à la corne sud-est du bois de Belle-Croix à 8 h 30. Une contre-attaque allemande doit se préparer dans le secteur de la tranchée Dennewitz.Le char se porte en avant et tire une trentaine de coups de canon à 150 m en plein objectif.                                          

                vaudesson_Gamma_5

Pendant le stationnement qui fut atteint assez facilement à 7 h 25, le char tirant à 150 m au canon, détruit une mitrailleuse et arrête une contre-attaque qui tentait de déboucher de la lisière sud du bois de Belle-Croix, vers 7 h 50. Pendant une vingtaine de minutes, on apercevait distinctement les allemands fuyant les tirs du char. Pendant toute la marche sur le 2e objectif, le char a précédé les vagues d’attaques de 50 à 100 m environ. Attaquant une petite carrière en lisière de la forêt sur le plateau. Il fît une douzaine de prisonniers et prit une mitrailleuse qui est rapidement emportée dans le Schneider. Pendant le stationnement sur le 1er objectif, le char fut longtemps seul. A 8 h 10, il vit arriver derrière lui, 3 chars de la batterie D et un char de la batterie B. Ces chars suivirent d’abord à 150 m, puis le char de la batterie B, passera en tête sur le plateau. Les chars de la batterie D dépassèrent à leur tour, les vagues d’attaque. Tous les chars étaient au rebord nord du plateau à 11 h 00. L’ordre de repli fut donné à 11 h 30 après avoir constaté que l’infanterie dépassant le plateau, portait ses mitrailleuses dans la vallée.

Au retour le coincement des fils de fer arrachés par le char provoqua un déraillement sur la route de Maubeuge. Le Schneider fut dépanné en 40 minutes de travail par le personnel et les moyens du bord.

Sources :

« Batailles et combats des chars français, l’année d’apprentissage (1917). » Lieutenant-colonel breveté J. Perré. Aux Editions Charles Lavauzelle et cie 1937.

« Les chars d’assaut, leur création et leur rôle pendant la guerre 1915-1918 » Capitaine Dutil agrégé d’histoire. Aux éditions Berger-Levrault, éditeurs 1919.

Un grand merci à Jacques Baptiste, à Arnaud Carrobi et à « Tanker » du site "Pages 14-18", au Service Historique de Vincennes et à l’ E.C.P.A.D.      

Posté par amphitrite33 à 00:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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